La bonne fatigue

Je me sens vraiment comme à la fin d’un marathon. Je bénéficie d’un premier week-end depuis le début de la rentrée scolaire sans avoir en tête la préparation de mon cours à l’Université de Montréal, Communication organisationnelle. L’examen final est écrit et bien que j’anticipe la correction à venir, je me sens déjà un peu plus léger. J’ai grandement sous-estimé la charge de travail liée au fait de «monter un cours». Mais bon… c’est fait maintenant. Ne me reste qu’à l’améliorer en vue de la prochaine session. Les nombreux commentaires reçus au cours de lundi soir dernier vont m’être bien utiles d’autant qu’on m’encourage à persévérer dans la même voie de l’organisation apprenante et du soutien asynchrone par la plateforme de formation axée sur le Web participatif.
La semaine qui vient est la première où je ne donne pas de conférence/formation/atelier depuis la rentrée. Toutes ces occasions d’échanges avec des gens sur les apprentissages, le réseautage et la communication à l’aide des nouvelles technologies en général et des médias sociaux en particulier ne m’a pas procuré que de la bonne fatigue. L’hiver sera chargé…
Je dois reconnaître cette fatigue.
Depuis quelques jours, elle se manifeste dans mon corps. Je ne m’en plains pas, mais je peine souvent à écouter ces signaux qui me prescrivent de ralentir la cadence.
La seule véritable tâche que je m’imposerai cette fin de semaine sera d’activer mes réseaux de façon à mousser l’aménagement de la page du programme du samedi à Clair2011, parce que pour vivre une réelle formule Barcamp, il faudra commencer à mettre de la chair autour de l’os.
Le semaine devrait encore commencer sur des chapeaux de roue; raison de plus pour m’économiser…
Une entrevue accordée à un média ce jeudi dernier sur la base de cette étude du ministère m’a encore ramené sur le sujet des blocages d’Internet par de -trop – nombreuses commissions scolaires. Comment cela va-t-il se traduire dans la publication de mes propos? Je n’en sais trop rien. Cette fois, je suis allé un peu plus loin dans «ma dénonciation» de la situation. Je me suis posé la question : si ce sont les C.S. qui bloquent et que ce sont les mêmes C.S. qui administrent la GRICS… pourrait-on penser que les C.S. bloquent pour protéger les dispositifs de la GRICS dans les écoles? Je parle de ces dispositifs, peu utilisés, selon ce que j’en sais, qui encapsulent les savoirs et servent bien davantage les usages liés à l’administration des écoles que ceux liés à la pédagogie et l’enseignement. Sans compter qu’ils ne contribuent en rien – ou si peu – à aider les élèves dans la construction de leur identité numérique ou dans l’évitement des nombreux pièges de la validité de l’information sur Internet et du respect des autres dans les médias sociaux. Si cette hypothèse s’avère exacte, on comprendra mieux pourquoi on avance si lentement au Québec en terme d’aménagement d’espaces numériques personnels servant véritablement les apprentissages. On verra ce que ça donne.
Paraîtra aussi mercredi, la deuxième édition de fqDE, le magazine en éducation dans lequel je signe une chronique sur l’éducation à la sexualité. Dans le contexte des annonces de cette semaine, mon texte arrivera à point. Disons que ma position se rapproche davantage de celle de Pierre Foglia dans sa chronique d’aujourd’hui, sans réduire pour autant le rôle que l’école pourrait jouer.
Mais avant tout… Éloignons le clavier de mes mains pour quelques heures!
Mise à jour du 12 janvier : Les articles ont paru le 3 janvier 2011, «Les écoles bloquent Facebook» et «Nos écoles en retard». Le prof masqué a commenté ici et j’ai réagi à son billet par là. Aussi, l’Infobourg commente la sortie du rapport du MELS.

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3 Commentaires
  1. Photo du profil de MarieH
    MarieH 11 années Il y a

    Votre hypothèse sur les liens entre les blocages et la GRICS est fort intéressante.
    Le jour où mon employeur a découvert que je bloguais, on m’a clairement stipulé que cela m’était interdit dans le cadre de mes fonctions et que si je devais user de TIC, c’était « GRICS ou rien ».
    Par contre, encore chez nous, je sais par ma direction que les pressions pour bloquer viennent aussi sinon plus des écoles. Ce sont ainsi les directions qui font pression sur notre service informatique pour bloquer les médias sociaux.
    Enfin, d’une manière ou de l’autre, merci d’exprimer publiquement un avis que nous sommes plusieurs à partager, mais que nous ne pouvons exprimer publiquement!

  2. Photo du profil de SylvainB
    SylvainB 11 années Il y a

    GRICS ou rien ?!? J’en reviens pas.
    Comment peut-on vouloir tellement de ces outils anti-conviviaux, la plupart du temps plus ou moins mal foutus, etc. ? Comment peut-on … ça, c’est la question qu’on se pose, sur le terrain, sur le plancher des vaches, le nez au ras de l’asphalte, les questions des profs, quoi, qui se font parachuter des « outils » pour la plupart assez inutiles…
    L’hypothèse de Mario est ici très intéressante en effet. Au moins pour le fait que hors de la GRICS point de salut dans les CS du Québec, ou presque !
    Alors qu’on sait que des tonnes d’outils plus pédagogiques, plus adaptés, existent ailleurs en grand nombre…
    La GRICS, c’est d’abord des outils administratifs. Là, ils peuvent PEUT-ÊTRE être utiles, mais avec toutes les contraintes qu’on (certaines CS ou toutes?) y ajoute (pas d’adresse courriel possible à part celle fournie par la CS – rendant ainsi presque impossible de rejoindre les élèves là où ils sont !), l’outil devient vite d’un usage non pertinent pour l’enseignement, point barre.
    Vivement des outils pertinents ! (En attendant, on en a trouvé et on les exploite, hors des CS en espérant qu’elles ne nous les bloquent pas !)
    Ah oui, il y a tout un monde entre UTILISER et INTÉGRER les TIC. Pour les intégrer, il faut un environnement ouvert, point.

  3. Photo du profil de PatricePrud'homme
    PatricePrud'homme 11 années Il y a

    La réflexion que tu fais m’interpelle particulièrement Mario.
    Alors que j’y occupais les fonctions de directeur des technologies éducatives , j’ai sensibilisé la haute direction au « risque » de ne pas offrir des outils qui tiennent compte de la réalité du XXIe siècle ; il y a longtemps que je suis convaincu que si on n’est pas à l’écoute des besoins nouveaux « sur le terrain », des réseaux parallèles apparaîtront… Ils existent depuis longtemps chez les apprenants ; des enseignants plus nombreux s’organisent pour accéder à des offres en dehors de celles des commissions scolaires… avec discrétion. Moi, je sais d’expérience que la plupart des personnes-ressources du RÉCIT n’ont pas « attendu » après personne pour s’outiller 🙂
    Un jour, alors que j’entretenais des collègues sur de nouvelles façons de faire, plus ouvertes et mieux adaptées à l’ère numérique, une personne m’a déclaré : « les commissions scolaires n’ont pas le choix ». J’ai répondu à mon interlocuteur que je ne croyais pas ; en fait, je suis convaincu qu’elles ont le choix. Il ne leur reste plus qu’à l’exercer… avec notre soutien 😉

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