Le Colisée est mort, vive le Colisée ?

Note : Ce billet a d’abord été publié au Journal de Québec et au Journal de Montréal dans la section « blogue ».

L’inauguration du nouvel amphithéâtre l’automne prochain marquera la fin du règne d’un édifice construit en 1949. Le vieux Colisée a trôné dans le coeur des Québécois pendant toutes ces années où de nombreux spectateurs ont été ravis d’applaudir les prouesses des As de Québec, des Remparts, des Nordiques, des Citadelles et des Pee-wee du Carnaval. Propriété de la Ville de Québec, le maire Labeaume a pratiquement annoncé cette semaine sa démolition à venir. Les nostalgiques ont encore quelques mois pour faire leur deuil…

Jeune hockeyeur de Neufchâtel, j’ai joué au hockey au Colisée à quelques reprises. Ça fait partie de mes plus beaux souvenirs d’enfance. J’y ai aussi vu des spectacles mémorables comme ceux de Charles Aznavour ou du groupe Yes. Je me souviens aussi de la prestation de Claude Dubois, quelques semaines après qu’il soit sorti de prison, accompagné des musiciens d’Uzeb. J’ai manqué Metallica, David Bowie et Elton John, mais j’en ai tellement entendu parler…

Le Colisée de Québec a vraiment bercé ma jeunesse.

Les bannières des Bulldogs de Québec, celles de Joe Malone, de Jean-Claude Tremblay, de Marc Tardif, de Michel Goulet, de Peter Stasny, de Jean Béliveau, de Simon Gagné et d’Alexander Radulov vont probablement suivre dans le nouveau Colisée, mais les souvenirs de la sauvage attaque de Rick Jodzio (1976) ou des dizaines d’ovations à Guy Lafleur vont rester dans la mémoire de ceux qui les ont vécues.

Le Journal raconte ce matin de nombreux autres souvenirs intimement liés à l’édifice qui a été le domicile des Maurice Filion, Michel Bergeron, Patrick Roy, Joe Sakic, Peter Forsberg et plusieurs autres.

J’ai lu aujourd’hui sous la plume de Karine Gagnon que l’avenir du vieux Colisée tient à un exercice comptable fatal et au fait qu’il deviendrait une sorte de «verrue dans le décor» !

Voilà pourquoi le maire Labeaume laisserait tomber le Colisée.

La clause de non-concurrence prévue dans l’entente de gestion du nouveau Colisée avec Québecor représente probablement la signature de son arrêt de mort.

Le cri du coeur de l’ex-Nordiques Marian Stastny ou le plaidoyer de Marcel Aubut n’y changera rien…

Reste que je me demande si le nouveau monarque connaîtra l’amour.

Il est né dans la controverse, mais il a beaucoup été désiré.

« À Québec ça commence royalement
Par le grand et joyeux déploiement
Des tambours, des trompettes, des brillants
Que l’on voit dans les vrais couronnements » (source)

Le Carnaval aura beau tout faire pour dorer l’arrivée du nouveau Roi, la Ligue nationale de hockey décidera de son aura futur.

De toute façon, je ne suis pas encore prêt à célébrer le nouveau Colisée, j’encaisse la disparition annoncée du vieux.

Maintenant qu’on sait que ça viendra, on pourrait peut-être essayer de ne pas tout gommer du passé du vieil édifice. Des fois que les empereurs du Colisée de demain se soucieraient des trésors enfouis dans celui d’hier.

Je ne suis vraiment pas prêt à célébrer le nouveau Colisée.

Ne vit-on pas à l’ère du «mourir dans la dignité» ?

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