Haro pour l’école publique par une vaste offensive contre l’école privée

L’enseignement privé est-il démasqué? L’école publique s’en trouvera-t-elle ainsi améliorée?
On assiste cet automne à un phénomène nouveau, en tous les cas, sans précédent en ce qui me concerne. Le verni de l’enseignement privé est attaqué en ce moment, comme jamais auparavant. Depuis la mi-août, moment où a été rendu public le fait qu’Hydro-Québec ait décidé de donner 250 000 $ en cinq ans au collège Notre-Dame, c’est la débandade…
En cette année où ne paraîtra pas le controversé Palmarès de L’actualité (une première en dix ans), on n’aura jamais eu autant de succès à illustrer comment «l’effet palmarès» perverti l’école privée qui se targue d’un côté de le dénoncer en compagnie des autres intervenants du milieu de l’éducation, mais de l’autre, au niveau de plusieurs écoles, de le jouer à fond.
Les articles de La Presse d’aujourd’hui doivent beaucoup faire plaisir à la FAE qui a entrepris par une «Semaine pour l’école publique» de s’attaquer à plusieurs mythes(?!?) relativement au financement des écoles privées:

Plus tôt cette semaine, j’ai lu cette étonnante chronique sur la «performance à outrance» qui m’avait laissé perplexe, ne pouvant mettre le doigt sur l’intention du message que voulait passer Michèle Ouimet. Aujourd’hui, en plus des textes de La Presse, j’ai aussi lu deux billets de blogueurs reconnus pour ne pas faire dans la dentelle quand vient le temps de dénoncer le financement public au réseau privé d’éducation (1*, 2); je n’y ai rien vu qui assure à l’école publique une amélioration des services d’éducation offerts!

Qu’on me comprenne bien… Les écoles privées qui pratiquent «l’écrémage» dans leurs classes pour mieux «performer» au Palmarès, elles méritent ces articles à 100% et j’espère que les parents qui envisageaient d’y inscrire leurs adolescents y trouveront toute l’information pouvant les aider à prendre la meilleure décision possible dans ce contexte. C’est une honte que des écoles (privées ou publiques) privilégient «leur réputation» au détriment des valeurs éducatives. J’ai oeuvré assez longtemps au privé pour savoir que «l’effet Palmarès» a corrompu la dynamique de plusieurs institutions privées (et celle de quelques écoles publiques). Ces pratiques combinées au peu d’attention que porte certains milieux éducatifs à leur taux de rétention des élèves de leur entrée au secondaire jusqu’à la fin de leur parcours dans le même établissement jusqu’en fin de cinquième secondaire auront leur effet dans l’opinion publique sur l’à-propos des subventions au privé.

Mais ne soyons pas dupes…

Si l’objectif de garder plus de «bons élèves» au public est louable, charcuter l’enseignement privé en lui coupant les vivres ne profitera ni aux écoles publiques, ni aux finances publiques. L’amélioration des services en éducation passe par d’autres chemins que ceux de rendre inaccessibles au Québec à la classe moyenne l’école privée. Les parents qui font le choix du privé paient des impôts (même des taxes scolaires) et doivent conserver le choix de cette alternative. S’ils exercent ce choix (du privé) pour de mauvaises raisons, parce qu’ils sont mal informés sur la dynamique de l’école qu’ils s’apprêtent à privilégier, qu’on les informe mieux, mais penser qu’en abolissant le financement public aux écoles privées va améliorer l’enseignement public relève de la pensée magique, je le maintiens.

Je suis de ceux qui croient que les règles du jeu doivent changer, qu’on doit lier la pleine subvention des écoles privées (qui correspond à 60% du montant de base d’une école publique) à la responsabilité sociale de rester accessible à tous les types d’élèves, surtout à Montréal où ce n’est pas le cas, manifestement, dans toutes les écoles privées. Je suis de ceux qui croient qu’on ne finance pas les écoles privées, mais les élèves (et leurs parents). Je demeure convaincu qu’un parent qui accepte de payer de sa poche un surplus pour l’éducation de ses enfants a des raisons de le faire et, que toutes ces raisons ne sont pas à négliger, même si certaines peuvent être questionnées. Je suis de ceux qui ont milité dans les écoles privées contre le palmarès et qui n’ont jamais joué «l’effet palmarès»; je sais que nous étions plusieurs à agir ainsi et qu’il y a encore une grande majorité à le faire…

Je suis d’accord à travailler pour améliorer l’école publique.

J’ai d’immenses réserves à commencer ce travail par l’angle proposé par la FAE.

Cela dit, je crois que les articles de La Presse rendront de précieux services aux deux réseaux d’éducation.

Mise à jour du 11 octobre: Je viens de parcourir l’étude commandée par la Fédération autonome de l’enseignement (FAE) qui s’intitule: «Le financement public des écoles privées: mettre fin aux mythes!». Le document ne donne pas beaucoup de renseignements sur qui est le «chercheur» Jean-François Landry; si c’est le même que celui de l’INRS, il semble avoir contribué à quelques recherches sur le rôle du privé en éducation et en santé dont celle-ci qui prétend nommer les limites de l’argumentaire d’une présence accrue du privé en santé. L’étude parle d’une économie potentielle de 86 millions de dollars basée sur l’abandon des subventions au privé et le transfert de 50% de la clientèle actuelle vers le public (voir les pages 26 et 27 du document). Le «chercheur» connaît très mal le monde scolaire s’il croit que son hypothèse tiendra la route longtemps… Couper 50% des effectifs d’une école c’est l’équivalent de dire que l’école n’existe plus, dans la grande majorité des cas. À Montréal, je veux bien croire que le grand nombre de demandes pourrait faire en sorte que plusieurs écoles pourraient survivre avec des frais de 7 969 $ facturés aux parents d’un élève (je me base sur le chiffre de la page 18 de l’étude), mais croire que le privé «garderait» 50% de sa clientèle demande un acte de foi… disons… ardent. Mais faisons l’hypothèse qu’à Montréal… ça tiendrait la route. Ailleurs en province, couper 50% des élèves, ça veut dire fermer 90% des écoles privées. Quelques écoles privées à Sherbrooke, quelques autres à Québec, une à Trois-Rivières ou dans les Bois-Francs peut-être… Jamais on ne peut croire que seulement 50% des élèves de «ces régions» vont continuer à pouvoir aller au privé. L’offre ne sera plus présente et ça va coûter trop cher. Reprenons le 388,7 M$ de la page 26; à combien de pourcentage de retour vers le public, il n’y a plus d’économie? À 72 872 élèves de retour au public, on a un coût nul, c’est à dire dans la proportion d’un retour de 63 pourcent des élèves du privé vers le public. Dans le cas d’un retour de 80% (chiffre beaucoup plus réaliste – et encore? – tenant compte des disparités régionales au Québec), le résultat passe d’une économie à un coût de 102 M$. Conclusion… s’il faut couper les subventions au privé, il ne faudrait pas penser le faire en économisant. Je demeure intéressé à connaître tout renseignement sur ce chercheur, Jean-François Landry, dont les hypothèses s’apparentent à de la comptabilité «très créative».

Mise à jour du 13 octobre: Les résultats d’une étude du Centre Interuniversitaire sur le Risque, les Politiques Économiques et l’Emploi CIRPÉE suggère que la concurrence en éducation au Québec (favorisée par l’existence d’un réseau privé accessible à la population) améliore les performances en mathématique. «Our results provide some evidence that subsidizing private schools could be a wise policy to
improve performance.» À lire… «Public Subsidies to Private Schools Do Make a Difference for Achievement in Mathematics: Longitudinal Evidence from Canada».

* Le lien qui mène au billet du prof masqué est brisé, ce qui signifie que l’auteur a rétropublié… il a effacé son billet de son blogue. On peut le retrouver par la cache de Google, mais je vais respecter le choix du prof masqué de retirer son billet.

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16 Commentaires
  1. Louis Préfontaine 11 années Il y a

    « je n’y ai rien vu qui assure à l’école publique une amélioration des services d’éducation offerts! »
    L’amélioration du public va de soi. Ce n’est vraiment pas compliqué à comprendre; actuellement les cas lourds tirent le réseau vers le bas. Il est évident qu’en réduisant l’élitisme des collèges privés et en s’assurant que davantage de bons élèves se retrouvent avec d’autres plus « ordinaires », on s’assurer d’augmenter l’attrait des moins bons pour la réussite scolaire.
    L’Ontario, qui ne finance pas ses écoles privées, réussit bien dans ce domaine.

  2. Photo du profil de Mario Asselin
    Mario Asselin 11 années Il y a

    Rien ne «va de soi» en éducation M. Préfontaine… Les cas lourds ne disparaîtront pas parce que de meilleurs élèves viendraient joindre les rangs de l’école public à Montréal. Croire le contraire relève de la pensée magique…
    Si vraiment, votre plan de match pour les cas lourds, c’est de restreindre l’accès à l’école privée, et espérer que ça tirera tout le monde vers la réussite… on n’est pas sortie de l’auberge!
    Et depuis quand, des personnes comme vous, ardents partisans de la société distincte, prennent l’Ontario comme point de référence?
    Que savez-vous de ce qui se passe en Ontario en éducation? Savez-vous qu’ils ont des cibles précises pour améliorer le développement des compétences en littératie? Êtes-vous au courant de leur plan pour améliorer la réussite chez les garçons?
    Je ne puis croire que c’est ça le plan de match pour transformer l’école publique au Québec.
    L’école publique a besoin de ramener le pouvoir plus près de l’action. C’est trop facile de penser que son problème, c’est l’école privée!

  3. Photo du profil de Francois
    Francois 11 années Il y a

    Je suis bien d’accord avec le point de vue qu’attaquer l’école privée ne changera rien au problème.
    A mon avis, la seule façon que le public récupère ces «transfuges» du privé est de les reconnaitre pour ce qu’ils sont: des élèves ayant beaucoup de capacité.
    Et la seule piste que je vois est de remettre dans les écoles publiques cette notion d’élèves faibles, normaux et forts.
    Anciennement appelés allégé, normal et enrichi.

  4. Jean Desjardins 11 années Il y a

    Monsieur François, à quoi bon que le public récupère ses enfants prodigues si c’est pour recréer les inégalités du privé sous un vernis d’institution publique? Les classes homogènes que vous vous proposez de ramener vont contre les valeurs que doit selon moi défendre l’école. À quel âge devient-il important que l’institution scolaire serve au tri social ? En répondant la sixième année du primaire, on passe complètement à côté de sa mission de socialisation des jeunes. On perpétue une école où la finalité est de se faire évaluer plutôt qu’apprendre.
    Je suis de ceux qui croient qu’en plus de profiter aux novices, il y a des stratégies d’enseignement en classe hétérogène qui serviront autant ceux qui ont de la facilité que si on avait regroupé cette élite entre elle. En histoire, mes élèves travaillent en équipe vu la richesse des sources et de la complexité des problèmes d’histoire que je leur soumets. (Mon cours est un défi pour tout le monde, même pour le cégépien où l’universitaire qui s’assoirait dans ma classe. D’eux j’attendrais des réponses plus complètes et d’une plus grande profondeur).
    Par modelage, j’apprends aux élèves à reconnaître leurs besoins d’apprentissage et ceux de leurs pairs. En laissant les élèves plus fragiles énoncer les premiers éléments de réponse, les plus solides comprendront la nature d’une erreur de raisonnement historique. Puis en prenant conscience des stratégies de lecture et de résolution de problème à consolider chez leurs collègues, ils raffinent les leurs. Je crois que les équipes où les disputes d’histoire sont fécondes atteindront véritablement un niveau de compétence plus grand, sans compromettre l’égalité des chances. Cette troisième année de suite en classe de troisième secondaire va je crois le confirmer.

  5. Photo du profil de SylvainB
    SylvainB 11 années Il y a

    Sur le plan pédagogique, qu’on nous donne les moyens d’intervenir intelligemment au lieu de mettre en place des plans dont on ne connaitra presque rien avant longtemps « sur le plancher des vaches », directement dans le milieu…
    Sur le plan administratif, qu’on simplifie les procédures: trop d’intermédiaires ajoutent une couche de paperasse ou de bureaucratie, ce qui ralentit tellement la mise en place de solutions pertinentes que l’«appareil éducatif» en reste paralysé aux trois quarts… Ainsi, par exemple caricatural (si peu…), on évalue l’évaluation d’un comité évaluatif abolument «nécessaire» pour évaluer l’application du plan qui vise l’application de la mesure xyz découlant de ce plan, et ainsi de suite… Ça devient rapidement cul-de-sac comme mise en place de solution et, en bout de ligne, dans LES classes, auprès des ÉLÈVES eux-mêmes, il ne reste rien de concret. Les profs continuent de se débattre dans un Jell-o administratif bureaucratisé, avec trop peu d’autres intervenants compétents, etc.
    Vivement un allègement de structure, svp ! Voilà ce qui encrasse l’école publique !

  6. Photo du profil de JeromeParadis
    JeromeParadis 11 années Il y a

    Concernant la mise à jour…
    De plus, abolir les subventions au privé ne favoriserait-il pas davantage la notion d’élitisme tant décrié par plusieurs?
    Si les frais doublent, le privé ne sera plus autant accessible à la classe moyenne pour ceux qui croient en ses vertus. Il me semble que ce serait d’aller vers un système américain où le clivage des classes et l’écrémage » est encore plus prononcé.

  7. Photo du profil de ericNoel
    ericNoel 11 années Il y a

    Ce qui me fait hérisser le poil, à chaque fois que ce débat devient la saveur du jour, c’est la montréalisation de celui-ci.
    Montréal n’est pas le reste du Québec. Et il ne faut pas réfléchir à cette question sans prendre en considération l’intégralité du territoire. Je ne veux rien enlever à la presse, mais je doute qu’on ait pris le temps de visiter les écoles privées de Métabetchouan ou de Baie-Comeau. L’utilisation d’un taux de rétention de 50 % est la preuve d’une vision métropolitaine.
    En région 50 % c’est la fermeture.
    Et l’on fait tout un plat sur la sélection, en région, la réalité veut que les jeunes fassent deux examens, celui de l’école privée et celui de l’école publique (du genre « école internationale « ).
    J’apprécie la mise à jour, elle se rapproche davantage de la réalité de TOUT le Québec.

  8. Photo du profil de Leprofesseurmasque
    Leprofesseurmasque 11 années Il y a

    M. Asselin,
    Bon, vous me reprochez gentiment de ne pas faire «dans la dentelle», mais un lecteur attentif notera que j’ai pris soin de parler de certaines écoles privées et de ne pas généraliser ma pensée à l’ensemble des établissements de ce type. «(…)je n’y ai rien vu qui assure à l’école publique une amélioration des services d’éducation», dites-vous. Et vous avez bien raison parce que ce n’était pas le but de mon billet!
    Mon but était de montrer que le pseudo succès de plusieurs écoles privées s’explique souvent par des pratiques discriminatoires et sélectives, que celles-ci disposent d’avantages» que n’a pas le public, qu’il est «purement injuste de comparer l’école publique avec ces établissements d’enseignement» et que plusieurs de ces derniers ne remplissaient pas véritablement leur mission éducative.

  9. Photo du profil de Leprofesseurmasque
    Leprofesseurmasque 11 années Il y a

    M. Asselin,
    En passant, si vous me le permettez, je pense aussi que La Presse lance un offensive contre l’école privée pour mousser l’école publique.
    Peut-on critiquer l’école privée? À ce que je sache, on peut critiquer l’un sans valoriser l’autre, non?

  10. Photo du profil de Mario Asselin
    Mario Asselin 11 années Il y a

    @prof masqué
    Je crois que l’école privée de Montréal mérite toutes les critiques dont elle fait l’objet ces jours-ci. Venant de La Presse et de la FAE. Je sais… je ne fais pas «dans la dentelle» moi non-plus 😉
    Par contre, au demeurant… ça n’aidera en rien l’école publique.
    Et ça, c’est dommage.

  11. Photo du profil de Mario Asselin
    Mario Asselin 11 années Il y a

    @prof masqué
    En passant, vrai que vous n’avez pas trop généralisé dans votre billet. Pourquoi vous avoir associé avec «la dentelle», vous dites?
    J’avais probablement en mémoire un extrait de ce billet de cet été:

    «La première véritable question, quant à moi, est: est-ce le rôle de l’état de subventionner une partie de ces services privés qu’il devrait normalement offrir à tous les jeunes? Si on reportait cette situation dans un autre domaine d’activités, on verrait tout de suite que la réponse serait non pour bien des Québécois. Par exemple, seriez-vous en faveur que l’État paie 60% des frais médicaux de ceux qui ont les moyens de faire appel à des cliniques privées en payant 40% de la facture? Pourquoi la réponse est-elle différente en santé d’en éducation alors qu’au fond, on est devant un contexte identique? La deuxième question a déjà été posée il y a quelque temps lorsqu’on a parlé de ghettoïsation de l’éducation. Certains parents choisissent le privé pour éviter que leur enfant aille à l’école publique. Est-ce normal que l’État subventionne cette pratique ségrégationniste? Les termes en italique sont un peu forts, je le concède, mais pas insignifiants. Encore une fois, si on reporte cette question dans une autre, la réponse est non pour plusieurs Québécois.»

  12. Daniel Trottier 11 années Il y a

    Mario,
    La très grande majorité des établissements privés, y compris ceux « de Montréal », ne se reconnaît pas dans le dossier à charge de La Presse du samedi 10 octobre, coiffé du titre choc « Pas de pitié pour les faibles ». Les journalistes y décrivent un monde impitoyable qui ne s‘embarrasse pas d’états d’âme quand vient le temps d’expulser des élèves. L‘image projetée est celle d’éducateurs n’ayant que peu de valeurs sinon celle de l’excellence à tout prix, sans aucune préoccupation pour ceux qui ne cadrent pas dans un univers rongé par le vice de l’élitisme et corrompu par l’irrépressible besoin de performer aux palmarès.
    C’est ça, l’école privée « de Montréal » ? On est sérieux, là ?
    Tout ça ne correspond pas à la réalité. L’école privée « de Montréal » ne mérite pas ce genre de jugement lapidaire et tu le sais très bien. Tu en connais pourtant des profs et des directeurs qui oeuvrent en ces milieux et se défoncent pour les jeunes que des parents leur confient. Ça existe à Brébeuf, à Regina Assumpa, à Jean-Eudes. Tu sais aussi que la qualité de leurs interventions et de l’encadrement peut faire la différence entre réussite et échec, entre persévérance et décrochage. On pourrait opposer aux témoignages servis par les journalistes ceux de parents et d’élèves fragiles, oui, fragiles, que l’école privée a soutenus et accompagnés avec succès tout au long de leur parcours. L’école privée n’a pas le monopole de l’excellence, tout comme l’école publique n’a pas celui de l’éthique sociale et du soutien aux plus démunis.
    Alors, « école privée de Montréal » vs celle du reste du Québec… Une petite clique du Plateau avec ça ? Franchement, Mario, pas fort.

  13. Le professeur masqué 11 années Il y a

    M. Asselin,
    Je corrige une phrase écrite de travers plus tôt. Je ne pense pas que La Presse lance un offensive contre l’école privée pour mousser l’école publique. Elle critique une certaine forme d’écoles privées. Point.
    La Presse ne se gêne pas pour critiquer le réseau public non plus quand elle en a l’occasion et on ne se met pas à la suspecter d’être pro-privée ou alliée de la FAE pour autant.
    Et il faudra bien qu’on accepte la critique de temps en temps du côté du privé… On se lave assez souvent les pieds sur le public et on dénigre fréquemment ce réseau dans certains établissement privés.
    J’ai visité des établissements privés avec ma fille – dont certains que La Presse mentionne – et j’en ai entendu des croustillantes, croyez-moi.
    M. Trottier,
    Tout d’abord, je ne vois pas ce que la clique du Plateau fait dans ce débat… Il faudrait me l’expliquer parce que votre propos est très nébuleux là-dessus.
    La Presse a aussi parlé d’exemples positifs à Montréal et en région, tout comme elle a parlé d’exemples négatifs également à Montréal et en régions.
    Cela étant dit, le taux de rétention des élèves au secteur privé est assez parlant à mon avis. D’autant plus que ce chiffre est largement compensé par le fait qu’on puisse compenser avec les élèves ayant quitté par ceux se rajoutant au fil des années.
    Dans certains établissements, on sélectionne avant et on élimine pendant. Qu’on y retrouve des éducateurs humains, je veux bien, mais je pense que La Presse s’attardait à décrire un système axé sur la performance.
    Pour ce qui est du soutien de l’école privée aux plus démunis, je connais certaines initiatives heureuses (M. Asselin en a déjà parlé), mais n’espérez pas me tirer des larmes quand le motif de départ de plusieurs élèves est «Incapacité de payer» ou «Motifs disciplinaires».
    Acceptez donc la critique et voyez donc ce que vous pouvez faire pour améliorer ce milieu.

  14. Photo du profil de Mario Asselin
    Mario Asselin 11 années Il y a

    Daniel,
    Je crois que ces articles étaient nécessaires, bien qu’injustes pour bon nombre d’écoles privées de Montréal. J’observais «l’effet palmarès» du temps où j’étais «de l’intérieur» et ça s’est amplifié dans trop d’écoles. Il faut dénoncer les pratiques d’exclusions systématiques, même si ça passe par une forme de généralisation injuste pour des écoles comme celle que tu diriges. Injuste pour le Collège Mont-Royal, le Collège Saint-Jean-Vianney ou le Collège Reine-Marie et j’en oublie d’autres…
    La région de Montréal offre ceci de particulier qu’il y a beaucoup de demandes pour le nombre de places disponibles dans plus d’une vingtaine écoles; cette situation est unique au Québec, tu le sais bien Daniel. L’existence de cette «manne» commande beaucoup de responsabilités de la part des directions d’école. En ce sens, il y a une situation unique à Montréal pour le privé. Désolé de tourner les coins ronds… et merci pour les précisions que tu apportes.

  15. Photo du profil de MarcSt-Pierre
    MarcSt-Pierre 11 années Il y a

    Bonjour Mario,
    Il est tant qu’à moi acquis que la liberté de choisir, surtout quand on la finance à hauteur de 60%, contribue au phénomène de détermination sociale des résultats scolaires. Là où il est le plus facile de choisir et possible de le faire, on observe des écarts de réussite plus marqués entre ceux qui ont des moyens et ceux qui n’en n’ont pas.
    D’autre part, la concurrence entre les réseaux ne semble pas contribuer positivement à l’amélioration globale des résultats des élèves du Québec. Le travail d’enquête de Lessard et Blais à ce sujet est assez parlant: les écarts se creusent.
    D’autre part, une étude disponible sur le site du MELS, dans la section de la veille ministérielle, suggère que les parents, au-delà du discours « officiel », ne choisissent pas un établissement scolaire en fonction de sa « performance » mais en fonction des réseaux sociaux auxquels ils donnent accès.
    Il n’y a rien là-dedans qui milite très fort en faveur de l’équité et de la justice sociale. Et pour la mixité sociale, on repassera. J’ai eu eu l’occasion de discuter avec Jean-Pierre Proulx de ses propositions sur le financement des établissements privés. Elles ne vont pas assez loin. Il faut ajouter un élément et introduire le principe de responsabilité territoriale.
    Il devrait incomber à tous les établissements d’enseignement d’un territoire donné la responsabilité d’organiser une offre équitable de services éducatifs pour la population de ce territoire dans une perspective de développement social et durable.

  16. […] me semble qu’on n’en a jamais autant parlé que cette année. Moi-même, j’ai écrit ce billet plus tôt cette semaine qui touche à ce sujet. Le film Les enfants du palmarès, sera diffusé à Canal D, le 18 octobre […]

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