Quelques p’tites questions comme ça…

Selon cette source, « Le socioconstructivisme met l’accent sur le rôle des interactions sociales multiples dans la construction des savoirs. »

  • Peut-on dire d’une personne qui intervient dans les conversations sur le sujet de la construction des savoirs sur ce blogue qu’elle «socioconstruit»?
  • Comment concilier le propos d’un intervenant qui s’afficherait ouvertement contre le socioconstructivisme, mais qui dirait apprécier ici « la haute qualité de la discussion »?
  • Les conversations Web qui découlent souvent des billets publiés ici rassemblent des individus d’horizons différents; à partir du moment où un intervenant répond à un autre ou relance la discussion, ne participe-t-il pas ainsi à une expérience de construction de savoirs?
  • Et la question qui tue : Peut-on intervenir régulièrement sur ce blogue et rester cohérent en blâmant le socioconstructivisme pour son incapacité à produire de la transmission de connaissances?
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15 Commentaires
  1. Photo du profil de LucPapineau
    LucPapineau 16 années Il y a

    Il y a beaucoup d’amertume dans ce billet et dans celui sur la suppléance.

  2. Photo du profil de Mario Asselin
    Mario Asselin 16 années Il y a

    Amertume : au sens propre selon Aristote, « Goût amer ». Au sens figuré selon la même source, « Ressentiment mêlé de tristesse, causé par une humiliation, une injustice.»
    Si c’est votre sentiment, je le respecte.
    Il y a un changement de ton dans ces deux billets, c’est probable. S’il y a un sentiment qui ne m’étreint pas, c’est bien celui de l’humiliation. Je suis fier de mes convictions et je blogue depuis quatre ans dans un esprit d’ouverture et d’accueil des différences. Mais si on poste un commentaire ici et qu’on relance, j’imagine qu’on accorde au moins un peu d’importance au dialogue?
    Je ne suis pas amer, mais un brin suspicieux. Je ressens qu’on profite de cet espace où je réfléchis tout haut de bonne foi sans respecter le terreau qui compose l’essentiel du sol qui l’a fait naître.
    M. Papineau, comprenez que je suis vivement intéressé d’avoir le point de vue de ceux qui ne pensent pas comme moi, qui ont des réserves sur la réforme et le socioconstructivisme, etc. J’en éprouve de nombreuses moi-même… Mais certaines interventions me laissent voir des jugements de valeur qui ne témoignent d’aucune ouverture; alors, pourquoi venir les porter ici, dans cet humus basé sur le dialogue et la conversation. Si une personne est convaincue de sa vérité, que hors de tout doute, elle est absolue, quel intérêt y a-t-il à venir la confronter à cet environnement fréquenté par bon nombre de gens qui croient qu’ensemble, on construira bien mieux?
    Voilà le sens de mes questions : je voudrais contribuer à démasquer les imposteurs! (Mes questions du haut pourraient m’aider pour ce faire, peut-être pas non-plus…)
    Je souhaiterais qu’on se garde une petite gêne chez nous (car c’est bien chez moi ici, en premier et chez vous après) et qu’on essaye d’être cohérent sur le fait qu’on poste parce qu’on veut jaser avec moi et avec d’autres. Si on poste des commentaires par bravade ou parce qu’il y a une certaine audience, au moins qu’on ait le courage de dire qu’il y a aucun intérêt dans la conversation et le dialogue, ingrédients privilégiés du socioconstructeur. À ce moment, au moins, on saura à qui on aura affaire. Si on veut jaser sans moi, sans tenir compte de ce que je pense, qu’on aille jaser ailleurs, S.V.P. Je veux bien que quelqu’un débarque et me dise que je suis complètement en dehors de mes pompes… je vais le prendre, s’il reste poli. Mais si on relance sans ouverture, on n’est plus dans le respect : on vient cracher sur mon perron!
    Et si on croit un peu… un petit peu à ce qui se passe ici, on admettra au moins que cette démarche que je vis depuis quatre ans est à l’opposé de «Mario-va-vous-apprendre-comment-on-doit-penser-en-matière-d’apprentissage»! Je m’affirme, mais je n’empêche personne d’opposer ses opinions aux miennes, dans le contexte où celui qui s’amène ÉCHANGE, dans le sens qu’il en prend et qu’il en laisse.
    Ce sentiment, avec lequel j’ai écrit, entre autres, ces billets dont vous parlez il se nomme la ferveur (toujours selon Aristote) : «Vif enthousiasme, passion pour quelqu’un ou quelque chose».
    Est-ce que je me suis bien fait comprendre?

  3. Photo du profil de Mario Asselin
    Mario Asselin 16 années Il y a

    Si les deux billets ont été écrits avec ferveur, ce commentaire, pour tout dire, l’a été dans la contrariété (« Déplaisir créé par un obstacle, un événement imprévu », i.e., le fait qu’on ne réponde pas aux questions).

  4. Photo du profil de LucPapineau
    LucPapineau 16 années Il y a

    M. Asselin,
    Tout d’abord, en utilisant le mot «amertume», j’énonçais simplement le l’idée que je sentais beaucoup de «ressentiment» de votre part à travers la formulation de vos questions. Mon appréciation sentimentale peut avoir le défaut d’être inexacte mais, tout au moins, elle a le modeste mérite de susciter un dialogue.
    Je remarque, non sans ironie par rapport à la situation (et non à votre égard), que votre billet sur l’individualisme en éducation n’a suscité qu’un commentaire tandis qu’il suffit d’écrire le mot «réforme» pour que la pluie s’abatte. En soi, ce phénomène démontre que certains sujets touchent actuellement plus la réalité des enseignants que d’autres. Il peut être indicateur d’une détresse de certains, d’un manque d’appui à la réforme, d’un questionnement valable. Chose certaine, il montre que la réforme n’est pas évidente en éducation et je ne suis pas convaincu qu’on en tienne vraiment compte dans certaines sphères décisionnelles…
    Puisque vous avez créé un questionnaire anti-imposteur, livrons-nous donc à ce dernier.
    Picot 1: oui et non! Tout dépend de l’ouverture des deux parties aux autres et de leur degré de souplesse. Échanger véritablement, c’est inévitablement construire. La nature du savoir, elle, peut varier selon qu’on parle de Madonna ou de Bach.
    Picot 2: il s’agit de savoir s’il s’affiche contre le sociocontructivisme en général ou contre une réforme scolaire socioconstructiviste, par exemple. il faut aussi ajouter que le passage de la théorie à la pratique dénature souvent les meilleures idées et il faut tenir compte de cet aspect dans les positions que peuvent défendre certains intervenants.
    Picot 3: Voir picot 1.
    Picot 4: Voir picot 2.
    Certains individus peuvent remettre en question une notion théorique, d’autres son application pratique. Pour ma part, étant sur le terrain depuis 14 ans, l’aspect pratique demeure ma principale préoccupation. Suis-je à courte vue? Parfois. Mais cette vision des choses a ses inconvénients et ses avantages. Par exemple, si le ministre du MELSQ annonce qu »il permettra une journée de suppléance en fin d’année, on peut s’en réjouir théoriquement mais, pratiquement, sur le terrain, je me ferai les deux réflexions suivantes:
    1- il va falloir préparer le travail du suppléant, ce qui est parfois long et fastidieux;
    2- serais-je remplacé parce que, dans ma commission scolaire, les suppléants sont plus rares que les trèfles à quatre feuilles?
    Il serait erronné de croire que ce commentaire est en soi anti-politicen. Il ne fait qu’amener le débat sur un plan que ce dernier a négligé. Par contre, là ou le politicien peut être critiqué, c’est s’il répète ce genre d’action qui, si elle semble aidante, demeure malgré tout inefficace.
    Dans toutes les discussions ou tous les débats sur la réforme, je remarque l’emploi de termes catégorisants: pro-réforme, anti-réforme, résistants, imposteurs… Peut-on être pro-élèves et se questionner et questionner le monde?
    À ce sujet, je ne crois pas que les imposteurs iront répondre à vos questions tout simplement parce que le fromage ne cache pas la trappe à souris, comme dirait mon oncle.
    Ma question à la suite de vos deux commentaires, et n’y voyez là ni attaque ni pique, faut-il être convaincu de la validité de la réforme scolaire en cours au Québec pour discuter sur ce site?
    Pour terminer, j’ai finalement écouté hier le débat auquel vous vous êtes prêté à Radio-Canada récemment et je dois avouer que certains passages m’ont vraiment interpelé. Pourrons-nous y revenir dans un prochain billet?

  5. Photo du profil de Mario Asselin
    Mario Asselin 16 années Il y a

    « Mon appréciation sentimentale peut avoir le défaut d’être inexacte mais, tout au moins, elle a le modeste mérite de susciter un dialogue. »
    Vraie, elle en a le mérite. Dans votre commentaire, vous tenez compte des propos de mon billet et de ceux émis dans les commentaires. Vous êtes engagé dans la conversation. De ce fait, il me semble que vous accordez un certain mérite au fait d’échanger avec moi (et d’autres s’ils s’en pointent). J’imagine que de cette conversation, il peut se construire du sens et que ce scénario peut vous apparaître intéressant. C’est en ce sens que « le rôle des interactions sociales multiples » me semble pouvoir intervenir dans « la construction des savoirs. »
    Si on participe ici à la suite d’une décision libre et responsable et qu’on joue le jeu, on peut demeurer critique, mais je vois mal comment on peut dire que le socioconstructivisme, c’est de la « schnout », vous me suivez.
    Pour le reste, je ne vois rien qui mène à l’imposture dans votre réplique. Ni dans votre point de vue sur la mesure du ministre, ni dans les réserves que vous affichez sur le fait qu’on ne tienne pas assez en compte l’aspect pratique des choses.
    Pour discuter ici, il n’y a comme prérequis que de respecter la politique éditoriale que je me suis donnée le 7 juillet 2005. Il y est écrit que « Je ne supprimerai pas ou je ne modifierai pas un commentaire simplement parce que je n’aime pas ce qu’il contient ou suis en désaccord avec les points qu’il apporte.» Plus simplement, même les imposteurs sont les bienvenus…
    « …faut-il être convaincu de la validité de la réforme scolaire en cours au Québec pour discuter sur ce site? »
    Absolument pas, j’espère que vous l’avez remarqué. Il y a de nombreuses interventions de gens qui ont de sérieuses réserves ou qui s’affichent contre la réforme. Je répète que ces gens sont les bienvenus comme les autres. Mon point est que je constate que certaines de ces personnes semblent prendre plaisir à construire ici par le socioconstructivisme (parce qu’ils participent beaucoup), mais qu’ils disent n’accorder aucun crédit à cette théorie de l’apprentissage. Quoi penser? C’est bon pour eux, mais pas pour les étudiants du Québec?
    N.B. Évidemment, il est toujours possible de revenir sur le débat ayant eu lieu sur les ondes de R.-C.; je vous suggère de poster votre commentaire sur l’un de ces billets, 1, 2 ou 3.

  6. Photo du profil de FrancoisGuite
    FrancoisGuite 16 années Il y a

    Tes questions sont à la fois intéressantes et piquantes, Mario. Dans le climat actuel du débat, il est normal qu’elles soient perçues comme teintes d’amertume, comme le soulignait M. Papineau. Je trouve, par ailleurs, qu’il présente, dans son deuxième commentaire, une excellente analyse de la position des opposants au socioconstructivisme en éducation.
    La dernière question que tu poses (« C’est bon pour eux, mais pas pour les étudiants du Québec? ») demeure toutefois valide. À cela, les opposants pourraient répondre qu’en dépit des apports du socioconstructivisme, l’enseignement explicite est, à leurs yeux, plus efficace.
    Ce qui me fascine dans les nombreuses polémiques entre les défenseurs des méthodes pédagogiques plus constructivistes et les tenants de l’enseignement explicite, c’est le peu d’osmose entre les deux partis. Si la membrane est transparente, elle semble imperméable. Je vois très peu d’indications que les arguments des uns imprègnent le discours des autres. Nous semblons tous bien campés dans nos positions. Les transmutations, s’il s’en trouve, sont bien minces.
    Ce qui ne signifie pas qu’il y a absence de socioconstructisme, mais que l’échange d’idées ne sert qu’à raffermir les positions de chacun en raffinant son argumentaire.

  7. Photo du profil de ClementLaberge
    ClementLaberge 16 années Il y a

    Par delà tous ces débats, ce que je trouve dommage, c’est qu’on en perd de vue ce que je perçois être la différence fondamental entre un forum de discussion et un blog
    Pour moi, un FORUM DE DISCUSSION, où tous peuvent s’exprimer dans une grande discussion collective où tous les points de vues se confrontent pour influencer les opinions des uns et des autres et d’où émergent parfois des consensus. C’est un lieu où tout le monde est chez soi, ou à tout le moins où personne n’est l’invité d’un autre. C’est le free for all, le melting pot, la courtepointe.
    Un BLOG, c’est autre chose, c’est « chez quelqu’un ». Un blog, c’est un endroit où quelqu’un fait le projet de « réfléchir à voix haute », parce qu’il croit qu’il est intéressant de le faire publiquement, pour lui et pour les autres. C’est un lieu où les autres sont bienvenus, mais où ils sont invités… parce qu’ils souhaitent contribuer à la réflexion de leur hôte. Parce qu’ils croient possible de contribuer à l’avancement de sa réflexion, pour le bénéfice de tous.
    Ce que j’observe actuellement, c’est que par leurs interventions, certains visiteurs ont détournés ce site — ils n’ont pas respecté le fait qu’ils étaient chez Mario et que s’ils pouvaient s’inspirer de SES réflexions — voire l’aider à réfléchir autrement s’ils le croyaient dans l’erreur — c’était manquer de respect que de s’en faire une tribune personnelle.
    Ce que je déplore, c’est que je vois bien que j’y perds, personnellement, parce que pendant qu’il gère cet inconfort, Mario ne poursuit pas avec autant de vigueur SA réflexion, celle qui m’intéressait, et que j’étais bien capable de nuancer à d’autres sources.
    Ceux et celles qui ont besoin d’une tribune pour eux, pour développer LEUR réflexion, peuvent bien s’ouvrir un blog, écrire aux journaux, etc.
    Dire ceci ne signifie pas pour autant « qu’il n’y a de place ici que pour les « pro-réforme » » — s.v.p. ne tombons pas dans la démagogie… Vous connaissez des sites Web qui font preuve de plus d’ouverture d’esprit, où l’auteur assume autant sa vulnérabilité et où autant d’énergie sont consacrées à maintenir un contexte propre à la réflexion?
    J’en connais bien peu. J’aimerais le conserver.
    Merci d’en prendre soin.

  8. Photo du profil de NormandPeladeau
    NormandPeladeau 16 années Il y a

    Je pense qu’il est fallacieux de prétendre que cette idée d’échanger des opinions sur un sujet précis représente en soi une preuve de la validité du socioconstructivisme. Le socioconstructivisme ne se résume pas à l’idée que des gens peuvent « construire » des perceptions d’une réalité à travers des échanges sociaux.
    Les blogs représentent une forme d’échanges de nature sociale certes, il est vrai que par ces échanges, des individus peuvent être amenés à modifier leur position, leur perception de la réalité. Mais je ne vois pas en quoi cela représente une preuve de la validité du socioconstructivisme autant au niveau épistémologique (niveau 1) qu’au niveau d’une théorie phénoménologique de l’apprentissage (niveau 2). Et même si cela était le cas, je ne vois pas en quoi cela justifierait une justification du socioconstructivisme comme pratique pédagogique (niveau 3).
    Un bel example est la position de Ed Hirsch. Il rejette la vision socioconstructiviste des sciences et de la connaissance (niveau 1) pour adopter une position réaliste. Il admet le phénomène psychologique des constructions sociales des apprentissages chez les individus (niveau 2), et pour cette raison, il rejette la pédagogie socioconstructiviste (niveau 3). C’est précisément parce que les connaissances préalables sont primordiales et influencent la construction (ou perception) de l’élève sur un sujet bien précis (niveau 2) qu’il faut éviter le plus possible que l’élève développe de fausses « constructions ». On pourrait également dire qu’Engelman admet lui-même l’idée des constructions des connaissances par les élèves (niveau 2), lorsqu’il introduit le principe du « faultless communication ». Ce principe est présenté comme un moyen efficace permettant de réduire le plus possible les chances que l’élève construire une interprétation qui est fautive. Pour Hirsch, comme pour Engleman, proposer des pratiques qui encouragent les élèves à construire librement, consiste ni plus ni moins à prescrire le symptôme. Il faut voir dans cette idée de construction des connaissances un obstacle à contourner, une limite à surmonter et non pas un objectif à atteindre ou à encourager, ou un moyen à privilégier comme le proposent souvent les pédagogues socioconstructivistes.

  9. Photo du profil de LucPapineau
    LucPapineau 16 années Il y a

    Sur le sujet qui anime en partie cette discussion entre adultes consentants et qui s’entendent, on peut lire:
    http://www.opossum.ca/guitef/archives/002832.html

  10. Photo du profil de Mario Asselin
    Mario Asselin 16 années Il y a

    D’abord, un merci à chacun pour vos interventions.
    François, je suis patient et déterminé à poursuivre l’exercice des échanges et des conversations malgré le risque du raffermissement des positions de chacun. Je sais qu’au-delà de ce qui s’exprime ici, il y a une certaine osmose. Elle me semble davantage présente chez des gens qui n’interviennent pas sur le blogue; ils m’en parlent par courriel ou face à face. Personnellement, même si mes interventions donnent peut-être cette impression, je retire beaucoup de la vision antipathique au socioconstructivisme; pas tellement pour mieux argumenter et convaincre que pour comprendre la position. Souvent, j’ai l’impression que la distance qui sépare les protagonistes n’est pas si éloignée…
    Clément, tu as tellement bien compris mon sentiment. Merci d’avoir mis en mots ces constats. Et puis merci aussi pour l’immense compliment sur ma démarche; ça me touche beaucoup.
    M. Péladeau, partons du fait que vous reconnaissez qu’il y a ici « une forme d’échanges de nature sociale ». Ajoutons que par là, « des individus peuvent être amenés à modifier leur position, leur perception de la réalité ». Vous dites que ce n’est pas « une preuve de la validité du socioconstructivisme ». Je veux bien que cette façon de concevoir les apprentissages ne se résume pas « à l’idée que des gens peuvent « construire » des perceptions d’une réalité à travers des échanges sociaux », mais si elle ne se résume pas à cela, elle comporte ce fait non? Quand vous venez ici, n’avez-vous pas l’impression de participer à des échanges socioconstructifs? Je n’ose pas poser la question, mais je vais risquer quand même : « n’avez-vous rien appris ici par ces échanges? Doutez-vous que quelqu’un ait pu apprendre? Avez-vous fait apprendre? »
    M. Péladeau, je n’ai pas l’intention d’induire quelqu’un en erreur (vous utiliser un terme fort, « fallacieux » pour qualifier ma réflexion); est-ce que je serais à ce point dans l’erreur que la démarche de ce blogue à laquelle vous contribuez ne serait pas socioconstructive?
    Si ça ne prouve pas que le socioconstructivisme soit valable, je veux bien… alors qu’espérez-vous en venant ici? Serait-ce que vous participez à un échange assuré de ne produire rien de valable?

  11. Photo du profil de NormandPeladeau
    NormandPeladeau 16 années Il y a

    Bien sûr que j’y ai appris des choses par ces échanges! Si le socioconstructivisme se résumait à cela, alors on pourrait clamer que tous les êtres humains dotés de la parole ou d’autres moyens de communication et qui communiquent entre eux sont des adeptes du socioconstructivisme. Même les instructionnistes procèdent par l’acte de la parole, en donnant des instructions, en vérifiant la compréhension dans des échanges avec les élèves, et modifient leurs enseignements pour amener l’élève à « construire » une interprétation plus précise et valide de la réalité. Est-ce que cela fait nécessairement d’eux des socioconstructivistes?
    Le socioconstructivisme ne se résume pas cela! Il va au delà de cette simple proposition.

  12. Photo du profil de MarcSt-Pierre
    MarcSt-Pierre 16 années Il y a

    Bonjour Mario !
    On a tous vécu cette situation où on découvre un p’tit resto où il se fait une cuisine créative, éclatée et où on est reçu par les proprios comme si on était des amis de la famille, pas juste des clients. Un beau matin, une Françoise Kayler de ce monde descend dans ce resto et rédige une élogieuse critique. On est content pour les proprios, mais on sait qu’on vient de perdre quelque chose. À partir du moment où notre p’tit resto devient « LA » chose branchée en ville,l’endroit où on doit être vu (lu?) on n’y est plus aussi à l’aise, les attentions ne sont plus les mêmes: on s’embarque dans une boucle d’amplification positive, et ça sent la fin de quelque chose… C’est peut-être ça le sentiment de perte que j’ai senti dans le billet de Clément. Je me trompe ?
    Anyway…écoute, pour en finir avec ce qui divise ici les gens, l’enseignement explicite et le socioconstructivisme pour les nommer, j’écris ces quelques mots en pensant à Edgar Morin, avant de tirer ma révérence:
    « De même que ces deux approches peuvent coexister dans chaque classe, de même en chaque enseignant coexistent ces deux façon d’apprendre; l’important ce n’est pas tant la valeur de l’une par rapport à la valeur de l’autre. L’important , je crois, c’est leur dialogue, et particulièrementle fruit de leur dialogue. »
    Je trouve plus important de faire des liens que de créer des catégories.

  13. Photo du profil de ClementLaberge
    ClementLaberge 16 années Il y a

    Merci Marc, Merci Edgar.

  14. Photo du profil de MarcSt-Pierre
    MarcSt-Pierre 16 années Il y a

    S’cuse Mario… ne cherche pas les mots que j’ai écrits dans l’oeuvre d’Edgar Morin. Je ne le citais pas, je faisais « à la manière de », en le paraphrasant.

  15. Photo du profil de YannickTremblay
    YannickTremblay 16 années Il y a

    « Le constructivisme relève d’une théorie d’apprentissage qui origine plus particulièrement de la conception piagétienne de l’équilibration des structures cognitives. Selon l’épistémologie génétique de Piaget, la connaissance est ancrée dans la structure biologique générale de l’être humain et est un prolongement de son processus d’adaptation, qui consiste en l’assimilation de l’organisme des apports externes et son accommodation aux caractéristiques externes » (Astolfi & al, 1997).
    Qu’on le veuille ou non, le socioconstructivisme fait partie intégrante de nos vies. Mes visions se transforment, mes connaissances et réflexions, ainsi que les conclusions que j’en tire, ne pourraient demeurer statiques. J’endosse à l’affirmative la nature des questions posées plus haut. Mais notons l’importance de mentionner que le socioconstructivisme est absent dans la mesure ou je ne laisse pas place à l’autre (tenant pour compte que « socio » y réfère). C’est donc dire que d’échanger sur un blogue est génial pour la construction des savoirs(la construction de ma personnalité…), comme peut l’être une bonne discussion entre ami, mais n’oublions pas que tout se trouve dans la manière avec laquelle je négiocie une action. En quelque sorte, je suis moi-même un enfant de 27 ans qui a à se construire en société, et laissez-moi vous dire que ce n’est pas toujours jojo ! Les enfants et ados d’aujourd’hui sont le reflets de notre société. Maintenant, la question que je me pose est, pourquoi s’obstiner à penser que les enfants apprennent différemment des adultes, comptant pour fait que le socioconstructivisme n’est pas une fin en soi, mais un processus sans fin.
    Personnellement, à l’âge de 22ans j’ai dû réapprendre à vivre suite à un grave accident de la route et le traumatisme cranien qui l’accompagnait(coma de 1 mois, incapacité physique…). Je n’avais pas encore obtenu mon diplôme d’études secondaires à l’époque, et aujourd’hui presque six ans plus tard, je viens de terminer ma première année de bacc en enseignement du primaire. Si j’avais écouté les neuros et cie, j’aurais eu une misère terrible à terminer mon secondaire V. Je vous raconte cela que pour dire que le socioconstructivisme, tel que défini par Piaget, est actuel et ponctuel. Le problème de nos jours, est que « tous » demeurent enfermer dans leur coquille. Comment veux-tu parler de socioconstructivisme quand le monde pense détenir la vérité absolue.
    Ce qui m’attriste le plus en éducation, c’est de voir un ministère établir une belle romance de compétences et de domaines d’apprentissage voulant être présentés aux enfants, ce qui est complètement aux antipodes du modèle de société que nous connaissons. Les ambitions c’est bien beau, mais encore faut-il en avoir les moyens.
    Finalement, j’ai beaucoup de mal à organiser ma pensée et c’est très bien ainsi. Mes dires ne sont pas toujours cohérents, mais me permettent de constamment me remettre en question. C’est un risque que d’oser penser. Pour grandir, il faut prendre le temps de s’arrêter, comme Mario peut le faire.
    Arrêtons de vouloir tout faire comprendre aux enfants ce que nous avons peine à faire nous même. Comme j’apprends des autres, commençons à désirer apprendre des jeunes.

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