La complicité musicale, selon Marianne Trudel

Note : Ce billet a d’abord été publié au Journal de Québec et au Journal de Montréal dans la section « blogue ».

J’ai assisté jeudi soir dernier à un concert jazz de très grande qualité au Théâtre Petit Champlain. Cinq musiciens virtuoses et improvisateurs ont entraîné chaque spectateur dans des échanges d’une complicité hors de l’ordinaire. On pourrait facilement résumer cette soirée en disant : « La vie commence ici » !

C’est aussi le titre du projet musical qui nous était présenté par la pianiste, compositrice et improvisatrice Marianne Trudel.

J’ai rapidement mis de côté l’idée d’écrire le soir même sur ce que je venais de vivre au sortir de la petite salle du Vieux Québec, tellement l’émotion était enveloppante et prenante. Je me disais que les bons mots ne viendraient pas si vite.

D’ailleurs, en entreprenant la rédaction de ce billet, je ne sais toujours pas s’ils vont venir…

Les musiciens regroupés par notre hôte étaient au sommet de leur art.

Le contrebassiste Rémi-Jean Leblanc, le batteur Robbie Kuster, le saxophoniste Jonathan Stewart et la trompettiste Ingrid Jensen accompagnaient la pianiste.

D’ailleurs, le piano constituait vraiment le centre de l’attention de la soirée, les instrumentistes s’en servant d’une manière ou d’une autre pour valoriser leurs talents. En particulier, Jensen l’a utilisé à de nombreuses reprises comme caisse de résonance pour sa sublime trompette et Kuster a surpris tout le monde au rappel dans son interprétation de La nuit, les lucioles (album Trifolia) avec une touche très particulière sur les cordes du magistral instrument.

Même Marianne Trudel semblait jetée par terre de ce que le batteur de Patrick Watson arrivait à faire pendant qu’elle jouait du piano et que Leblanc utilisait d’autres possibilités offertes par la batterie qui ne pouvait pas être ainsi laissée de côté.

Les harmonies étaient vraiment très jolies…

Le rythme de la soirée était parfait.

« La combinaison de tous ces musiciens me donne le sentiment d’être en vie !» – Marianne Trudel

Au premier «set» commencé sans la présence de Jonathan Stewart, parti visiter un centre-ville qu’il n’avait jamais vu auparavant, s’est succédée une deuxième partie encore meilleure, si c’était possible. Avec quelques pointes d’humour dans ses réparties, Marianne Trudel nous lançait constamment dans des atmosphères remplies de liberté et de surprises.

Alain Brunet de La Presse avait raison d’écrire que le groupe «impose notre silence». La qualité d’écoute des spectateurs s’est avérée impeccable toute la soirée.

À la grâce et la douceur avec lesquelles certaines pièces étaient jouées succédait une énergie complètement folle et débridée dans d’autres.

Mon plaisir était à son paroxysme lors de l’interprétation de la pièce qui porte le nom de l’album qui nous était principalement offerte, La vie commence ici.

Entre les séquences bien connues de ceux qui connaissent l’opus, s’enchaînaient des solos improvisés majestueux. Celui du batteur s’est révélé complètement sublime, suivi d’une contribution toute aussi envoûtante de Rémi-Jean Leblanc.

Difficile d’en revenir.

En fait, je ne sais trop quand je pourrai retrouver dans un concert, un segment aussi bien réussi !

Marianne Trudel raconte dans une vidéo qui présente l’aventure de La vie commence ici qu’elle avait envie de faire table rase de ce qu’elle avait «accumulé» pour «revenir à l’état auquel on devrait toujours être, c’est-à-dire celui d’ouverture, de confiance… comme un enfant qui joue avec une pleine présence, pas de peur, pas de préjugé» (à 1:19). Intéressant de l’écouter nous raconter ce qu’elle avait en tête…

Évidemment, il faut parler de l’influence prépondérante de Ingrid Jensen dans la beauté de ce moment privilégié. Non seulement la trompette de Jensen était toujours à sa place dans les nombreuses constructions au programme, mais l’artiste est parvenue à nous faire oublier l’instrument, tellement la musicalité était à l’avant-plan. Un pur bonheur !

La pièce Urge ou encore mieux, celle-ci (Soon), nous montre de quoi exactement il était question…

Dans son retour sur le spectacle du 2 juillet dernier, le Webzine Info-Culture revient à juste titre sur «la cohésion d’ensemble», les mélodies «libres et audacieuses» et sur le ravissement du public devant la prestation «remarquable et exceptionnelle» du quintette de Marianne Trudel.

L’explication de la pianiste sur l’ingrédient qui compose un tel succès collectif est simple : ils ont tellement joué souvent ensemble !

La complicité musicale repose sur la confiance et l’ouverture, selon Marianne Trudel.

Le Théâtre Petit Champlain en était remplie, jeudi soir dernier. À notre plus grande satisfaction…

N.B. Voici quelques évènements à venir, concernant la musique de Marianne Trudel.

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