Projet Lab-école : il y a foule pour réinventer l’école

Comme plusieurs acteurs du monde scolaire, j’étais rivé à mon écran d’ordinateur le 28 mars dernier entre 16h et 17h30 pour scruter à la loupe les documents budgétaires du gouvernement, à la recherche d’informations encourageantes sur le futur de l’éducation au Québec. Vers 17h10, je croyais avoir découvert un petit quelque chose d’intriguant…


Le lendemain 29 mars, on apprenait par l’intermédiaire du journaliste Denis Lessard – celui-là même qui avait coulé l’injection des 600 millions supplémentaires en éducation avant la lecture du budget Leitão – que « trois vedettes » étaient dans les faits à l’origine de cette nouvelle mesure.

Ma première réaction a été de me réjouir de cette volonté exprimée dans le budget de « réinventer » puisque trop souvent l’école se place en mode conformiste et laisse bien peu de place à la créativité. Quand j’ai lu l’article de Lessard et compris que le projet avait été pensé par Pierre Lavoie, Pierre Thibault et Ricardo Larrivée, j’ai craint que « le spin » sur les vedettes ne viennent tuer la bonne intention derrière l’initiative.

Je ne me suis pas trompé.

La vague des réactions n’a cessé de déferler depuis, à commencer par les syndicats d’enseignants qui ont été parmi les premiers à interpréter que «Le ministre a fait le choix de ne pas travailler avec les enseignants».

Je viens de lire le texte signé par un enseignant, publié aujourd’hui le 7 avril sur le même sujet – Verse-t-on dans l’éducation-spectacle? – et je continue de me désoler de cette insistance à voir dans l’engagement « des vedettes » un désaveu de tous les autres intervenants qui seraient capables de « penser à l’extérieur de la boîte ».

D’un autre côté, je vois dans l’abondante revue de presse des différentes réactions, le gage d’un réel désir de s’engager dans le projet de réinventer l’école…

Il faut ajouter la contribution originale de l’évènement Repenser l’école qui se tenait à Montréal la fin de semaine suivant le discours du budget. L’objectif était davantage centré sur la cocréation pour favoriser l’innovation en éducation et surtout, l’effort « ne coutait rien aux contribuables québécois » (source), le financement étant assuré par de nombreux partenaires dont la Fondation Lucie et André Chagnon.

Le communiqué donnait le ton et l’esprit de l’initiative. On a pu suivre le déroulement de l’activité par l’entremise du fil Twitter et lire les conclusions par l’article de l’École branchée. Pas étonnant dans ces circonstances que deux des initiateurs aient pensé faire un clin d’oeil au projet Lab-école en écrivant Et si on repensait l’école, tous ensemble ?

Mon intervention d’hier à l’évènement le Web à Québec et ma chronique à l’antenne de BLVD 102,1 FM m’ont permis de saluer l’émergence du Projet Lab-école tout en convenant de l’importance qu’il s’avère rassembleur et porteur de sens pour toute la communauté éducative.

Il faudra passer outre la critique et participer concrètement à réinventer l’école, avec ou sans le Projet Lab-école. Le ministre de l’Éducation quant à lui devra se montrer encore plus ouvert en ne laissant pas le trio « de vedettes » partir avec le ballon.

Je le mentionnais hier en fin de conférence, certaines enseignantes réinventent déjà l’école – ou la classe – du futur, en ce moment même. Il nous faut reconnaître la passion de ces éducatrices – et éducateurs – et garder le focus sur ce qui fonctionne en classe plutôt que de se tourner vers les écrans de fumée qui ne servent pas les apprentissages des élèves. En ce sens, je suggère le visionnement de cette capsule vidéo produite dans le contexte du Prix Reconnaissance La Capitale

Mise à jour plus tard en après-midi: 200 personnes attendues au Collège Sainte-Anne pour penser l’école de demain.

Mise à jour du 8 avril: Catherine Lapointe a reçu le Prix reconnaissance de La Capitale comme « Le plus gros bouquet de fleurs du monde ».

Mise à jour du 12 avril: Encore sur le thème du futur de l’école, il faut lire « cette lumineuse entrevue » et ce passage, en particulier…

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1 Commentaire
  1. Benoit therrien 2 semaines Il y a

    Je ne suis ni contre ni pour. Je suis heureux de cela mais en même temps réticent. Je ne sais pas pourquoi. Je crois que le quotidien des écoles est loin de vouloir se refaire. En ce moment je suis dans ma classe, je suis prof de musique et je me dis comment faire? J’ai un projecteur Promethean mais pas le tableau qui vient avec. Un laboratoire informatique mobile pour toute l’École. Un local que je partage avec l’anglais, le théâtre et le service de garde et le soir du parascolaire.

    Je change de métier après 20 ans. J’ai 50 ans. J’ai fait un voyage en Italie avec mes élèves en 2011 pour y donner des concerts et ensuite j’ai dû quitter cette école. La directrice n’en pouvait plus de mes projets. Depuis ce temps, je suis un peu désabusé. Je vous suis sur Twitter et bien d’autres malades de l’Éducation, mais le quotidien ne change pas. Les profs travaillent dans leur classe et la plupart ne connaisse pas M. Royer, Normand Baillargeon et encore moins tout le travail que vous faites. Même John Hattie était ignoré de ma nouvelle direction des derniers 5 ans. Le seul contact qu’ils ont c’est avec le syndicat ou la commission scolaire. Ce sont de bonnes enseignantes mais elles ne font équipe que lorsqu’il y a un 5 à 7. Pédagogiquement, chacun son tour pour pondre un examen ou une dictée.

    J’y crois. Mais je pense que cela va être comme l’Indépendance du Québec.

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