PKP pourrait-il siphonner l’électorat caquiste ?

Note : Ce billet a d’abord été publié au Journal de Québec et au Journal de Montréal dans la section « blogue ».

La publication hier d’un sondage Léger Le Devoir-Le Journal a fait dire au candidat en avance dans la course à la chefferie au Parti québécois (PQ) Pierre Karl Péladeau (PKP) «qu’il avait le bon profil pour siphonner l’électorat caquiste» (source). Qu’en est-il vraiment…

Je m’identifie à la Coalition Avenir Québec (CAQ) depuis les débuts de l’aventure politique de François Legault dans cette nouvelle formation politique. J’ai un point de vue personnel sur ceux qui composent l’électorat de la CAQ et depuis que je blogue au Journal, je me fais un devoir d’exprimer des points de vue qui reflètent avant tout mon opinion bien personnelle. Cela dit, j’ai bien vu dans les différentes interprétations de ce sondage que la potentielle arrivée de PKP à la tête du PQ faisait perdre cinq points au score de la CAQ dans les intentions de vote.

D’ailleurs, le Parti libéral (PLQ) perdrait lui aussi cinq points avec l’arrivée du député de Saint-Jérôme à la tête du PQ. La seule différence entre le PLQ et la CAQ réside dans le fait que PKP est le seul «des quatre chefs potentiels» qui ferait perdre des points à la CAQ, alors qu’au PLQ, quelque soit le chef élu, le PLQ perdrait de trois à cinq points, selon ce coup de sonde.

Néanmoins, la déclaration de PKP laisse entendre qu’il s’intéresse particulièrement à l’électorat de la CAQ : «Je représente le domaine économique, l’entrepreneurship et c’est ça, je pense, qu’on recherche du côté des électeurs de la CAQ et puis aussi l’enrichissement de la collectivité».

Ce n’est pas faux.

Ce que cette déclaration ne dit pas, c’est que PKP est perçu dans l’électorat en général comme étant celui qui souhaite le plus au PQ ramener à l’avant-plan l’enjeu de la souveraineté du Québec. Sa dernière déclaration le confirme et les résultats du dernier scrutin au Québec l’ont bien démontré. Il faut savoir qu’en général, la CAQ regroupe justement la plus grande proportion de citoyens qui sont excédés par le débat référendaire. De plus, il est de notoriété publique que de moins en moins d’électeurs de la CAQ voteraient pour l’option du «oui», dans un éventuel référendum. Cet extrait d’un sondage Léger publié en novembre 2014 pour le compte du Devoir les situe à 20%…

Sur son blogue, Jean-François Lisée affirmait dernièrement qu’il n’y avait «qu’un socle de 28% de souverainistes solides» actuellement, au Québec. Puisque le sondage du Devoir de novembre dernier situe à 36% le nombre de ceux prêts à voter pour la souveraineté du Québec, je crois pouvoir affirmer que le 20% de la CAQ est une estimation réaliste.

Je ne crois pas, dans ces circonstances, que le potentiel «de siphonage» de l’électorat caquiste soit très important, d’autant que pour le PQ, il faudrait soustraire à la venue potentielle de militants caquistes bon nombre de militants péquistes tentés de migrer vers Québec Solidaire (QS) poussés vers la gauche par la venue d’un chef reconnu pour ses positions anti-syndicales. Le sondage dont je parlais en début de billet montre d’ailleurs quelques points de pourcentage potentiels gagnés par QS, si Pierre-Karl Péladeau devenait chef au PQ.

L’autre argument qui me porte à penser que bien peu de militants de la CAQ seraient tentés par «le moment Péladeau» (expression utilisée par Jean-François Lisée lors de l’annonce de son retrait de la course à la chefferie au PQ) est la bonne performance de la Coalition Avenir Québec dans la tranche d’âge «18 à 24 ans». PKP aura fort à faire avec l’argument de la souveraineté pour attirer au PQ ces jeunes, davantage préoccupés par d’autres enjeux et qui s’identifient de moins en moins à ce combat de la génération de leurs parents ou de leurs grands-parents.

Je suis porté à croire, tout comme Michel Hébert, qu’en disant «tout haut ce dont rêvent les militants péquistes depuis vingt ans», PKP vient de reconfirmer qu’il fait partie des pressés à tenir un référendum sur la souveraineté. Ce n’est pas un argument qui fera migrer une portion importante des électeurs de la CAQ vers le PQ. Si ça se trouve, ça pourrait même en amener un certain nombre vers le PLQ, plutôt, si la venue de PKP comme chef du PQ devait rendre serrés les résultats perçus d’un éventuel vote entre le «oui» et le «non».

Pierre-Karl Péladeau est un «futur chef, pas intéressé à gouverner une province mais décidé de foncer vers la souveraineté du Québec» (source).

Il n’est pas véritablement une menace pour la CAQ, du moins pas dans le contexte d’une potentielle migration des militants caquistes vers le PQ.

Restera à voir si, d’ici l’automne 2018, les deux partis qui ont intérêt à faire du prochain scrutin au Québec une «nième» élection référendaire pourront gagner leur pari.

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