Day one at Educon 2.1

Je suis arrivé au pays du cheesesteak sur l’heure du midi. Pas de neige au sol, un beau soleil et quelques degrés au-dessus de zéro m’ont donné l’air d’un certain dépaysement. Après avoir partagé un taxi jusqu’au centre-ville de Philadelphie, mes copains de voyage et moi étions préoccupés par le fait de ne pas manquer notre chance de rencontrer les jeunes du Science Leadership Academy. Le repas du midi a donc été très rapide et j’ai pu passer la journée dans cette école où le mot «inquiry» est sur toutes les lèvres.
Quel beau milieu! Des enseignants et une direction qui travaillent ensemble avec les élèves, ça peut faire de grandes choses et ce milieu éducatif vieux de trois ans le prouve intelligemment. Que dire…
J’écris ce billet au terme de ma journée et j’ai eu la chance de lire plusieurs comptes-rendus de cette belle visite, alors, je me dis qu’il me sera difficile de faire mieux que l’a fait Michael Walker puisque son billet comporte de très belles photos des jeunes en action dans l’école. De fait, ce qui m’a frappé le plus tout au long de ma visite dans les classes, je l’ai résumé dans quelques entrées sur Twitter:

  • Pendant 90 minutes, j’ai vu des jeunes «en train de faire»; je n’ai pas vu personne en train de s’emmerder dans cette école. Des étudiants engagés, mais des enseignants engagés aussi qui répondaient à nos questions devant les élèves et rien de ce qui se disait ne semblait sortir d’une boîte à surprise.
  • Entre dans un cours, entre dans un autre. Tous nous expliquent comment ils apprennent, jeunes et adultes; ils sont tous très enthousiastes (il y a de la visite attendue, il faut bien le dire) et de plus, ils ont un réel plaisir à apprendre ensemble.
  • Inutile de dire que j’ai vu des jeunes entourés de beaucoup de technologie… Mais personne ne m’a parlé de technologie; nous avons discuté de pédagogie toute la journée, par contre.
  • L’organisation physique des classes est adaptée au travail collaboratif et l’école en général est propre; les jeunes circulent librement, sans code vestimentaire et je n’ai vu personne courir, se bousculer ou élever le ton de l’après-midi. On pouvait poser des questions à n’importe qui n’importe quand…

J’aurai l’occasion d’y revenir, mais le calme et l’atmosphère de travail dans ce milieu sont impressionnants. Aussi, les enseignants semblent bien connaître leurs étudiants; l’un d’eux m’a expliqué qu’en plus de ses groupes d’élèves en classe, il suit de près vingt étudiants pendant tout au long de leur parcours dans cette école, de la 7e à la 12e année. J’étais loin de me douter que le soir venu, ce sont eux, les étudiants qui m’impressionneraient le plus.

Le panel qui devait conclure les activités de cette première journée regroupait sept personnes que je rencontrais pour la première fois. Ils avaient à répondre à la question: «What Is the Purpose of School? Beaucoup de belles idées ont jailli dans la première partie des interventions, mais c’est au moment de la portion interactive de la soirée que l’intensité a vraiment pris place. Nous étions 250 personnes réunies au Franklin Theater et j’ai eu la bonne idée de m’asseoir avec des étudiants du SLA; j’étais d’ailleurs très surpris de les revoir pour cette partie «sérieuse» du colloque.

Parmi les raisons d’être de l’école, plusieurs mots-clés et bonnes idées ont émergé des propos des intervenants. Mais j’aime mieux le préciser tout de suite, les adultes ont eu tôt fait de statuer que l’école d’aujourd’hui est très loin de cet idéal. «Favoriser l’innovation en tout temps», «promouvoir la collaboration», «bâtir autour du concept de communauté d’apprentissage», «garder le focus sur la culture et la compréhension de notre société multidimensionnelle» et garder en tête que c’est en développant la capacité de s’interroger sur ce qui nous entoure qu’on aide vraiment les jeunes à relever le défi de l’éducation; voilà ce qui ressort des contributions des panellistes. Conséquent avec le projet éducatif de l’école qui agit comme hôte de l’événement, les étudiants ont interrogé les gens en place et ils ont fait preuve de beaucoup d’adresse en posant de très bonnes questions, dont celle-ci, «How can we change the system from the inside?». La participation des jeunes change complètement la perspective d’un événement comme celui que nous vivons. Une des jeunes filles à même «forcé» une gestionnaire du district scolaire à admettre que le système d’éducation n’est pas conçu pour s’autocritiquer devant les jeunes.

En terminant ce premier des trois jours de la rencontre, je retiens que nous devrons redéfinir ce que nous voulons dire par la notion de «succès scolaire». Aussi, l’école est un endroit où de nouvelles portes s’ouvrent pour aider les jeunes à faire des liens (and make connexions), mais souffre de devoir constamment se justifier. Lui en demande-t-on trop? Peut-elle tout faire? Force est d’admettre qu’aujourd’hui, on a vu qu’en demandant beaucoup, on peut obtenir énormément d’elle comme en témoigne la présence de qualité des jeunes et des enseignants du SLA.

J’ai très hâte à demain…

N.B. Michael a aussi pris d’excellentes notes du panel sur la raison d’être de l’école…

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3 Commentaires
  1. Photo du profil de Jean-PaulMoiraud
    Jean-PaulMoiraud 12 années Il y a

    Bonjour Mario,
    Je viens de lire avec attention votre billet.
    « L’organisation physique des classes est adaptée au travail collaboratif » Allez vous détailler cet aspect de votre billet ?
    Je suis convaincu qu’il y a un lien très fort entre les architectures des établissements et les modalités du travail (collaboratif lorsque les conditions sont réunies).
    Très cordialement.
    Jean-Paul Moiraud – Lyon France

  2. Photo du profil de Mario Asselin
    Mario Asselin 12 années Il y a

    Ce qui frappe dans ces classes réside dans le fait que n’importe qui peut s’asseoir n’importe où. Au lieu des bureaux en rangs d’oignons, il y a de petites tables ovales ou rondes et elles ne sont pas fixées au sol. Il y a souvent plusieurs sections dans les locaux; une partie laboratoire comprend tous les équipements utiles au fonctionnement disciplinaire et il y a une section pour le travail collaboratif ou individuel. Aussi, du point de vue électrique et réseau, tout est prévu pour faciliter les branchements… Les photos du billet de Michael (voir lien ci-haut) peuvent parler d’elle-même!

  3. Photo du profil de JacquesCool
    JacquesCool 12 années Il y a

    Merci d’être nos yeux et oreilles au SLA! Ce que je lis ici semble confirmer qu’à cette école, on a su « la remettre à qui de droit ». Je m’inspire de cette école, du C@HM, de l’Institut St-Josephs afin de nourrir la réflexion de celles et ceux qui auront à mettre sur pied « l’école innovante » prévue pour Balmoral NB, petite communauté francophone du nord du NB. Le gouvernement en a fait l’annonce jeudi, en partenariat avec Microsoft. Bon, je retourne écouter Educon 2.1.

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