L’Ontario et la réussite des garçons

Note : Ce billet a d’abord été publié au Journal de Québec et au Journal de Montréal dans la section « blogue ».

Récemment, Joseph Facal a écrit que le règne des filles en éducation était consacré par une importante étude de l’OCDE et que la société devait s’en inquiéter. Justement, ça ne semble préoccuper personne puisqu’on s’applique à faire encore plus de ce qui ne marche pas avec plusieurs garçons à l’école.

Sauf en Ontario, devrait-on nuancer.

Le Journal débute ce matin la publication d’un dossier sur le décrochage scolaire qui comprendra trois jours de publication. Dans ma chronique publiée samedi dans les versions imprimées du Journal, j’évoque le fait qu’en plus des cinq mesures concrètes que nos voisins se sont données, il y a aussi un plan formel qui comprend des interventions ciblées et mieux adaptées aux garçons, en lecture et en écriture, dont on pourrait grandement s’inspirer.

Au Québec, le fossé se creuse en effet. Pour cinq femmes qui entrent à l’université, deux obtiennent un baccalauréat universitaire, alors que c’est le cas pour un homme sur quatre, seulement (source).

Au secondaire, on parle d’un garçon sur cinq qui sort sans aucun diplôme (21,5% des garçons), peu importe le nombre d’années passées sur les bancs d’école, alors que c’est le cas pour 13,6% des filles (source).

Joseph Facal a raison d’insister sur les problèmes en lecture des garçons: «C’est surtout en lecture que l’avance des filles est frappante».

Voilà pourquoi l’Ontario s’est attaqué de front au problème en 2009, en adoptant la stratégie «Moi, lire? Et comment!» qui visait à développer les compétences des garçons en matière de littératie.

Parmi les volets les plus porteurs des actions mises de l’avant, on a aidé les enseignants à choisir des ressources adaptées aux garçons, on leur a fourni plus souvent des occasions de lire et d’écrire sur des sujets qui les allument, on a maximisé l’utilisation du numérique et on a surtout lutté contre l’idée reçu chez les garçons que «la lecture serait un passe-temps pour filles».

Mais pour pouvoir agir au Québec, il faudra commencer par admettre que l’école primaire et secondaire ne propose souvent que des modèles féminins aux garçons.

Reconnaître le problème…
Il suffit d’écouter et de lire ce que les syndicats d’enseignement, le Conseil du statut de la femme et plusieurs groupes féministes véhiculent: adopter des stratégies différentes pour approcher les garçons et les filles en matière de littératie, ce serait «encourager les stéréotypes sexuels» !

En éducation, on est encore pris dans ce débat que sous prétexte d’égalité, il faut faire lire les mêmes livres à tous et proposer les mêmes sujets d’écriture pour éviter tout stéréotypes à l’école.

Sans aller jusqu’à séparer les garçons des filles en classe, il y aurait tant de choses à faire, pourtant.

Adapter l’école aux garçons
«Il faudrait être sourd et aveugle pour ne pas réaliser que les écoles sont souvent bien mal adaptées à l’énergie et aux centres d’intérêt des garçons», affirme Égide Royer (professeur en adaptation scolaire à l’Université Laval), le plus souvent qu’il le peut (source).

Même message dans le documentaire signé Simon Goulet «Un gars c’est un gars», diffusé à quelques reprises sur Ici Radio-Canada et disponible sur Tou.tv: «On dirait que l’école est faite pour les filles!».

L’idée n’est pas de se dire «c’est comme ça, on ne peut rien y changer et il faut excuser le comportement et le manque d’effort des jeunes hommes».

Le message c’est plutôt que pour connecter avec les garçons, l’école peut présenter des tâches qui vont tenir compte du «langage» et des «façons d’être» des garçons, en maintenant les exigences élevées.

À l’école égalitariste d’aujourd’hui, certains sont plus égaux que d’autres et c’est inacceptable.

Mise à jour: Voici les deux autres volets du dossier du Journal sur le décrochage scolaire: «Des profs mieux formées» et «Un plan qui incite les gars à rester à l’école en Ontario».

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