La politique déçoit, mais le moral est intact

Cinq heures derrière le volant aujourd’hui, c’est ce qu’il me fallait pour ramasser mes idées. Les derniers jours ont été bien particuliers. Pendant que l’actualité quotidienne n’a jamais cessé de traiter d’éducation, mon blogue a vécu une des périodes les plus silencieuses de «son histoire». Jour après jour, je me suis retenu de bloguer pour toutes sortes de bonnes (et de mauvaises) raisons. Je peux reprendre le clavier ce soir… parce que j’ai une soirée de libre, mais surtout, parce que je me sens un peu plus libre d’écrire ce que je pense étant moins pris par mes péripéties.
Pourtant, je ne me suis pas éloigné du Web. La blogosphère éducative regorgeait de bons billets, mais au fil de mes lectures, des téléphones, des courriels, des rencontres reliées à mes mandats et d’un petit plongeon dans l’univers de la politique… je ne trouvais plus les mots pour nommer où j’en étais. Dans l’auto vers Montréal ce matin, le paradoxe m’a frappé. Autant les événements reliés à l’actualité forment un tourbillon, autant sur le terrain, les gens avec qui je travaille sont «zen»! Comme si le déploiement du nouveau programme de formation de l’école québécoise, les débats sur les questions de respect de la langue et celui sur les structures scolaires n’émoustillaient que les journalistes et les politiciens. Les profs et les professionnels du MELS sont d’un calme olympien dans les écoles autant qu’au Complexe G! «Business as usual»…
J’aurai l’occasion d’y revenir un jour où l’autre, mais je veux noter ici que mes positions dans le dossier de l’abolition des C.S. m’ont valu une vraie incursion dans «les officines» d’un parti politique (l’ADQ, pour ne pas nommer le parti). J’ai rencontré toute sorte de beau monde qui m’ont fait me sentir à la fois «important» (à certaines occasions) et «pas rapport» (à d’autres occasions). Dans mon portfolio numérique, j’ai identifié le défi de faire avec la politique active et j’ai été «gâté» (dans les deux sens du mot) dans les derniers jours. Ce soir, j’en sors indemne n’ayant rien sacrifié à mes convictions tout en ayant fait de précieux apprentissages. J’imagine que je vais être le seul à me comprendre, mais je peux écrire ce soir que j’ai de gros doutes sur cette manchette du 28 décembre dernier concernant le parti de Mario Dumont: «L’année 2008 devra être celle de l’éducation»!
Un soir dernièrement, je me suis employé à analyser ligne par ligne ce discours et il me faudra publier tout ce qui m’est venu, les bons points comme ceux qui m’ont paru «faible». J’ai eu l’occasion d’échanger avec des «pros» (des journalistes et des politiciens) sur le contenu de ce discours et l’exercice auquel je me suis livré m’a permis de constater que derrière les mots, il peut y avoir bien des interprétations possibles et des sous-entendus. Prenons seulement le questionnement sur la réforme qui aurait été «kidnappée par la bureaucratie». Dans plusieurs discussions dernièrement, j’ai eu l’occasion d’expliquer que «oui», M. Robert Bisaillon a bel et bien «pris le contrôle» politique de la réforme entre janvier 1996 et avril 2003, laissant les ministres Marois, Legault et Simard bien en dehors du portrait. Je pourrais donner plein d’exemples pour supporter cette assertion. Par contre, si cette phrase veut dire que les professionnels du gouvernement ont «pris en otage» les changements dont il était question par la réforme… on nage en plein vide, car s’il existe un groupe au gouvernement qui a «joué les exécutants» plus souvent qu’autrement (sans pouvoir s’exprimer en public) sur les tenants et les aboutissants de la réforme, c’est bien l’ensemble des fonctionnaires se trouvant à la DRD et à la DGFJ. Aller savoir comment interpréter ce que M. Dumont voulait dire…
Du côté de Mesdames Marois et Courchesne, on ne peut pas dire qu’elles sont plus faciles à suivre. La cheffe du P.Q. «ne veut pas d’un Québec bilingue, mais seulement que l’on sache parler anglais.» Notre ministre de l’Éducation garde le fort sur le flanc de la poursuite du déploiement de la réforme, mais rares sont ceux qui croient vraiment qu’elle adhère aux «idées fortes de la réforme», comme je dis souvent! Tout ça pour dire que je suis ce soir davantage rassuré par l’attitude des profs et des professionnels que je côtoie au quotidien que par mes récents contacts avec «la classe politique».
Je travaille sur des mandats qui me comblent de bonheur, professionnellement. Je suis entouré de gens dynamiques et passionnés et la blogosphère éducative ne m’est jamais apparue aussi «en santé». Et puis, le débat en éducation est ouvert, riche et constructif, la plupart du temps… Quelle belle période nous vivons, d’autant plus qu’ailleurs, on sollicite nos compétences et notre expertise! Je lisais Clément hier, le prof masqué tous les jours (1, 2, 3, 4), le RAEQ (1), Le Neuf et tous les autres… ils sont beaux à voir aller! Et je ne parle pas des discussions animées chez André ou chez Patrick ainsi que des perles de François et d’une nouvelle recrue.
Je suis confiant que les prochains mois nous permettront de construire sur des bases plus solides que celles que nous offrent nos politiciens. Quant à moi… je reprends mon blogue avec ferveur!

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4 Commentaires
  1. Photo du profil de RenartL'eveille
    RenartL'eveille 11 années Il y a

    Bon retour!

  2. florence meichel 11 années Il y a

    Je ressens la même chose que toi au travers des échanges que je peux avoir dans la blogosphère et au sein du réseau apprendre 2.0…il me semble que les gens sont en train de prendre confiance dans leurs capacités à construire et avancer ensemble !

  3. Serge Goyette 11 années Il y a

    Je t’ai souvent lu et relu. Je n’ai jamais eu le courage de t’écrire car tu vis dans un monde que je connais peu et qui quelques fois me fait peur: la blogoshère ou la blogue quelque chose. Mais là je fonce! Bon retour! Je suis content pour toi et surtout pour moi.

  4. Photo du profil de Carl-FredericDeCelles
    Carl-FredericDeCelles 11 années Il y a

    Je pense honnêtement que « faire de la politique active », c’est très différent que ce que les média nous le laisse croire. La vraie politique aujourd’hui c’est une affaire de réseau, de convictions très personnelles et d’une multitude d’alliances temporaires pour atteindre un idéal plus commun qu’on ne le pense…
    La politique 2.0 ?

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