Le rôle des médias en éducation

Je participais jeudi dernier à une table ronde organisée par le CTREQ qui avait pour thématique « Le rôle des médias en éducation ». En compagnie de Dominique Payette (professeur à Université Laval et auteur du rapport «L’information au Québec : un intérêt public»), Réjean Parent (Président de la Centrale des syndicats du Québec) et Monique Brodeur ( vice-présidente à la recherche et à la mobilisation des connaissances de l’Association des doyens – universités), nous avons échangé pendant 90 minutes sur la nature de la contribution des médias dans les dossiers chauds en éducation, «dans un contexte de redéfinition de la fonction de journaliste et de l’arrivée de nouvelles plateformes de diffusion».

Nous avons commencé à débattre de nos points de vue dans une pré-rencontre d’une demi-heure avec André Chouinard (réalisateur et journaliste à la première chaîne de Radio-Canada). J’ai aimé le ton de nos échanges qui a démontré que nos perspectives n’étaient pas issues des mêmes repères.

Mme Payette a parlé de la difficulté des entreprises de presse à gérer la « complexité » des sujets comme l’éducation. Si l’intérêt public semble avoir été bien servi par le fait de laisser le domaine de l’information aux groupes médias privés, ce n’est plus le cas et l’urgent besoin de redéfinir un statut professionnel pour les journalistes pourrait contribuer à créer un meilleur rapport de forces, au bénéfice de meilleures conditions de travail pour les «professionnels» de l’information qui n’ont plus la capacité de fournir du matériel neuf, devant se contenter de toujours recycler les mêmes nouvelles ou de les commenter.

Réjean Parent s’est montré critique avec les nouveaux médias qui contribuent davantage à mêler tout le monde qu’à informer. Il a fait la distinction entre les titres de manchettes souvent pompeux et le contenu des informations diffusées par les masses-médias qui s’avèrent plus souvent nuancé et donc, beaucoup plus juste et acceptable. Mais est-ce que les gens vont plus loin que les titres?

Monique Brodeur a déploré que les universitaires ne soient pas plus sollicités dans les cahiers promotionnels pour donner de la valeur au contenu et a rassuré les participants sur le fait que les chercheurs veulent s’investir de plus en plus dans la prise de parole en public, « même par l’entremise des nouveaux médias»… «Nous avons quitté notre tour d’ivoire depuis un bout de temps!»

De mon côté, j’ai évidemment invité tout le monde présent à se doter de « son propre média citoyen ou institutionnel » par l’entremise des médias sociaux (incluant blogues, wikis, Facebook, Twitter et autres dispositifs d’échange et de partage de contenu numérique). J’ai brièvement témoigné de mon passage vers le numérique (octobre 2002) au moment où je trouvais qu’on malmenait les changements à faire en éducation à travers les grands médias. Le fait d’avoir commencé à prendre la parole et à joindre la conversation m’a mis en réseau autant avec « les professionnels » de l’information, qu’avec les enseignants, les parents, les étudiants et les cadres scolaires. Je ne m’en porte que mieux…

S’affirmer par le biais du numérique, plusieurs le font maintenant et je disais d’ailleurs à Mme Payette que nous connaissions souvent moins les biais des journalistes que ceux des blogueurs. M. Parent a quand même fait preuve de discernement en ne mettant pas tous les internautes-producteurs-de-contenus dans le même panier; j’ai quand même bien senti qu’il entretenait plusieurs réserves sur la façon dont les médias (toutes les sortes de média) traitaient l’éducation en général et les enseignants, en particulier. Il m’a paru exaspéré; par ses interventions, on sentait un certain ras-le-bol. En même temps, dans l’informel, il s’est montré très sympathique à mon égard. J’ai compris par ses allusions aux dossiers de l’Ordre professionnel et de l’évaluation des enseignants qu’il avait été informé de certaines de mes positions. Il n’a raté aucune occasion de me taquiner sur ma propension à consulter mon écran de temps à autre…

J’aurais aimé pouvoir rester après la fin de la table ronde parce que la grande valeur de l’expertise des gens sur place aurait commandé que je puisse discuter avec chacun d’eux… Partie remise.

Il faudra reprendre ce genre d’exercice dans la mesure, entre autres, où j’ai appris que les règles du jeu des organismes qui subventionnent la recherche incluent maintenant la publication sur le Web (source : Mme Brodeur); les universitaires vont peut-être débarquer en plus grand nombre dans nos réseaux…
Merci au CTREQ d’avoir pensé que je pouvais apporter une contribution intéressante à cette discussion.

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2 Commentaires
  1. Véronique D'Amours 6 années Il y a

    Je vous remercie, au nom de toute l’équipe du CTREQ, d’avoir participé à cette table ronde en y apportant une perspective étayée et constructive de l’utilisation des nouveaux médias en éducation.
    Je viens de mettre en ligne le compte rendu du CTREQ sur le RIRE. Vous pourrez le lire à cette adresse : http://rire.ctreq.qc.ca/2011/09/les-medias-en-education-compte-rendu-de-lactivite-speciale-de-lassemblee-generale-anuelle-du-ctreq/
    Au plaisir de poursuivre la discussion dans le cadre du colloque du CTREQ en 2012,
    Véronique D’Amours

  2. […] participais à un panel avec Réjean Parent (Président de la Centrale des syndicats du Québec) et son témoignage allait […]

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