Quand un animateur du RÉCIT et un gars de l’entreprise privée coopétionnent

par Martin Bérubé et Mario Asselin
Comment faire pour installer une « coopétition » entre nous dans un monde ou les mots « concurence » et « coopération » ont peine à se conjuguer harmonieusement? De concert, nous croyons que le néologisme « coopétition » évoque la pensée du Baron Pierre de Coubertin. Nous croyons que ce mot traduirait bien les principes qui l’habitaient au moment où il a eu l’idée folle des Jeux Olympiques: compétitionner dans un cadre de coopération. C’est un peu ce nous vivons entre personnes qui rendont à peu près les mêmes services dans des contextes souvent semblables, mais à partir de perspectives différentes. Moi Martin, animateur d’un service local du Récit « au service » de ma Commission Scolaire, et moi Mario, consultant-associé chez Opossum « qui oeuvre au sein » d’une entreprise privée.
Quand a émergé l’idée de pratiquer des activités sportives structurées au début du XXe siècle, les gens de l’époque ont assisté à la naissance d’un nouveau paradigme! Au lieu de s’entretuer sur un champ de bataille, nos ancêtres ont trouvé une façon originale de réorienter l’agressivité masculine dans un contexte compétitif, mais se voulant « civilisé ». Les « gentlemens » du XIXe siècle sont devenus les « sportifs » du XXe siècle. Avec le temps, l’accès aux activités sportives amateures et professionnelles se sont démocratisées; de plus en plus de gens pratiquent maintenant des activités sportives ou la compétition prime. Mais, y-aurait-il eu dérive au niveau de l’éthique qui encadre ces sports? Beau parallèle non? Comme pour la vie professionnelle, il arrive parfois, même souvent, que l’éthique soit malmenée parce que nos émotions nous attirent bien souvent vers des allégeances idéologiques pas toujours facilement conciliables, voire même en opposition.
Nous n’avons pas tant d’agressivité à « réorienter » (seulement un affectif à soigner), mais nous avons tellement plus à construire pour que les technologies soient mieux intégrées aux apprentissages. Nous pourrions facilement nous ignorer l’un et l’autre! Mario pourrait intervenir dans sa cours et Martin dans la sienne tout en se respectant mutuellement! Mais, nous constatons que la tâche est devenue gitantesque, le défi trop grand pour nous permettre de travailler chacun de son côté de clôture. Et puis, il y a un challenge intéressant à servir des intérêts corporatifs différents tout en voulant aider les mêmes personnes à intégrer les TIC en classe; non pas comme une fin en soi, mais comme un moyen pour faire réaliser des apprentissages. Nous nous sentons parfois en compétition entre nous! Dépasser nos divergences stériles, n’est-ce pas un défi stimulant ?
Une métaphore nous vient en tête: comme pour l’alpinisme où il faut être en « cordée » pour gravir les plus hautes montagnes, l’idée d’aller plus loin à deux (en complémentarité) est bien plus séduisante. L’objectif n’est pas d’arriver avant ou sans l’autre… Mais, ensemble!
Nous suggérons, dans le contexte des effets « palmarès » (1 et 2) que le notion de **coopétition** mérite d’être regardée de près. Nous sentons que nous avons besoin les uns des autres! Les buts sont les mêmes et la tâche colossale; pourquoi compétitionner? Visons la complémentarité dans un nouvel esprit de coopétition! Tout le monde en sortira gagnant!
Nous avons l’impression d’avoir fait certains pas en ce sens par l’exercice des blogues. Une communauté virtuelle d’apprentissage s’est créé autour du besoin d’échanger ensemble sur les stratégies efficaces pour développer la compétence professionnelle des enseignant à exploiter les TIC en classe. Mais de grands pas restent à faire et le mode d’emplois n’est pas inclus dans l’emballage. Passons au stade suivant dans l’instauration non pas d’une « Culture de réseau », mais d’une « Culture des réseaux« !
Dites, y a-t-il des copains coopétitionneurs dans la salle ?

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1 Commentaire
  1. duport 14 années Il y a

    J’ai proposé de la coopétition entre organismes de formation pour élargir leurs champs de compétences et servir plus de clients. Ils ont eu peur de perdre quelque chose….
    J’ai proposé ensuite de mutualiser des ressources ou des scénarios pédagogiques… Ils m’ont dit qu’il fallait réfléchir au modèle économique.
    J’ai présenté des blogs et des wiki, en expliquant qu’ils étaient dans l’obligation de bouger s’il ne voulait pas faire partie de la prochaine vague de destruction-créative. Ils n’ont pas vraiment répondu.
    Leur client (une région française) vient de changer les règles du jeu. Obligation d’une approche globale et orientation privilégié vers des réponses en consortium.
    Je crois que je vais leur proposer de mettre en place des Communautés de Pratiques pour apprendre à s’apprivoiser avant de coopétionner.
    Quand il y a un gâteau sur la table, l’important est que chacun ait une part.
    Frantz
    À bientôt à Autrans ou aillleurs.

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