Vers une UQ plus numérique?

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Le Colloque UQ – Contenus numériques a rassemblé près d’une centaine d’universitaires du réseau des Universités du Québec triés sur le volet en fonction de leur sensibilité à pouvoir favoriser un certain virage numérique dans l’enseignement universitaire. En début d’après-midi hier, au moment où le responsable de l’animation de l’événement donnait la parole à chacun, j’avais l’impression qu’il s’était passé «quelque chose» dans le groupe. Il faut dire qu’en amont, dans l’écriture du dossier «L’apprenant comme participant à la construction de contenu», on m’avait laissé entendre que «ça ne passerait pas comme une lettre à la poste»…

Après ma présentation du jeudi matin, j’ai senti que l’accueil était teinté de prudence, mais que plusieurs avaient dépassé le stade «de la résistance»; les universitaires veulent aller de l’avant! Je ne veux pas dire qu’ils avaient remisé au garde-robe leur sens critique, mais, à l’évidence, les nombreux retours d’expériences et la qualité des références semblaient leur donner la motivation nécessaire pour envisager de joindre les réseaux de ceux qui ont décidé de mettre en commun leurs trouvailles et leurs expériences.

Ce matin, je ne me fais pas d’illusion. Plusieurs vont s’ouvrir un compte Twitter pour pouvoir lire ce que les plus actifs d’entre nous publions individuellement. Le «hashtag» #UQnumw2, créé pour trouver «du signal» sur l’enseignement universitaire par le numérique à travers «le bruit» de Twitter, faisait consensus… mais va-t-il regrouper autant de contributeurs que l’atmosphère le laissait croire? Certains vont s’inscrire sur Diigo et joindre le groupe UQ numérique, sans vraiment contribuer en référençant du contenu. Quelques-uns vont conserver une certaine curiosité pour le BarCamp «Apprentissage par le numérique», sans vraiment envisager de participer à l’organisation ou même d’assister à l’événement…

Je dois donner l’impression que je reviens de mon expérience universitaire rempli de scepticisme, mais ce sentiment n’est pas représentatif de tout ce que je rapporte de mon expérience. C’est juste que l’exaltation était à son comble hier au sortir de l’événement… Que des commentaires positifs! Je me méfie.

J’ai trop souvent vu dans des dynamiques de groupe où il ne s’exprimait que très peu de points de vue divergents une grande poussée de motivation suivie d’une chute amère et l’arrivée d’une crise qui souvent, permet au groupe de vraiment prendre son envol. J’espère me tromper, mais je serais étonné qu’il y ait bien plus d’une vingtaine de participants à participer activement aux réseaux déjà existants. Certes, certains piliers étaient présents et ne demandent qu’à agrandir la portée de nos réseaux, mais les quelques sourires complices échangés ici et là tout au long des délibérations me laissent croire qu’eux aussi vont doser leur optimisme. Comment interpréter, par exemple, cet appel d’un prof de l’ETS: «La communauté qui semble souhaitée devrait être au service des universitaires qui enseignent»?

Il faut dire que les obstacles sont énormes. La culture universitaire fait en sorte qu’aucune reconnaissance professionnelle n’est attribuée en recherche à la publication Web. Et que dire de l’enseignement universitaire, parent pauvre quand on le compare au domaine de la recherche. Les gens présents hier voulaient tous que la pédagogie universitaire retrouve certaines lettres de noblesse – par le numérique? – dans ce monde éclectique des Phd, mais y a-t-il vraiment des conditions favorables pour qu’un tel phénomène survienne? Il n’y a qu’à regarder dans la sphère publique actuellement; où sont ces universitaires du début de l’implantation de la réforme qui en motivaient la mise en oeuvre? Au moment où la ministre de l’Éducation consacre une réforme de la réforme qui a des airs de retour en arrière, ils se montrent bien silencieux. Pourrait-on croire que ceux qui disposent d’une des plus grandes marges de manoeuvre en terme de prise de parole publique choisissent de ne s’en prévaloir qu’aux moments où des subventions de recherches pointent à l’horizon?

Je le répète… L’événement de jeudi et vendredi dernier m’a impressionné au plus haut point. Le rythme des échanges et la participation de chacun ne pouvaient guère être meilleurs qu’ils ne l’ont été. Les projets FODAR vont probablement contribuer à générer des initiatives intéressantes découlant du colloque. Mais je crois vraiment que quelques mois seront nécessaires pour évaluer le réel impact qu’aura eu la rencontre.

En attendant, nous sommes sous le charme de la citation de Régis Barondeau: «Marcheur, le chemin se construit en marchant (Machado), c’est en marchant que nous construirons l’UQ numérique»!

N.B. Au cas où ça intéresserait des internautes passant par ici, un copain (Yves Otis) me signale qu’il contribue à l’organisation pour le compte du GTN-Québec d’une journée non-conférence sur les environnements numériques d’apprentissage en mutation. Ça se tient le 23 février à Montréal. Le focus semble un peu plus «techno-institutionnel» que pédagogique, mais Yves m’indique que le groupe aimerait bien pouvoir compter sur quelques pédagogues pour «brasser un peu les choses et ouvrir les échanges»!

Mise à jour du 13 février: Le site du colloque est maintenant ouvert et il renferme bon nombre de liens intéressants dont le rapport de l’événement (format .pdf). À venir, l’objectivation de notre animateur, Jean-Sébastien Bouchard…

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2 Commentaires
  1. Photo du profil de JeanTrudeau
    JeanTrudeau 9 années Il y a

    «Pourrait-on croire que ceux qui disposent d’une des plus grandes marges de manoeuvre en terme de prise de parole publique choisissent de ne s’en prévaloir qu’aux moments où des subventions de recherches pointent à l’horizon?»
    Je préfère penser qu’ils n’attendent qu’une invitation pour prendre la parole…

  2. Photo du profil de PatrickGiroux
    PatrickGiroux 9 années Il y a

    Une invitation?
    Ou peut-être croient-ils en d’autres moyens d’intervention… Il est possible qu’ils ne croient plus en la classe politique et aux journalistes qui donnent trop souvent dans la démagogie ou la désinformation par croyance politique ou manque de compétence. Il me semble aussi envisageable qu’ils ne désirent simplement pas le feu de projecteurs alors que les dés sont pipés. Avouez qu’il est facile de comprendre quelqu’un qui ne veut pas prendre la parole dans ce débat qui refuse de vraiment commencer ou de mourir…
    Personnellement, j’ai jonglé avec l’idée d’une lettre et d’une prise de position publique, mais j’ai eu des doutes. J’en ai discuté avec mes collègues. Ils ne sont pas plus convaincus que moi. C’est assez étrange. Le midi, nous discutons de tout et de rien et les débats sont souvent animés.
    Pourquoi ne pas me concentrer sur des interventions au bas de l’échelle, là ou le changement compte, des interventions auprès de mon réseau ou auprès de la génération d’enseignants de demain… J’ai eu l’impression d’avoir un impact réel à Clair. Mes étudiantes sont revenus avec des questions, des idées, des exemples… Des gens dans mon réseau me contacte maintenant pour avoir des conseils, savoir ce que je pense de leur projet et si je veux les accompagner pour documenter ces initiatives. En gros, chaque fois que je pense à mon idée de lettre, un changement ou une initiative à la base de la pyramide me fait oublier ma lettre et me persuade un peu plus que je ne veux pas de débat public sur l’éducation…
    http://pedagotic.uqac.ca/?post/2010/01/14/A-t-on-vraiment-besoin-d-un-d%C3%A9bat-sur-l-%C3%A9ducation

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