Un plan numérique? En éducation?

J’ai terminé ce matin un article qui m’avait été «commandée» par la Fédération québécoise des directions d’établissement d’enseignement. Il est déjà accessible dans la section «Manchette» du site de la FQDE, en page 34. Si je ne me trompe pas, ce document («les Manchettes») est aussi «encarté» dans la revue «Le Point en Administration Scolaire» qui devrait paraître en janvier.
J’aime bien la FQDE…
Non seulement, c’est un client, mais surtout, leur vision du monde scolaire cadre très bien avec la mienne. Voici un aperçu des différents textes que vous trouverez dans le document pdf sur le site:

  • Mot de la présidente, en page 4
  • «La directrice», un conte de Noël de Michel LeNeuf, en page 6
  • Un article de Amine Tehami, «Visa la survie des C.S., tua l’autonomie des établissements», en page 8
  • Les allées et venues du Conseil d’administration de la FQDE, en page 11
  • Un article sur le dévoilement des résultats d’un projet de recherche, «Les tensions de rôle chez les directrices et les directeurs adjoints d’école», en page 12
  • Le rapport d’une rencontre de presse de l’ADEL et de la FQDE, en page 13
  • Un article de Nathalie Deraspé, «Les directions d’établissement réclament l’autonomie des écoles», en page 15
  • Un article de Daniel Baril, «A-t-on atteint un plafond dans la diplomation au secondaire?», en page 17
  • Le résumé de Josianne Massé d’une conférence à laquelle j’ai participée en novembre dernier en compagnie de Denis Bédard, Phd, «École, apprentissage et nouvelles technologies», en page 20. En passant, cette conférence est présentée, en reprise, au Canal Savoir pendant les Fêtes.
  • Un Publi-reportage sur les services des organisateurs de la conférence, «Succès Scolaire», qui annonce une collaboration entre la Fondation Sainte-Justine et l’entreprise en question, en page 23
  • La «Chronique d’une mère au Conseil d’établissement de son école», en page 26
  • Un texte de Julie Lussier de la FQDE, «Rapprocher, Apprendre, Communiquer», en page 30
  • Un billet issu du blogue de la FQDE, «Quand le politique oublie son rôle le temps d’une campagne…», en page 33

Mon article qui répond à la question «Un plan numérique en éducation permettrait d’atteindre quels objectifs?» est en page 34, mais se trouve aussi sous l’hyperlien plus bas.

Bonne lecture…

N.B. J’oubliais… Geoffroi Garon publie un billet intéressant sur le «Plan Besson / France numérique 2012» qui complète bien ce billet.

Un plan numérique? En éducation?

Tout ceux qui s’impliquent de près ou de loin en éducation en savent quelque chose, les campagnes électorales sont un moment privilégié pour inviter le politique à prendre position, expliquer à quelle enseigne il loge, permettre d’évaluer les options qui s’offrent à nous. Cette occasion d’amener les différents partis à se commettre a été saisies par une consultante en Stratégie et Marketing Internet, Patricia Tessier. Forte des statistiques qui confirment le retard du Québec face au reste du Canada en ce qui concerne l’utilisation d’Internet, la consultante de Montréal s’est adressée par voie de lettre au premier ministre du Québec. Une missive qui porte un triste constat, certes, «alors que le Québec, avec 64% d’internautes à l’été 2007 se trouvait 19 points derrière l’Alberta, en première place avec un taux de pénétration de 83%». Plus qu’un constat cependant, l’envoi de madame Tessier allait trouver écho un peu partout chez ses homologues et autres intervenants Web et c’est sur une une vaste plate-forme de réflexion collective que les acteurs du numérique sont venus enrichir les solutions proposées par Patricia Tessier, et exprimer leurs points de vue sur ce que devrait contenir un Plan numérique pour le Québec. L’initiative regroupe maintenant des dizaines de membres co-signataires qui poursuivent la pression sur le gouvernement du Québec, fraîchement élu.

Sur le site Web du collectif de réflexion et d’action, on peut lire ces mots qui ont tout de la saveur d’une mission: «[…] bâtir une société numérique inclusive, démocratique et dynamique qui bénéficie aux individus et à la collectivité aux plans économique, social et culturel et les engage à faire du Québec un leader des sociétés du savoir au Canada et dans le monde». En toile de fond, l’idée de base est de «permettre à tous les Québécois et toutes les Québécoises d’accéder aux réseaux et aux services numériques».

Évidemment, il faut se poser spécifiquement la question de la pertinence d’une telle démarche en éducation. Que pourrait bien nous apporter un plan numérique dans notre domaine?

En plus d’aider les communautés éducatives à comprendre les visées et l’importance d’intégrer les TIC en tant qu’outils au service des apprentissages, le plan pourrait servir d’appuis dans la répartition des ressources et nommer les différents aspects sur lesquels les dirigeants comptent insister. En gros, le plan positionnerait la vision du gouvernement au niveau des enjeux en éducation dans cette culture du numérique à construire et viendrait situer le rôle d’une forme de cyberpédagogie.

Je suis de ceux qui pensent qu’il y aurait moyen par cette démarche d’élaboration et de mise en oeuvre d’un plan numérique en éducation de mieux coordonner l’implantation et le soutien à donner aux enseignants tout en permettant aux autorités du MELS de pouvoir suivre le déploiement dans les écoles de toutes ces ressources et stratégies qui gagnent les écoles. Les intervenants ont des attentes plus importantes en accès aux équipements, en financement et au niveau du leadership des enseignants qu’en provenance des autorités, selon mon expertise, mais le ministère pourrait jouer un grand rôle en prenant la balle au bond et en précisant où il se situe au niveau d’une vision intégrée de la place du numérique en éducation. Des exemples de planification stratégique existent au niveau local… On n’a qu’à regarder du côté de la Commission scolaire de la Beauce-Etchemin, par exemple où Michel Couture (personne-ressource RÉCIT) implante des plans TIC «bien ancrés dans le projet éducatif» de chaque milieu…

Voici quelques idées qui ressortent de la démarche de réflexion collective engagée pour le monde de l’éducation, tel qu’elles se trouvent sur la plate-forme multi-utilisateur du groupe.

  • L’éducation et la formation doivent permettre aux individus et aux collectivités d’utiliser de manière autonome et critique les Technologies de l’Information et de la Communication (TIC) pour répondre à leurs besoins, aspirations et créativité. En tant que responsables, nous devons garantir la formation aux usages des technologies de l’information dès le plus jeune âge.
  • Au niveau du système scolaire en général et du palier universitaire, en particulier, la promotion d’une nouvelle éducation par la maîtrise des usages du numérique par les enseignants et les enseignantes devient une priorité; l’utilisation du savoir collectif et des connaissances de tous les secteurs de la population doit devenir un leitmotiv. Une formation adaptée doit aussi être prévue pour les groupes communautaires.
  • Dès le plus jeune âge, il faut s’assurer que chacun garde le meilleur rapport possible avec «le savoir» répondant à la nécessité de donner, à chaque enfant, les compétences qui sont devenues aujourd’hui indispensables pour apprendre, agir et réussir tant au niveau professionnel que social. Le rapport de chacun avec la connaissance doit devenir plus critique puisque «apprendre à connaître» devient tout aussi important que «connaître» tout court.
  • Les enseignants ont, d’abord, besoin d’être sensibilisés à la nécessité d’intégrer les TIC à leurs activités d’apprentissage. Ils ont aussi besoin, d’urgence, qu’on leur procure les outils pour qu’ils se forment, avant de se sentir aptes à les intégrer à leurs pratiques éducatives. S’assurer qu’ils aient accès aux ordinateurs au moment de planifier/réaliser/évaluer les situations d’apprentissage qu’ils utilisent avec les élèves/étudiants pourraient être un bon début. On pourrait prévoir, par exemple, un service de prêts sans intérêt (ou un crédit d’impôt) aux enseignants qui souhaiteraient acquérir un ordinateur portable.
  • Ensuite, il faut supporter davantage les professeurs qui sont motivés à former/contribuer/animer des communautés de pratiques et viser à étendre leur réseau d’entraide. Les meilleures pratiques doivent être mises en exemple.
  • La disponibilité d’un accès à Internet haut débit et WiFi dans chaque école et université doit devenir une des priorités d’une stratégie visant à améliorer la qualité des services en milieu scolaire.
  • Les cadres oeuvrant dans les réseaux de l’éducation doivent s’engager à mettre davantage au service de la pédagogie les nombreux services informatiques actuellement en vigueur ou en construction.
  • Le ministère de l’Éducation doit favoriser la production de contenu (matériel pédagogique modifiable par l’utilisateur) pouvant s’avérer utile aux administrateurs, aux enseignants et aux élèves/étudiants.
  • Il faut cesser de réduire la valeur ajoutée de l’utilisation des TIC en situation d’apprentissage à l’amélioration de la réussite scolaire. On doit prendre conscience que cette valeur réside aussi dans l’amélioration de l’enseignement, l’enrichissement des programmes, ainsi que dans l’amélioration des résultats à l’école/collège/université.
  • Les synergies entre les universités et les entreprises en général et les entreprises de haute technologie en particulier doivent être développées davantage; créer des incubateurs d’entreprises doit aussi faire partie des priorités.
  • Finalement, on doit veiller à favoriser la numérisation accrue des contenus scolaires et à leur libre accès; la disponibilité en ligne est un des incontournables de l’équation.

Les intervenants ont aussi demandé à ce que soit bonifié le plan d’investissement du gouvernement du Québec dans les infrastructures numériques des commissions scolaires. Au-delà de toutes ces bonnes idées, l’essentiel demeure de garder le cap sur les meilleurs services possible à rendre aux élèves dans le contexte, où les modes passent, mais les rapports humains restent. Toutes ces nouvelles technologies peuvent être bien utiles quand quand on ne perd pas de vue que numérique ou pas, ce sont des moyens, non-pas des fins en soi!

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4 Commentaires
  1. Photo du profil de PatriciaTessier
    PatriciaTessier 9 années Il y a

    Bravo Mario. Ne crois-tu pas que le programme universitaire formant les enseignants doi rapidement être revu pour intégrer les outils numériques autant comme outil de formation que comme soutien au formateur?

  2. Photo du profil de Mario Asselin
    Mario Asselin 9 années Il y a

    Merci Patricia. Bravo à toi aussi d’avoir pris l’initiative dans le dossier du plan numérique.
    Pour ce qui est de la formation universitaire, il y aurait long à dire. Le temps que «natifs» arrivent à l’université, il y aurait lieu de mieux outiller les futurs enseignants qui y sont formés, mais les professeurs d’université sont davantages reconnus pour leur compétences de chercheurs qu’au niveau de la pédagogie. Tant qu’ils ne seront pas intéressés à modifier leurs approches pédagogiques basées presque exclusivement sur «je parle» et «vous écoutez», je ne vois pas trop en quoi les TIC pourraient être utiles.
    Il y a bien des exceptions… À Laval, un prof comme Renée Fountain fait beaucoup avec peu. Que dire de ces carnets Web de l’Université de Montréal que j’ai suivis avec bonheur pendant la session d’automne (1, 2 et 3). D’autres profs comme Robert David et Patrick Giroux auraient beaucoup de choses à ajouter sûrement parce qu’ils oeuvrent dans des conditions pas facile du tout. Ah oui, il y a l’initiative de Sébastien Paquet aussi dont j’ai eu peu de nouvelles, mais qui promettait.
    Bref… Je compte davantage sur l’arrivée des natifs à ce palier d’études pour bousculer les choses, car à l’université, ça semble être «petit train va [peut-être] loin»…

  3. Photo du profil de SylvainB
    SylvainB 9 années Il y a

    1-Bravo pour ce texte, Mario ! Je dois hyperlier ça un peu partout 🙂
    2-Le scandale des manuels scolaires pondus à la course (à l’arrivée de la Réforme, oups, Renouveau pédagogique (euphémisme…)) et mal adaptés, dans lesquels on engloutit des sommes faramineuses pour des trucs qui vont dormir sur des tablettes est un des exemples d’argent gaspillé. Investir pour équiper en TIC les profs qui veulent avancer serait bien mieux !
    3-Accès wifi et sévices (oups, services… lapsus, quand tu nous tiens) informatiques des CS et leur obsessionnelle sécurité mal foutue qui nous met des bâtons dans les roues est un autre problème à résoudre au plus vite… Arrêtons le stérile jeu de chat et de souris auquel on joue et mettons-nous à éduquer.
    Pour tout cela, il faut que les profs soient formés, mais pas formés à apprendre par coeur des menus de logiciel plus ou moins débilitants (comme ppt ;-)) Il faut que les profs soient formés à une nouvelle méthode, à un nouveau paradigme, sinon, l’implantation des TIC (on parle encore d’implantation 10-12 ans après le « plan Marois »… ouf !) fera encore patate et on considérera, comme une CP que j’ai connue un jour, qu’utiliser le traitement de texte Word pour mettre un texte au propre (oups !… en version finale) est une compétence TIC de haut niveau… euh, de qu’essé ?
    Bref, on part de loin, pendant que les technologies, elles, évoluent très vite. Voilà pourquoi ce sont les méthodes d’utilisation des TIC qu’il faut revoir d’URGENCE !
    Je devrais en faire un billet de ce commentaire 😉

  4. Photo du profil de JulieLussier
    JulieLussier 9 années Il y a

    J’en profite ici pour te féliciter publiquement pour la qualité de ton article et l’efficacité de tes interventions. C’est toujours un réel plaisir de collaborer ensemble. Au nom de la FQDE, encore merci!

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