Je me suis souvenu de ce concept en remontant le fil, à la suite d’un récent commentaire chez Marc-André Girard sur LinkedIn au sujet d’une autre expression que j’ai déjà utilisée : « Management by Walking around ». J’ai fouillé quelques peu dans mes archives et je suis retombé sur une conférence que je prononçais le 10 mai 1990 devant les directeurs généraux de l’A.I.E.S. (le nom de l’association du privé au secondaire avant la Fédération des établissements d’enseignement privés) où j’utilisais cette expression évoquée par un autre gestionnaire qui m’avait captivé du temps où j’occupais la fonction de directeur des services aux élèves au Collège-Mont-Sainte-Anne en Estrie.

Je me souviens bien de cette conférence, car mon patron (André Bessette, d.g.) avait généreusement donné mon nom aux organisateurs et j’avais pris cet honneur très au sérieux, ce qui m’avait donné l’occasion de nommer essentiellement mes convictions et de bien camper ma philosophie de gestion en éducation. J’avais 29 ans à ce moment…

C’est véritablement un jalon de mon parcours qui s’est avéré crucial pour moi, car le fait d’avoir été sélectionné pour prononcer cette intervention allait précipiter mon devenir pour la suite de mon cheminement. La rédaction de ce texte fondateur est un souvenir précieux de ce pourquoi je suis devenu directeur général par la suite et également de ce qui a aussi fortement influencé mes choix de décision, conséquemment.

J’ai relu ce texte récemment et je dois convenir 35 ans plus tard que je ne voudrais rien changer au contenu de cette conférence qui avait été bien reçu, à l’époque.

Le concept d’école Jardin m’a accompagné jusqu’à maintenant et il demeure une inspiration tout comme ce colloque (L’Éducation : le temps des solutions) auquel j’avais participé et pour lequel André m’avait demandé à l’époque d’animer un retour pédagogique, tellement j’étais remué par tout ce qui ressortait de ce trois jours les 29, 30 avril et 1er mai 1988.

J’avais été très impressionné par Émile Robichaud (et Frédéric Back d’ailleurs), c’est à ce moment que Jacques Dufresne, l’Agora et l’importance de la publication Web sont entrés dans ma vie à partir du Collège Rivier. Je peux dire sans me tromper que ce qui allait suivre à Clair vient directement de cette inspiration vécue à Orford, sans compter sur ce qui fait les bonnes écoles et qui n’a de cesse de continuer de m’influencer.

Ma philosophie de gestion des ressources humaines s’est concrétisée avec ce texte et dans ma gestion suivante, tellement de situations m’ont confirmé que c’était la voix à suivre : « c’est la permission qu’un élève donne à un éducateur de le mener qui fait de lui un meneur, un leader ».

Je pourrais épiloguer longtemps sur ce texte fondateur. Le lien avec ma « deuxième carrière » (le numérique) est en droite ligne avec plusieurs des principes énoncés dans ce texte. L’inspiration de « Clip ta rue » (1, 2, 3, 4, 5, 6) par exemple…

Les liens entre la notion de climat dans une école et la qualité de la gestion des ressources humaines, l’importance de l’éducation aux valeurs, le fait que ces valeurs ne soient pas tous égales et cette citation de Émilie Robichaud ont souvent guidé ma vie : « les grandes œuvres, les grands maîtres, le Beau, le Vrai, le Bien, la transcendance, voilà « les bonnes graines » que l’école doit semer parce que, contrairement aux futilités du jour et aux banalités à la mode, elles ont une puissance germinative ».

Je réalise qu’on ne met pas assez de l’avant cette vision dans nos écoles :

« Concevoir l’école comme un jardin, c’est consacrer toutes les énergies de ceux qui y oeuvrent à la formation, au respect et à l’enrichissement de l’humus de l’institution »

Ce passage en particulier devrait d’ailleurs prendre plus d’importance qu’il en a, actuellement : «L’humus est cette couche infime de terre arable qui recouvre des épaisseurs de roc et de sable. C’est pour une école, ses traditions pédagogiques, ses pratiques, les valeurs qu’elle privilégie. Évidemment, il y a un lien étroit entre climat et qualité du sol. Sans humus, sans valeurs, le sol, l’élève, ne retient plus l’eau, la vie, et devient une éponge séchée. Le cycle des précipitations est ainsi brisé et le désert s’installe.»

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