Priorité à l’élève

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C’est le positionnement stratégique qu’a choisi la FQDE pour sa rencontre d’aujourd’hui, «Priorité à l’élève». Dans l’entrevue qu’il accordait à une journaliste, M. Sylvain Ouellet (d.g. d’une école au Lac-St-Jean), réaffirme ici (sur la photo ci-haut) sa conviction que les élèves profiteraient beaucoup de la décentralisation; j’y crois. J’ai relu tout le dossier de presse une fois revenu à la maison et mon sentiment est à l’effet que le travail a été fait avec sérieux à la Fédération Québécoise des établissements. Récemment, j’ai publié quelques billets en lien avec l’annonce d’aujourd’hui (1, 2, 3 et 4); je crois important de revenir sur le fait que l’école publique (plus de 3 000 établissements) doit se voir reconnaître un statut légal qui lui procurerait l’autonomie de rendre de meilleurs services tout en raffermissant son lien avec sa communauté.

Dans son son allocution d’aujourd’hui, Serge Morin va jusqu’à citer mon collègue blogueur François Guité pour exprimer jusqu’à quel point «la peur d’agir, tant chez les décideurs que les praticiens, enraye le système» et il fait le lien entre cette frousse et la centralisation des pouvoirs vers le haut de la structure. Au contact de mes collègues du public dans le début de l’expérience des écoles ciblées, j’ai vécu la comparaison où le fait d’être appuyé par le C.A. de mon école me donnait une bien meilleure marge de manoeuvre en tant que leader que le spectre de se voir constamment repris par la C.S. lors des moments de vives discussions sur ce qui devait être recadré dans l’exercice d’appropriation de la réforme scolaire à ses premiers balbutiements alors. J’en aurais long à raconter là-dessus. Il ne faut jamais oublier qu’en tant qu’administrateur, nous sommes redevables de ceux qui procèdent à notre embauche. Au public, c’est la C.S. qui peut muter un individu qui place davantage les intérêts de son école avant ceux de sa C.S. Au privé, c’est le C.A. qui embauche et qui fait le suivi. J’ai beaucoup de difficultés à comprendre que sous le prétexte des disparités régionales on puisse permettre tant «d’enfarges» en matière de gestion des ressources humaines; ce qui devrait favoriser la constitution d’équipe-école fortes et unis me paraît toujours donner l’avantage au palier régional au détriment du local. J’aime bien la vision qui se dégage des documents de la FQDE. En particulier les allusions aux modèles d’écoles privilégiés en Finlande et en Alberta.

Les prochaines semaines feront en sorte que les dossiers de la décentralisation et de la démocratie scolaire seront à l’avant-plan. Je vois beaucoup de liens entre la façon dont on a essayé de gérer le changement jusqu’à maintenant et le grand besoin d’oxygène de nos milieux éducatifs sur la base de l’autonomie pédagogique et institutionnelle. J’espère que les pistes énoncées aujourd’hui sauront inspirer nos décideurs!

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6 Commentaires
  1. Félix GG 14 années Il y a

    J’avoue que nous avons beaucoup à apprendre de la Finlande pour ce qui est de l’éducation, mais je suis de ceux qui pense qu’il serait préférable de créer quelque chose de nouveau en éducation, quelque chose de révolutionnaire…
    La Finlande, la Suisse, la Chine… Ce sont de bons modèles, mais du neuf serait mieux, j’en suis sûr! Malheureusement, tout ça rime avec besoins d’argent et il y aura toujours du monde pour chialer… Ces personnes ne connaissent pas la puissance des TIC et ne sont pas conscient que l’éducation = l’avenir de notre pays… dommage.
    PS: Bien content que François ai été cité! 😉

  2. florence meichel 14 années Il y a

    Moi aussi Félix bien contente pour François : il le mérite !
    Je te rejoins aussi sur la notion de modéle : il me semble surtout important de construire des choses pertinentes par rapport à leur contextes !

  3. Jean Bernatchez 14 années Il y a

    Je suis en faveur d’une plus grande autonomie pour l’école mais ce ne sont pas les documents de la FQDE qui m’auront conforté dans cette position. Mais je n’ai vu que ceux qui logent sous l’hyperlien du billet de Mario.
    L’illustration sur le degré d’autonomie des écoles est tout à fait tendancieuse: on ne peut sur un continuum opposer un terme comme « autonomie » avec celui de « coercision » (sic: il faudrait lire « coercition »). D’ailleurs, on remarque que les axes ont été placés « au pif » sur le graphique. Un peu plus de rigueur aurait sans doute mieux servi la cause. Ce n’est pas parce qu’une idée est bonne qu’on peut se permettre de l’argumenter n’importe comment.
    Le continuum pourrait évoquer les réalités de la centralisation et de la décentralisation, deux choix légitimes qui peuvent se défendre. Une certaine forme de centralisation n’a pas que des torts. Il existe certaines normes si fondamentales que seule une forme de centralisation peut garantir qu’elles soient respectées (par exemple celle de la gratuité scolaire et des frais exigés des parents dans les écoles publiques). Je crains qu’une trop grande autonomie des écoles n’engendrent encore plus d’injustices…
    J’aime beaucoup le modèle finlandais mais je ne crois pas qu’il soit possible d’établir une relation causale simple entre une structure et une performance. Si j’avais à expliquer le succès finlandais, je puiserais plutôt dans les variables de l’environnement socio-politique pour l’expliquer (je parirais sur la pertinence du modèle social-démocrate).

  4. Photo du profil de Mario Asselin
    Mario Asselin 14 années Il y a

    Merci de votre analyse M. Bernatchez. Je retiens que toute bonne idée doit être accompagnée d’une argumentation rigoureuse pour la supporter. Le modèle de l’école plus près de sa communauté prôné par la FQDE me paraît être basé sur le principe de donner plus de pouvoir aux gens près de l’action, non pas tous les pouvoirs. J’aime bien votre remarque sur le graphique, ça m’avait chicoté moi aussi. Pour ce qui est de la Finlande, une chose me frappe toujours quand j’entends parler de ce pays… C’est la valeur «éducation» partagée par les citoyens depuis toujours, en particulier pour s’émanciper des Russes qui ont longtemps dominé là-bas. Les enseignants se sentent valorisés (c’est tout un honneur que d’être enseignant en Finlande) et les dépenses en éducation par citoyen sont moindre qu’ici si je me fie aux chiffres qui ont circulé dans les médias. L’argent va aux services directs et ne semble pas servir la bureaucratie malgré le modèle social-démocrate que vous évoquez. Le nombre d’élève par classe est moindre qu’ici et en bas âge, il n’est pas beaucoup question d’échec car on donne le temps et l’occasion de se reprendre avec beaucoup d’encadrement. Parlerait-on à ce moment d’une variante de la social-démocratie où on compte moins sur l’État pour tout régler, mais sur la conscience individuelle et le partage de valeurs communes?
    Quand tout le monde s’en occupe, personne s’en occupe vraiment… On dirait que là-bas, c’est l’inverse; il y a toujours quelqu’un de responsable pour s’en occuper ce qui laisse à l’État la chance de s’occuper de ce qui reste, ie, moins qu’ici où notre conception de la sociale-démocratie a créé… un genre «d’État omniscient».

  5. Photo du profil de LucPapineau
    LucPapineau 14 années Il y a

    En lisant le rapport Ouellon, on voit bien que la ministre Courchesne a son idée quant aux commissions scolaires.

  6. Photo du profil de DenysLamontagne
    DenysLamontagne 14 années Il y a

    Quand je vois «priorité à l’élève», je comprend bien l’intention, la bonne volonté et le souci humain.
    Oui il est important de s’occuper de l’élève, une école sans élèves n’est rien, pas plus qu’une société sans citoyens.
    Mais en ce qui concerne l’école, ce qui doit être la priorité c’est le contenu, le flux entre le contenu et l’élève, ce qu’il apprend.
    Et non l’élève. Sinon on se retrouve avec une priorité aux «affects» et pas de résultats valables. Priorité aux élèves n’est pas la première mission de l’école. Sa première mission est de former et d’éduquer les élèves. Priorité aux savoirs, être, faire, ce que vous voudrez. Et le plus amusant c’est que les élèves préfèrent ça.

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