Notre communauté d’apprentissage

Clément a publié un billet d’une grande richesse cette semaine dans la salle des profs virtuelle (désolé, accès restreint à cet espace). Je me permets d’en citer un extrait :
« Ne perdez jamais de vue que vous formez une communauté d’apprentissage. Vous formez un groupe dont l’existence et le fonctionnement s’appuient sur une culture qui est à la fois riche, complexe et forte.
* Une culture qui possède une cohérence interne qui est fondamentale dans votre quotidien.
* Une culture dont les grands traits sont à la base du choix de l’école par les parents des élèves de CARRIÈRE.
Cette culture est à mon avis la seule grille valable pour interpréter au jour le jour ce qui se passe dans les cyberportfolios, ce qui est souhaitable et ce qui ne l’est pas. Les jugements péremptoires qui pourraient être formulés par des visiteurs qui ne saisissent pas cette culture et/ou le contexte qui l’accompagne devront alors être interprétés comme tels… et recevoir l’attention qu’ils méritent à ce titre. Pas plus, pas moins.
(…) La communauté d’apprentissage dont vous guidez l’évolution fonctionne dans un cadre ouvert, mais elle possède néanmoins une cohérence interne qui doit lui permettre de résister aux interventions fortuites.
Faites confiance à vos valeurs! C’est leur force qui vous a permis d’en arriver où vous en êtes aujourd’hui, d’avoir cette école remarquable, ce programme audacieux, cette équipe incroyable.
 »
Mireille quant à elle, a publié un billet sur notre espace de classe (carnet qui est COLLECTIF et PUBLIC) qui ouvre la discussion sur « les fautes d’orthographe et d’accord dans les carnets publics » (les élèves disposent également d’un carnet privé).
Enfin, Stéphane a « posté » un document au sujet des repères qui nous permettent de reconnaître qu’on a bien affaire avec un groupe (communauté d’apprentissage) de ce genre.
Je souhaite ici faire des liens entre ces trois billets, histoire de continuer ma construction de sens dans cette grande expérience pédagogique que nous vivons actuellement. Je reprendrai les quatre repères de Bielaczyc et Collins, (1999) rapportés par Stéphane et je tenterai de nommer en quoi notre modèle cadre avec ces critères… Pour le bénéfice de cet exercice, je me limiterai à considérer le groupe de CARRIERE en tant que communauté même si ce groupe lui-même, fait partie d’un plus grand ensemble-communauté d’apprentissage que représente la communauté éducative de l’Institut.


1. Diversité d’expertise parmi les membres qui sont valorisés pour leurs contributions. Je constate la présence de cette diversité d’expertise. Nous avons encore peine à faire un inventaire exhaustif de nos compétences personnelles pouvant contribuer à la réussite de notre projet, mais nous intuitionnons ces potentiels d’expertises. Je vois une limite dans cette non-exercice (que nous allons devoir faire un jour ou l’autre) reliée aux nouveaux membres de notre groupe; nous ne les connaissons que très superficiellement ce qui réduit considérablement l’appel à leurs ressources. De eux (les nouveaux) à nous, c’est un peu le même phénomène : ils ne soupçonnent pas vraiment l’ampleur de ce que chacun des autres membres pourraient mettre à contribution ce qui peut résulter à vivre plus de sentiments d’insécurité (je dis cela en théorie, je n’observe pas ce phénomène). À voir les événements du quotidien se précipiter, je constate tout de même que les contributions diverses apportent beaucoup de valorisation dans le groupe; nous développons la conviction de faire partie d’un groupe extraordinaire (élèves, parents, membres du personnel et partenaires de l’extérieurs inclus) !
2. Objet partagé qui permet le développement continuel des savoirs et des habiletés de la communauté. Qu’est-ce qu’un objet partagé ? Les apprentissages des élèves ? Les apprentissages de chacun des membres de la communauté ? Les moyens et les ressources dont nous disposons collectivement ? Je crois que « ça tourne » autour de notre but commun, la réussite scolaire des élèves ! Si c’est cela dont on parle, le partage est fort car je ressens que chacun est constamment centré sur cet objet. Effectivement, cet « état de fait » permet la construction « au fur et à mesure » des connaissances et des talents des membres de la communauté. Je constate par exemple que nous maximisons le potentiel d’utilisation des iBook de mieux en mieux à chaque jour. Au service des tâches à réaliser (ex.: la soirée de parents de cette semaine), nous développons collectivement nos savoirs en se les transférant à la moindre occasion…
3. Capacité métacognitive qui incite les membres à s’interroger sur les façons dont l’apprentissage survient (apprendre à apprendre). Alors là, je ne me pose pas de question sur la compréhension de ce repère. Pour l’instant, c’est en parlant des élèves (en tant que sujets) que nous rejoignons cette caractéristique. Je crois que le parcours des carnets des élèves et des profs, en ce qui me concerne, est aussi un moyen que je privilégie pour m’interroger sur les façons d’apprendre des élèves et des adultes. Je constate aussi, que les profs prennent beaucoup de temps à échanger sur le contenu des tâches à accomplir, un peu moins sur les apprentissages faits. Je leur donne le temps, je ne suis pas inquiet; ils sont un peu en rupture, dans un espèce de « choc culturel » vis-à-vis de leurs façons de travailler des années passées ! Certains d’entre eux m’on déjà mentionné qu’ils étaient préoccupés à faire plus d’analyse réflexive sur ces sujets…
4. Mécanismes qui permettent le partage des savoirs et des habiletés développés. Plusieurs moyens s’offrent à nous. Les moments de réunions dans le formel et l’informel, et le partage dans la « salle des profs virtuelle » sont ce que je vois de plus concrêt. En passant, le fait de pouvoir garder des traces dans cet espace de notre solution cyberportfolio est vraiment extraordinaire. Personnellement, je reviens souvent en arrière et, la relecture de nos échanges construit mes connaissances bien plus efficacement. Aussi, les conversations entre nous (car on passe quand même beaucoup de temps à se voir deux par deux, à trois ou plus) sont riches et intenses. Il y a un manque du côté réunion en grand groupe. Cette responsabilité m’incombe de favoriser ces occasions; je travaille là-dessus…

1 Commentaire
  1. Ytsejamer 19 années Il y a

    J’aime bien toute la dimension humaine qui se dégage, autant du billet de Mario que du message que Clément a posté dans la salle virtuelle des profs. Ça me fait prendre conscience que je devrais considérer un peu plus souvent et explicitement mes influences livresques et expérientielles d’il y a 2-3 ans, à savoir Senge, Waltzlawick, Belliard… à propos de la culture de changement et de ce qu’elle implique en terme d’adaptation des individus et des organisations.
    Ceci étant dit, j’ai hâte d’entendre parler des effets que cette communauté d’apprentissage professionnelle en devenir aura sur le climat de la communauté d’apprentissage de la classe. Ce que vous rapportez semble bien prometteur!

Laisser une réponse

Contactez-moi

Je tenterai de vous répondre le plus rapidement possible...

En cours d’envoi

Si les propos, opinions et prises de position de ce site peuvent coïncider avec ce que privilégie le parti pour lequel je milite, je certifie en être le seul éditeur. - ©2022 Thème KLEO

Vous connecter avec vos identifiants

ou    

Vous avez oublié vos informations ?

Create Account

Aller à la barre d’outils