Les élèves en difficultés : pas de classe !

Note : Ce billet a d’abord été publié au Journal de Québec dans la section « blogue ».

La situation actuelle en éducation ne favorise pas du tout les élèves en difficultés.

Quand on regarde du côté des jeunes familles, les pressions augmentent et il devient de plus en plus clair que les enfants en difficultés risquent davantage d’écoper qu’auparavant. Hier, on apprenait que le revenu disponible des jeunes familles d’aujourd’hui par rapport à celles du milieu des années 1980, est en baisse.

«Autrement dit, les jeunes Canadiens entre 25 et 29 ans gagnent moins que leurs aînés, qu’il s’agisse d’hommes ou de femmes, d’individus ou de couples et ce, tant avant qu’après impôt.»

On sait déjà qu’il y a un nombre record d’enfants en difficulté. Le nombre de divorces ne va pas en diminuant et le nombre de familles monoparental n’a de cesse d’augmenter. La tension sur les enfants en difficultés s’accroît.

Pendant ce temps-là, dans le réseau scolaire, on aimerait pouvoir constater une forme de compensation, une augmentation du nombre de spécialistes (orthopédagogues, psychoéducateurs ou travailleurs sociaux) qui feraient du dépistage précoce et qui interviendraient en support aux enseignants pour s’assurer qu’aucun enfant ne sache pas lire ou écrire à la fin de sa première année d’école, à six ou sept ans. C’est LA cause principale du décrochage…

C’est l’inverse qui se passe.

Je ne souhaite pas que les familles se déresponsabilisent, bien entendu. Les papas et les mamans sont les premiers témoins d’un retard que pourrait prendre leur enfant sur le plan scolaire, qu’il soit causé par un problème de comportement ou d’apprentissage. C’est à eux, en premier de réagir.

Mais actuellement, est-ce possible, s’ils réagissent, de penser obtenir des services ?

Le Journal Le Devoir nous apprend ce matin que les services de garde en milieu scolaire écopent, à cause des coupures. Pourtant, on connaît des études qui démontrent que des enfants en difficultés «ayant fréquenté régulièrement un service de garde avant l’entrée à la maternelle sont moins susceptibles d’être vulnérables que ceux ne l’ayant pas fréquenté régulièrement», en particulier pour les jeunes garçons (exemple).

Du côté de l’ouverture de classes de maternelle 4 ans à temps complet en milieu défavorisé, on ne peut pas dire que le rythme s’accélère, si on en croit certaines informations. Même dans une région où on se dit que ça va mieux, on parle de très peu d’élèves en milieu défavorisé rejoints.

Je me serais attendu à ce que ce matin, le gouvernement accepte la proposition de convoquer une commission parlementaire sur l’effet des coupures en éducation sur les élèves en difficultés. À ce que je sache, le gouvernement affirme que le climat actuel concernant les difficultés à équilibrer les finances publiques ne devraient pas toucher les services directs, en particulier ceux qui répondent aux besoins des élèves en difficultés. La tenue de cette commission parlementaire aurait pu illustrer concrètement que le mot d’ordre n’est pas suivi et que la situation de l’aide aux enfants en difficultés se dégrade.

On aurait pu se servir des démonstrations pour exiger des milieux qu’ils envoient l’argent là où on en a besoin…

L’an dernier, la ministre actuelle de la Famille avait donné son appui à la tenue d’une telle commission parlementaire, du temps où elle était députée de l’opposition et critique en éducation. Cette fois, sa formation politique est au pouvoir, et elle refuse d’y voir plus clair.

Pendant qu’il y a de plus en plus d’enfants en détresse, alors que l’écart entre filles et garçons se creuse, au moment où on apprend que la formation des nouveaux enseignants dans les facultés des sciences de l’éducation s’en irait à la dérive et surtout, en cette période où on choisit de tenir des élections scolaires à 20 millions $ plutôt que d’embaucher des spécialistes, il me semble que les priorités ne vont pas au bon endroit.

En santé, il semble qu’on soit capable de se concentrer sur la réduction du nombre de cadres pour atteindre nos cibles budgétaires et ainsi protéger les services directs (décision prise d’abolir les agences de la santé, selon 1, 2). Pourquoi est-ce impossible de procéder de la même façon en éducation ?

On manque de classe envers les élèves en difficulté, dans les deux sens du terme.

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