De l’urgence de former des artistes (ou des gérants d’artistes) au Web 2.0

Je suis encore en vacances. À cinq jours de mon retour au travail (et parce qu’il fait froid en Floride ce matin j’imagine), plusieurs membres de la famille se sont donné «la permission» de reprendre un peu «le collier» du travail, le temps d’une avant-midi. Une sorte de réchauffement en prélude du vrai retour. J’aurais mille choses plus importantes à faire puisque les gens semblent avoir repris le boulot depuis lundi, mais je juge que c’est par mon blogue que ma démarche de retour «professionnel» sera la plus enrichissante. Je suis encore en vacances, j’ai donc encore le privilège de ne penser qu’à la satisfaction de mes besoins personnels!
Parmi les éléments de l’actualité qui m’ont rejoint où j’étais, il y a évidemment eu toutes ces questions de sécurité dans les aéroports. J’ai bien aimé lire la chronique de Rima Elkouri qui montre «qu’aucune posture n’est vraiment satisfaisante dans ce débat» pour ceux «qui tiennent autant à la lutte contre le terrorisme qu’au respect des idéaux démocratiques». Triste.
À part les listes de «top machin», les billets sur les tendances 2010 (j’en retiens un pour la forme) et ce qui a touché au hockey ou à la météo, je n’ai pas été particulièrement captivé par du contenu sur le peu de temps que j’ai passé sur La Toile. Il y a quand même l’abondante production entourant le malheureux décès de Lhasa de Sela.
En 2009, j’ai commencé à contribuer à la formation de certains artistes et des gens qui les entourent. Les former à l’univers des nouveaux médias, des réseaux sociaux et du Web participatif en général n’est pas une mince tâche. Les résistances sont nombreuses comme en éducation et dans les autres domaines où j’interviens. Je n’ai donc pas été très surpris de ce qui est arrivé dans le cas du départ de cette belle voix. Geoffroi Garon résume bien la séquence des événements pour qui l’aurait manquée. Je n’en ai saisi en direct que quelques bribes et j’ai été frappé par le nombre de contributions qui ont été effacées du Web autant d’Audiogram (la maison qui «gère» la carrière de Lhasa de Sela) que d’internautes. Dans le contexte où j’aurai à intervenir au début de 2010 dans quelques mandats de formation avec des organismes en culture et des artistes, je veux garder ici certaines traces que je juge importantes en terme d’inspiration:

  • «Je crois que dans l’écosystème de l’information, le « scoop » a été définitivement perdu pour les trads au profit des réseaux sociaux. Mais l’écosystème a besoin de tous ces acteurs…». Martin Lessard chez Geoffroi Garon.
  • «Un jour, il faudra que ceux qui tiennent des blogues et qui y déversent le contenu complet de leur vie et de celle des autres se posent des questions sur leur éthique personnelle si tant est qu’elle existe. En attendant, une belle et mystérieuse étoile s’est éteinte. Qu’elle repose en paix dans la nuit». Nathalie Petrowski dans sa chronique de La Presse.
  • «Qu’elle le veuille ou non, matante Pétro doit s’adapter à la nouvelle réalité de l’information instantanée et cesser de geindre son pouvoir perdu. J’aimais Lhasa. Profondément. Je ne crois pas, en mon âme et conscience, lui avoir manqué de respect, ni à la famille, en annonçant sur la place publique son départ après deux jours. Et prétendre cela équivaut à affirmer, par la même occasion, que mes «sources» étaient également d’exécrables vautours qui voulaient s’approprier son exil». Claude André (celui qui semble à l’origine des premières «nouvelles» de l’annonce de la mort de Mme de Sela) dans un billet sur son blogue.
  • «Malheureusement, l’on aura pu voir se dérouler en direct sur le Web un véritable cafouillage médiatique. Quelques leçons sont à retirer de cet événement tragique. Tout d’abord l’on ne peut plus nier le pouvoir des médias sociaux. Encore une fois la nouvelle aura vu le jour sur le Web avant de se répandre sur les ondes et les pages des médias traditionnels. L’on remarque de plus en plus combien les réseaux sociaux qui diffusent l’information en temps réel ne peuvent être muselés. De nos jours, les médias sociaux sont de plus en plus crédibles. Le Web est de plus en plus légitime. Avec cette décennie qui débute, il faudra bien faire avec». Sandra Bellefoy dans un billet chez Synchro-blogue.com.
  • «On dira qu’ici, Audiogram n’a-pas-compris-la-nature-des-communications-à-l’ère-des-réseaux-sociaux. Faux, Audiogram n’a rien compris de la communication, point.» Patrick Lagacé sur son blogue.
  • «Les médias ont longtemps pensé que notre attention leur était acquise, mais un nombre croissant de sociétés se la disputent désormais. Avec l’internet, la possibilité pour tout un chacun de créer, diffuser et relier ses propres contenus y ajoute encore de nouveaux acteurs. Les technologies internet démantèlent et remanient les structures de distribution. A l’heure où les obstacles à la distribution s’effondrent, l’acte de distribution devient beaucoup moins important que l’acte de consommation. “Le pouvoir n’est plus entre les mains de ceux qui contrôlent les canaux de distribution, mais de ceux qui contrôlent les ressources limitées de l’attention”, c’est-à-dire tout un chacun. Le démantèlement des structures traditionnelles de distribution nous pousse à construire de nouvelles formes de diffusion de l’information. Comment l’information circule-t-elle différemment aujourd’hui ? Qu’est-ce qui a changé ?». Hubert Guillaud dans un long (et pertinent billet) chez InternetActu, «danah boyd : Ce qu’implique de vivre dans un monde de flux».
  • «Je ne crois pas au Web des Intentions, mais suis réellement préoccupé par le Web des Emotions, et la manière dont il pourrait, pour le meilleur comme pour le pire, influencer nos actes». Thierry de Baillon sur son blogue.
  • «La vie privée est un privilège acquis il n’y a pas si longtemps que cela, et partagé essentiellement par les hétérosexuels blancs de sexe masculin…». Jean Marc Manach dans un long (et pertinent billet) chez InternetActu, «Vie privée : le point de vue des “petits cons”».
  • «Aucun média n’essaye de transformer Lhasa en vedette. Tout le contraire de sa personnalité. Il n’y a pas d’enflure médiatique. Les médias rapportent seulement une nouvelle. La disparation d’une grande artiste qui a marqué son temps et qui est trop vite disparue». Cécile Gladel sur son blogue.
  • «Le problème avec les médias de masse, c’est qu’ils croient toujours s’adresser à la masse.
    Les journalistes écrivent donc à la masse et quand leur média arrive sur le Web et s’ouvre aux commentaires, ce sont bien entendu les commentaires de la masse. (…) Sur le Web, il n’y a plus de masse, il n’y a que des gens». Bruno Boutot sur son blogue.

Médias traditionnels… Nouveaux Médias… confusion des genres ou du pareil au même?

Mise à jour de fin de PM: Après quelques échanges m’impliquant sur twitter avec un des animateurs de la station FM 93, je découvre cette «montée de lait» de Patrick Lagacé. Jusqu’où «cette affaire» va s’arrêter?

Mise à jour du 7 janvier: Louis Lacroix du FM 93 présente ses excuses

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