Comment approcher les blogueurs et obtenir leur collaboration?

J’étais invité hier à échanger pendant 90 minutes avec les étudiants du cours Relations avec les médias offert à l’Université de Montréal. On m’a demandé d’intervenir de ma perspective de blogueur sur le thème des médias sociaux, des relations publiques et de l’information.

Je partage ici les diapositives utilisées pour ma présentation…

Un segment particulier de ma prestation a suscité plusieurs questions des étudiants et m’a donné l’idée de ce billet puisqu’il est vrai que je ne documente pas souvent cet aspect de ma présence ici.

J’ai débuté la pratique du blogue en octobre 2002 dans le contexte où je préparais le lancement d’un nouveau programme scolaire regroupant une quarantaine d’élèves qui disposeraient chacun d’un blogue personnel pour apprendre. La pratique carnetière (et celle de mes élèves) a complètement et irrémédiablement modifié mon parcours professionnel. Mes premiers billets ont été lus par une poignée d’internautes. Je racontais ma pratique professionnelle du temps, tout simplement. Le programme s’est avéré un grand succès et rapidement, la fréquentation de mon blogue a monté en flèche. Le rayonnement du programme, de ma pratique au contact du numérique et de l’importance des blogues pour apprendre et faire apprendre ont pris des proportions étonnantes.

Au bout de 3 500 billets publiés en quinze ans (une moyenne d’un peu plus de quatre par semaine), j’ai conscience – entre autres – que ce carnet de bord a pris beaucoup d’importance dans ma vie professionnelle. Je n’aurais pu prévoir la portée du simple geste d’ouvrir un blogue en octobre 2002.

Avec le temps, de nombreux lecteurs m’ont abordé pour réagir à ce que je publiais, ici. De nombreuses conversations débutées sur ce carnet se sont poursuivies sur les médias sociaux ou dans des rencontres en présentielles. J’ai souvent objectivé des rencontres dans des billets, rapporté des trouvailles, raconté des expériences ou des voyages, et j’ai exprimé de nombreuses opinions, basées sur une analyse personnelle documentée. Je n’ai jamais revendiqué « être objectif », je n’ai cessé de déclarer mes biais et petit à petit, j’ai la prétention de croire qu’une certaine audience s’est formée autour de ce blogue.

Mes premières invitations à des évènements ont été suivies par d’autres à couvrir des colloques, des conférences de presse ou des lancements de livres. On m’a contacté de manière subtile ou directe pour que je passe des messages. On m’a parfois refilé des informations exclusives. Avec le temps, j’ai eu l’impression d’être partie prenante de l’écosystème médiatique, même si j’ai toujours refusé « l’étiquette » de journaliste. Bien entendu, la période où j’ai été employé à titre de chroniqueur au Journal de Québec (mai 2014 à octobre 2016) a fortement contribué a ce sentiment.

En 2018, je ne compte plus les sollicitations et invitations dans mon créneau professionnel de l’éducation et du numérique. Plusieurs fois par jour, je reçois des messages privés, des courriels ou des appels téléphoniques qui concerne ma pratique de blogueur chez Mario tout de go.

J’expliquais d’abord aux étudiants hier que je n’accepte pas de rémunération pour écrire (à l’exception de la période où j’étais au Journal et aussi du temps où je publiais au Voir). Je n’en ai jamais accepté pour publier chez Mario tout de go. Ceux qui m’abordent en me proposant une rémunération sont de plus en plus rare et j’ajoute que c’est le pire des moyens pour provoquer un « call to action » du blogueur que je suis. Dans tous les mandats que je réalise par l’entremise de Mario tout de go Inc, la publication de contenu sur mon blogue ne fait pas partie des services qui sont compris dans l’offre de mes services.

Ceux que je connais qui acceptent une rémunération pour bloguer l’écrivent « en déclaration d’intérêt » sur le/les billets qu’ils publient. C’est la bonne pratique.

Parmi les critères identifiés pour obtenir ma collaboration suite à une prise de contact, j’ai identifié hier certains facteurs que je privilégie, à tout le moins pour obtenir une réponse de ma part. Hélas, je ne réponds pas à toutes les sollicitations que je reçois, comme dans ce cas-ci, par exemple…

L’auteur de ce courriel n’a pas fait le minimum – un certain devoir de recherche – pour m’aborder ainsi, en anglais, en me proposant ce genre d’échange de services. J’échange souvent en anglais avec des gens qui me contactent, mais je ne me sens pas obligé de répondre à quelqu’un qui n’a pas – un peu – envie de me connaître professionnellement. M’enfin…

J’aime bien être sollicité, mais je crois qu’un intervenant que je ne connais pas devrait commencer par s’introduire doucement et se montrer ouvert à une certaine relation professionnelle, avant de me demander dans son premier paragraphe « un service ». Faire la démonstration qu’il a bien compris ma ligne éditoriale me paraît être un minimum pour espérer, éventuellement, obtenir une collaboration professionnelle.

Des promoteurs d’évènement ou d’un service, des journalistes, des responsables d’association ou d’institution, des entrepreneurs ou des enseignants qui me laissent libres d’écrire ce que je veux peuvent compter sur ma collaboration, d’autant qu’ils servent la cause de l’éducation ou du virage numérique.

Ça me fait penser que « je dois » un billet à Normand Baillargeon qui a écrit l’an dernier un très bon livre sur l’éducation, Enseigner au Québec. Le récent congé de la période des Fêtes m’a permis d’en terminer la lecture et il me faut bloguer sur le sujet pour en décrire tout le bien que j’en pense, d’autant que l’ouvrage s’adresse directement aux éducateurs qui veulent entrer dans la profession d’enseignant, au Québec.

D’autres blogueurs ont documenté le modus operandi de leur éventuelle collaboration et sur ce sujet, j’aime bien le billet de Kim Auclair écrit il y a quelques années, Comment travailler avec les blogueurs. Ces lignes de conduite sont constructives.

Quand mes disponibilités me le permettent, j’accepte souvent des invitations dans des cours au secondaire, au cégep ou dans des universités. Je considère qu’il s’agit d’un privilège de recevoir des invitations et que c’est un devoir d’y répondre. Les étudiants sont allumés et je n’ai vécu que de bonnes expériences, dans ce contexte.

Les blogueurs sont des « bibittes » particulières dans l’univers médiatique et ils gagnent à être connus, encore aujourd’hui en 2018!

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