Apprendre à lire entre les lignes d’un blogue politique

Il m’arrive souvent de jaser «blogues» et «politique». Quoi de plus facile maintenant pour publier du contenu que l’outil du blogue? Quoi de plus élémentaire en politique que de vouloir «passer un message»? L’équation vient toute seule… Quoi de plus facile pour passer un message que d’utiliser un blogue?
Voilà pourquoi de nombreuses sphères d’activité s’y mettent dont la politique qui voit émerger quantité de blogueurs depuis la dernière élection provinciale. Cette semaine, Antoine Houde publiait un intéressant billet dans lequel il cherchait à tracer le portrait des blogueurs politiques. Comme éducateur, je cherche à identifier les clés pouvant s’avérer utiles pour décoder ce qui fait d’un site Web un endroit crédible. Je fais bloguer beaucoup, j’anime bon nombre de jeunes à travers les fermes de blogues que je contribue à mettre sur pied et je ressens souvent le besoin de repérer les endroits sur le Web qui augmente la brume et le floue déjà très présents sur La Toile. L’article d’Antoine Robitaille de ce matin est très intéressant dans cette perspective!
Il y est question «des dessous… de la politique», un site tenu par Élodie Gagnon-Martin qui s’affiche comme étant une sympathisante adéquiste. Je suis allé commenter sur un de ses billets paru en réaction à l’article du Devoir en demandant à l’éditeur de clarifier son statut, histoire de nous permettre d’apprécier à qui on a affaire sur ce site. De mon point de vue, ça fait une grosse différence de lire du contenu de quelqu’un qui s’assume vs de quelqu’un qui se cache. Je n’ai rien contre les blogueurs anonymes, mais je veux savoir qu’ils ne dévoilent pas qui ils sont. Je dis souvent aux jeunes que c’est une des premières questions à se poser, «qui est-ce qui vous parle sur ce site?» et l’affaire Élodie me paraît être «un milestone» parce qu’elle fournira peut-être l’occasion de savoir jusqu’à quel point les partis politiques «utilisent» le média du blogue pour capitaliser. Peut-être aussi, la démarche de M. Robitaille pourra nous aider à tracer les limites de la pratique carnetière dans ce contexte de la politique virtuelle…
J’ai parlé à M. Robitaille cette P.M. parce qu’il a sollicité mon point de vue en fonction d’une suite à son article pour demain. À 14 h 39, le journaliste du Devoir a senti le besoin de faire le point se demandant pourquoi ses appels à la transparence restaient lettre morte chez celui qui pourrait être le «célèbre Mister P», si on en croit quelques sources (souverainistes) sur le Web (Renart l’éveillé, Un homme en colère et RadiCarl).
J’aimerais bien contrairement à d’autres que des gens de l’intérieur de l’appareil politique bloguent comme c’est le cas en France (1, 2). Le problème pour moi dans cette histoire qu’est en train de devenir une aventure «médiatico-bloguesque» demeure qu’on ne possède pas les clés qui nous permettraient de décoder qui nous parle de quoi sur cet espace Web.
Quand je lis ce genre de billet qui, s’il est lu au premier degré, ne peut qu’augmenter le bruit dans la blogosphère, je me dis qu’on doit se montrer de plus en plus vigilant envers les «personnages» derrière un site Web personnel (ou autre).
C’est à suivre dans le Devoir de demain…
Mise à jour de 20 h: Le blogue de Mme Élodie?!? ne répond plus. On me dirait que l’ADQ n’a pas voulu passer la fin de semaine sur cette histoire que je ne serais pas surpris… Il faut dire qu’ils sont en Conseil général à Victoriaville. L’article de M. Robitaille de demain risque d’être encore plus intéressant à lire… Dans les circonstances, je republie le commentaire que j’y avais laissé plus tôt aujourd’hui sous l’hyperlien plus bas.
Mise à jour de 23 h 30: L’article de samedi/dimanche au Devoir d’Antoine Robitaille est maintenant en ligne.
Mise à jour du lendemain soir: Parmi les réactions, deux analyses retiennent mon attention, celle d’Antoine et de Martin.


Copie du commentaire postée sur le «dernier»(?) billet du blogue d’Élodie Gagnon-Martin le 28 septembre qui portait le titre «Le Devoir dans les bas fonds de la blogosphère» :
«La meilleure façon d’éviter qu’on vous prenne pour ce que vous n’êtes pas demeure de vous montrer telle que vous êtes.
On pourrait commencer au moins par clarifier si vous bloguez sous un pseudonyme. Si c’est le cas et que vous souhaitiez rester caché derrière, je crois qu’il n’y a rien à redire… c’est votre plus stricte «droit». Au moins, on saura que la personne qui s’exprime ici peut-être n’importe qui, très près ou très loin du parti de M. Dumont. La vraie question est là d’ailleurs : qui est-ce qui nous parle ici?
Évidemment, dans le cas où Élodie Gagnon-Martin est votre véritable identité, on n’aura pas à chercher longtemps pour apprécier votre lien avec l’ADQ.
L’article du Devoir démontre une chose; la pratique du blogue n’est plus banale et anecdotique, surtout quand il s’agit des débats politiques. Vous pouvez faire semblant que l’article de M. Robitaille s’intéresse trop à «des ragots», mais votre démarche fait maintenant partie des «Milestone» de la blogosphère. La question reste de savoir jusqu’à quel point les partis politiques «utilisent» le média du blogue pour capitaliser et quels sont les limites de la pratique carnetière dans ce contexte de la politique virtuelle…
Bons succès à vous, Monsieur, Madame.»

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7 Commentaires
  1. Photo du profil de SylvainB
    SylvainB 15 années Il y a

    Je ne sais pas si le blogue de Élodie G-M ne répond plus… Tout ce que je sais ici, c’est que l’on me demande un identifiant WordPress, identifiant que je me suis créé spécialement pour allé voir… et là, ça se met à tourner en rond : on me réclame un avatar que j’ai téléversé 2 fois… sans succès. (Voir http://slyberu.blogspot.com/2007/09/wordpress-niaiserie.html )
    Bref, des barrures, oui.
    P.S.: C’est lassant, tout comme chez François Guité, de devoir toujours ré-entrer nos coordonnées chaque fois qu’on commente ici ou chez François. Bizarre ! Je coche pourtant chaque fois « se souvenir de moi »…

  2. Photo du profil de C.-A.Bachand
    C.-A.Bachand 15 années Il y a

    Il est possible de voir le dernier billet de Mme Gagnon-Martin en cache sur Google à l’adresse : http://72.14.205.104/search?q=cache:eP2tc1a4GpcJ:elodiegmartin.wordpress.com/2007/09/28/le-devoir-dans-les-bas-fonds-de-la-blogosphere/+élodie+gagnon+martin&hl=fr&ct=clnk&cd=4
    Malheureusement, la dernière mise à jour de Internet Archive semble dater de juillet… il est tout de même possible de juger du ton du blog et aussi de cette étrange manie d’accorder des participes passés au masculin et de citer MisterP… Wow!
    Sylvain : je crois que le « se souvernir de moi » ne fonctionne que sur la page en cours… donc pour commenter plusieurs fois un même billet.

  3. Photo du profil de Serge
    Serge 15 années Il y a

    « en demandant à l’éditeur de clarifier son statut, histoire de nous permettre d’apprécier à qui on a affaire sur ce site»
    Du voyeurissme ?…
    Un aspect intéressant de ce dilemme est que les alias sont très souvent utilisés par un grand nombre de souverainistes, dans les commentaires aux blogues et aux forums, un peu partout.
    Pourtant, tous les auteurs de blogues acceptend cette fraude et personne ne demande qui se cache derrière l’alias.
    Incluant à la cyberpresse, Patric Lagace, Stephane Laporte et autres.
    Il y a même un indépendantiste qui se nomme «antipollution» et qui tient un blogue de Indépendance pour tous, à l’adresse «jessopinion… » dont les opinions politique sont très dures parfois. Pourtant, personne des médias, ni de vous et vos collègues, ne l’importune. Alors ?
    Pourquoi l’auteur du blogue «EGM» vous intéresse et NON «Antipollution», ainsi que tous les alias derrière les commentaires ?.
    sp

  4. Photo du profil de Mario Asselin
    Mario Asselin 15 années Il y a

    Je vais vérifier ce qui en est C.A. et Sylvain à propos de l’outil qui permet qu’on se souvienne de vos coordonnées et je vous reviens.
    Tous les blogues qui se trouvent à l’autre bout d’un «alias» (comme vous dites Serge) m’intéressent lorsque je clique sur le lien. À ce moment, j’essaie de répondre à la question «Qui me parle sur ce site?». Antipollution, par exemple, qui publie sur «http://jesopinions.blogspot.com » m’intéresse parce qu’il m’arrive de le lire, mais je prends tout ce qui j’y lis avec un grain de sel parce que je ne sais pas vraiment «Qui me parle sur ce site», «Antipollution» étant clairement un nom de plume. Le problème avec Élodie était que je ne savais même pas si c’était un nom de plume (un pseudonyme) ou une personne réelle ne voulant pas s’assumer. Tous les blogues politiques m’intéressent un brin, mais jamais comme ceux de Joseph Facal ou Michel Hébert ou Marc Snyder (ouais, c’est pas souvent politique) ou Antoine Houde ou David Chrétien. Pourquoi? Parce que chez ces gens, je sais un peu plus «Qui me parle» ou du moins je crois savoir…
    Pour apprécier la qualité d’un site et de l’information qui s’y trouve, j’ai absolument besoin de pouvoir en savoir un plus sur l’éditeur et sur l’auteur (ou les auteurs) du contenu qui s’y trouve. Dans le cas où je ne peux savoir «Qui me parle», je prends tout ce qui s’y trouve avec «des pincettes»…
    Maintenant qu’on sait que derrière Élodie, il avait un personnage, est-ce à dire qu’elle «tombe» dans la même catégorie (en terme de crédibilité) qu’un Antipollution? Ce serait le cas, si des allégations ne venaient pas nous faire soupçonner qu’une personne proche de l’establishment d’un des «grands partis» se cache en arrière de la jeune fille de droite. Depuis qu’on soupçonne Pierre Morin d’être Élodie Gagnon-Martin, j’avoue m’intéresser davantage à «son cas». Pourquoi?
    Je répète ce que j’ai écrit dans mon billet… parce que si c’est le cas, on pourrait mieux comprendre « jusqu’à quel point les partis politiques «utilisent» le média du blogue pour capitaliser et quelles sont les limites de la pratique carnetière dans ce contexte de la politique virtuelle… »
    La journée où vous me dites qu’Antipollution a des chances d’être le chef de cabinet d’un(e) député, je vais m’intéresser davantage à lui pour les mêmes raisons.

  5. Photo du profil de Mario Asselin
    Mario Asselin 15 années Il y a

    Le petit problème qui «forçait» chacun à devoir s’identifier à chaque fois est maintenant résolu…
    Pour ce qui est de «l’affaire Élodie Gagnon-Martin», j’explique dans ce billet consécutif à sa réapparition dans la blogosphère qu’un certain potentiel «Soeur Unetelle» est train de naître de son initiative. Le risque que les blogues politiques sortent de cette histoire avec un oeil au beurre noir est présent; la balle est dans son camp.

  6. Photo du profil de Louis
    Louis 14 années Il y a

    Pendant ce temps, Pierre Morin, troisième vice-président de l’Assemblée Nationale et militant adéquiste de la première heure, ayant déjà utilisé le pseudonyme de Élodie Gagnon-Martin pour appuyer anonymement son propre parti, vient de se lancer en campagne avec son blogue Un blogue bleu Québec
    Je ne sais pas pour vous, mais moi ça me met mal à l’aise de savoir qu’une personne payée par nos impôts pour faire un travail à l’Assemblée nationale du Québec milite anonymement (du moins il a essayé, mais je l’ai immédiatement reconnu) travaille à la solde d’un parti fédéral.
    Faites passer le mot: Pierre Morin est de retour.

  7. Photo du profil de Mario Asselin
    Mario Asselin 14 années Il y a

    À ma connaissance, Pierre Morin TRAVAILLE pour le 3e vice-président de l’Assemblée Nationale, il n’est pas le…
    Pour le reste, je réserverai mes commentaires, pour le moment.

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