Une identité numérique en construction

Mise en garde: Ce document fait partie d’un dossier complet produit dans le contexte du colloque «Contenus numériques» se tenant les 4 et 5 février 2010 pour le réseau de l’Université du Québec.

La notion d’identité numérique est au coeur des nouvelles réalités de l’apprenant et de l’école. Elle concerne aussi les enseignants et les professeurs qui ont à en encadrer le développement. Plus les étudiants sont jeunes, plus ils cheminent en réseau, constamment entourés par les gens qu’ils fréquentent à l’aide des réseaux sociaux et ils se racontent, au quotidien. Alors que les adultes tentent de laisser le moins de traces possible sur Internet, les adolescents trouvent souvent louche que des copains soient pratiquement absent de La Toile. Ils laissent des traces de ce qu’ils font, de ce qu’ils sont et de ce qu’ils pensent dans de multiples lieux que certains dispositifs agrègent de façon à former un ensemble cohérent qui leur ressemble; tout cela compose leur «identité» dans le vaste ensemble «du numérique» ! Je constatais avec ravissement en ce début d’année scolaire que les enseignants en enseignement de l’UQAM favorisaient l’utilisation des outils du Web participatif dans l’élaboration des portfolios numériques d’apprentissage. Cet exemple, www.mireillelohe.com est éloquent, en ce sens. Au Colloque portfolio, Jacques Raynaud (2009), rapportait le constat suivant dans un gazouillis: « les outils du Web 2.0 concurrencent fortement les outils de portfolio. Ils sont modulaires et rapides !»

Le rôle central joué par les moteurs de recherche est au cœur de la dynamique qui préside à la construction de l’identité numérique. Les jeunes ne laissent pas Google (ni aucun autre moteur de recherche, YouTube étant le plus populaire auprès des 12 à 17 ans, selon la dernière enquête du Céfrio – Génération C) décider à leur place de l’image qui pourrait émerger d’une requête portant son nom. C’est ce qu’on appelle «Googliser» quelqu’un…

Les apprenants 2.0 sont conscients du fait qu’il n’y a plus «un temps pour apprendre» et «un autre pour gagner sa vie»; tout peut leur permettre d’apprendre et ce, tout au long de la vie… Ils savent que leurs futurs employeurs auront besoin d’autres choses qu’un document qui trace le contour de leurs expériences de vie et de travail (curriculum vitae). En ce sens, ils témoignent du développement de leurs compétences en se racontant et on peut consulter facilement le processus de réalisation de ce qu’ils ont fait autant qu’on peut se rendre compte facilement du résultat de leurs apprentissages (ePortfolio). Le portfolio numérique ou électronique est ce lieu qui a pignon sur Web et qui contient autant les traces du processus d’apprentissage que la nomenclature des compétences acquises.

Une des personnes clés à avoir travaillé sur ce concept est Helen Barrett, retraitée de la faculté du «College of Education» à l’Université de l’Alaska Anchorage. Le Dr Barrett (2006) identifie trois questions qui devraient constituer autant d’angles d’une démarche de construction du ePortfolio :

  • What? (the artifacts that I have collected from the past); c’est le blogue.
  • So What? (what these artifacts show about my learning at the present time); ce sont les
    compétences développées.
  • Now What? (my future learning goals); ce sont les défis à relever.

Poser la question de l’identité numérique, c’est « à la fois [traiter] de ce que nous sommes (biologiquement et administrativement), [de] ce que nous exprimons, nos opinions, nos envies et [de] ce que l’on pense de vous, la manière dont vous êtes perçu (Plouin 2009) ».

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Source du schéma réalisé par Guillaume Plouin: «Que sera notre identité de demain ?».

Changement d’orientation professionnelle, production de tout genre et références des gens qui nous ont construit sont également au coeur de sa propre vie numérique qu’il faut s’employer à documenter, en même temps qu’on profite d’une meilleure reconnaissance de ses acquis. Si plusieurs enseignants voient proliférer, avec la multiplication des usages sur Internet, le phénomène de la tricherie scolaire, il faut admettre que le développement sur le moyen et long terme d’une identité numérique affirmée est probablement le meilleur outil pour apprendre à s’affirmer, autant du point de vue du marché de l’emploi qu’au niveau de sa vie citoyenne.

Au même type qu’on voit apparaître dans les entreprises une nouvelle fonction de «community managers» (animateurs de communauté) qui gèrent les marques (le «brand»), les jeunes d’aujourd’hui par le biais du soin pris à «gérer leur identité sur La Toile», gèrent en quelque sorte leur propre «marque» («personal branding»).

Le Web social est en progression et l’enjeu demeure de ne pas perdre de vue qu’il doit servir les apprentissages pour être admis dans le réseau scolaire, peu importe le niveau. Il le sera à condition qu’on reconnaisse davantage la part de l’apprenant en tant participant à la construction du contenu, élément crucial dans le succès de sa formation.

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