Marie Malavoy avait raison

Note : Ce billet a d’abord été publié au Journal de Québec et au Journal de Montréal dans la section « blogue ».

On dit souvent que les réformes d'un gouvernement doivent faire l'objet d'un haut degré d'acceptabilité sociale avant de pouvoir aller de l'avant. Celle qui se prépare sur les commissions scolaires rencontre ce critère.

Quand le reportage publié ce matin au Journal par Daphnée Dion-Viens a annoncé la fin des élections scolaires, on a tous compris que c'était le début de la vraie réforme des commissions scolaires.

Marie Malavoy elle-même ministre de l'Éducation sous un gouvernement du Parti Québécois avait signifié en novembre 2013 que «nous avons à l’heure actuelle un système de taxation qui est arrivé à la fin de sa vie utile». Elle parlait bel et bien de la taxe scolaire.

Quand le ministre actuel de l'Éducation qui fait partie d'un gouvernement libéral vient dire que s'en est terminé de la représentation élective de commissaires scolaires élus dans la parfaite indifférence, il vient lancer, comme sa prédécesseur, le débat de la pertinence de la taxation scolaire.

Financer l'éducation à même les impôts fonciers est une pratique qui paraît de plus en plus dépassée et il est bien que le ministre Blais veuille aussi «réformer le système de taxation scolaire, basé sur la valeur des maisons».

Maintenant qu'un pas dans la bonne direction a été franchi, la fin des élections scolaires ne signifie pas la fin de la démocratie scolaire. On pourrait recentrer vers les conseils d'établissement et les comités de parents la nécessaire représentation en éducation.

Jean-Pierre Proulx (ex-Président du Conseil supérieur de l'éducation) a d'ailleurs proposé un autre modèle de gouvernance qui mise sur «la communauté d'intérêts des corps publics» pour réformer les lieux de pouvoir scolaire. Monsieur Proulx n'est pas reconnu pour avoir de grandes affinitées avec la CAQ (ou avec l'ex-ADQ) et il constatait lui également le manque de légitimité des commissaires. Le fait d'apprendre aujourd'hui qu'une autre formation politique partage le point de vue qui commence à faire consensus ouvre la porte à une vraie réforme du rôle du palier intermédiaire entre le ministère de l'Éducation et les écoles.

Le temps est arrivé d'écouter la population et de ramener l'essentiel des pouvoirs et des ressources près du lieu où sont rendus les services en éducation, l'école.

La suite des événements devrait fournir l'occasion de réels débats vers la meilleure façon de décentraliser les pouvoirs et les ressources vers les écoles.

Déjà on sait que les dirigeants de la Fédération des commissions scolaires (FCSQ) risquent de déchirer leur chemise pour maintenir le statu-quo. Les anglophones voudront maintenir leur prérogative de pouvoir continuer à gérer leurs écoles et cela ne devrait pas poser problème.

Maintenant que nous savons que Québec abolira les élections scolaires, il devient important que le plus de gens possible concentrent leurs efforts vers les réponses à donner aux élèves et aux parents qui veulent que cessent les coupures de services et l'excès de bureaucratie scolaire.

Il faut saluer le pas qui a été fait aujourd'hui dans la bonne direction.

Maintenant qu'un large consensus est à l'effet que la mascarade des élections scolaires était contre-productive, il faut passer rapidement à l'étape de donner le moyen aux écoles de leurs ambitions.

Plus tôt en matinée, j’ai donné plusieurs entrevues sur le sujet (chez Mario Dumont et Demis Lévesque, sur LCN), dont une au FM93 qu’il est possible de réécouter.

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