Pat, dans le club des « has been »?

final-metheny.jpgCe fut une semaine de vacances très Metheny finalement… J’ai beaucoup aimé, mais j’ai vécu aussi beaucoup d’émotion. Voir vieillir un héros, ça ne s’assume pas si facilement !
Dès le concert de mardi soir, j’ai senti que ce serait spécial. Un enthousiasme libéré tant bien que mal masquait beaucoup de surmenage. Je n’avais jamais vu Pat tenter de combattre la douleur en se secouant les mains tout en parlant au micro pour se donner une chance… C’était le cas mardi soir au Spectrum. Dès la deuxième pièce, il ressentait le besoin de se justifier :«Je reviens d’une longue tournée et je ne sais pas vraiment où je suis». Il nous en a quand même donné beaucoup ce soir là. Je me disais qu’il allait récupérer pour jeudi. Il faut croire que la tenacité est une de ses valeurs parce qu’il ne s’est pas économisé du tout. De longs concerts ont suivi… Il m’a donné l’impression de s’accrocher comme s’il ne voulait pas doser ! Il y a bien eu cette improvisation de fin de spectacle avec Charlie Haden qui « sentait bon », mais j’ai bien vu (et entendu) la fatigue sur scène cette semaine…
final-metheny.jpgJe ne lui reproche pas de vouloir durer et d’impressionner encore, bien au contraire, mais dimanche soir, j’ai compris en scrutant son visage qu’il allait au bout de ses limites… Il ne nous a pas habitué à autant d’exubérance et… de mauvais son. La version du 10 juillet de « Are You going with me » passera à l’histoire pour celle contenant un max de distorsion ! Le spectacle était grandiose, je l’admets. Tout comme mon voisin de banquette (oui oui, j’étais un des privilégié à être assis!), j’ai constaté qu’il aurait eu avantage à modifier l’agencement de ses pièces pour ce grand show en plein-air. « The Way Up Tour » est une prouesse unique en son genre; une seule et même séquence de près de soixante-dix minutes interprétée en début de spectacle ! Malgré une finale réussie, plusieurs passages à vide m’ont préoccupé et je ne parle pas d’un « Last Train Home » bien ordinaire… Ce n’est pas à cela que son « band » nous a habitué.
final-metheny.jpgPat Metheny m’a fait vivre des heures et des heures de plaisir et il en a de nombreuses à m’offrir (j’en suis convaincu), mais la semaine qui vient de se terminer tend à me prouver qu’il se bat maintenant un peu beaucoup pour rester le génie du jazz qu’il était. Est-ce vraiment nécessaire ? Le « fan » en moi a beaucoup aimé, mais l’amateur de musique et de jazz est resté un peu sur sa faim. «Pas de souci» comme disent les cousins; Metheny demeure un « performer » dans une catégorie à part autant quand il fait pleurer sa guitare langoureusement que lorsqu’il l’effleure doucement. Mais le temps est peut-être venu de s’ajuster aux énergies disponibles.
S’aura été une belle et grande semaine… Merci Pat ! Prend soin de toi maintenant.
N.B. La photo du haut de mon « blogue » (là pour l’été, je crois bien) et deux sur trois de ce billet sont l’oeuvre de Éric Baillargeon que je remercie (et félicite!)…

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