Lettre à Laura, ma petite fille

Note : Ce billet a d’abord été publié au Journal de Québec et au Journal de Montréal dans la section « blogue ».

À cinquante-trois ans, je suis devenu grand-papa jeudi dernier pour la première fois. Une merveilleuse petite fille, à qui j’ai envie d’écrire tout le bonheur qui m’habite…

Ma petite fille,

Je ne te connais que depuis quatre jours et déjà, j’ai beaucoup d’amour à te dire, Laura. D’abord, je voudrais que tu saches à quel point tu étais désirée. Ton papa et ta maman ont préparé ta venue avec beaucoup d’attention et de soins. Dès l’annonce de ta venue prochaine, tu as fait le bonheur de toute la famille.

Comme je suis le papa de trois garçons, tu comprendras que l’arrivée d’un bébé fille est un événement que j’ai le goût de célébrer en grand. Au moment où je t’écris, on vient de vivre la journée des femmes. Quand tu seras grande, il faudra te souvenir que plusieurs personnes ont lutté pour tu naisses dans une société où l’égalité entre les hommes et les femmes a de la valeur. Si ce n’est pas encore tout à fait acquis, inutile de te dire que ton arrivée me procure la plus belle des motivations du monde (si j’en avais besoin) à redoubler d’ardeur pour qu’on y arrive…

Ta naissance marque pour moi un passage important dans ma vie d’homme: tu me fais grand-papa!

Grâce à toi, je connais ce bonheur de vivre un amour inconditionnel, un peu comme avec l’arrivée de mes enfants, mais bonifié par le fait que je suis dans ta vie pour te chérir, avant tout. Je pense moins aux contraintes que tes parents doivent placer sur ton chemin pour bien t’élever qu’aux moments où j’aurai le bonheur de t’accueillir avec tes joies et tes peines.

Comme je sais que tu peux compter sur de bons parents, c’est réjouissant pour moi et mamie Line d’anticiper toutes ces fois où nous connaîtrons le bonheur d’être attentif à tes besoins du moment.

Je t’avoue chère Laura que j’ai pu compter sur des modèles exemplaires de grands-parents qui ont joué un rôle important dans ma vie. Si je peux te donner la moitié de l’amour que tes arrières-arrières grands-parents Henri-Paul et Agathe m’ont donné, tu seras comblée.

Évidemment, ces-derniers temps, tout ce que nous pouvons faire, c’est aller à ta rencontre, chez toi. On ne se tanne pas de te regarder. Comme tu es belle! Tu es calme aussi et quand tu t’éveilles pour ton boire, tu te fais déjà comprendre avec force.

Je ne peux m’empêcher d’imaginer ton enfance, ton adolescence et ta vie de femme. Tu sais, c’est un des grands bonheur des grands-papas d’anticiper la vie future de leurs descendances. Je te raconterai quand tu seras assez grande pour ce genre de conversation…

Pour le moment, tes deux parents qui ont un travail qu’ils aiment sont avec toi à temps plein. C’est une grande satisfaction pour moi de savoir que la société québécoise aménage de belles conditions pour que ton papa et ta maman puissent se concentrer exclusivement sur ce qui t’importe en ce moment. Et je ne parle pas des excellents services que toi, ta mère et ton père ont reçu du Centre mère-enfant Soleil où tu as vu le jour. Les efforts concertés de plusieurs institutions font qu’en 2015, ta naissance a grandement été facilitée par le fait d’avoir placé dans le haut des priorités l’arrivée des nouveau-nés.

Grand-papa était nerveux, bien-sûr, mais très confiant que tout se passe bien. C’est ton père qui m’a annoncé ta naissance et j’avais les yeux dans l’eau en regardant la belle photo de toi qu’il avait déjà pu m’expédier sur mon téléphone portable. Dans le temps de le dire, des dizaines de membres de ta famille ont pu célébrer ton arrivée avec la joie de pouvoir te regarder, à distance. Tu as fait le bonheur de tellement de personnes, toi l’aînée de la famille de chacun de tes deux parents.

Ça me fait drôle de t’écrire ça, mais c’est une forme de privilège d’être l’aînée. J’ai tout plein de récits à te faire sur les responsabilités qui viennent avec ce beau rôle «d’ouvrir le chemin» pour ceux qui vont suivre. J’ai vécu ça, ton père et ta mère aussi sont les aînés de leur famille… ils voudront te raconter, j’imagine. En attendant, tu es une toute petite fille et tu es loin de penser à ton rôle dans la famille et dans la société.

Je voulais ce matin où tu n’es vieille que de quelques jours que tu saches jusqu’à quel point tu as été voulue par ce monde qui t’accueille. De tes parents en premier bien-entendu, en passant par moi et toute la famille, puis la société qui y contribue. Malgré tout ce qu’on pourra te dire dans ta vie future, tu es une enfant que nous avons souhaité voir naître.

La vie est devant toi. Une belle vie.

Sache que ce matin de mars 2015, tu fais déjà notre bonheur.

Et le grand-papa que je suis te remercie Laura de me permettre une autre expérience de la vie que je vais m’employer à vivre avec toute la passion qui m’anime.

Mon coeur qui trépigne encore quand j’entends «papa», je n’ose pas décrire cette première fois où j’entendrai «grand-papa». Grand bien me fasse…

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