Ville-Marie : le tragique y côtoie le pathétique

Note : Ce billet a d’abord été publié au Journal de Québec et au Journal de Montréal dans la section « blogue ».

Plusieurs observateurs ont dit du film Ville-Marie que Montréal y jouait quasiment un personnage aussi présent que les acteurs eux-mêmes. Aussi naturelle que Monica Bellucci, aussi tordue que Aliocha Schneider, aussi intense que Pascale Bussières et aussi tourmentée que Patrick Hivon. Ville-Marie est un film troublant tourné dans la métropole où le tragique se mélange au pathétique.

Montréal y est souvent belle, parfois sublime mais également, son côté sale et complètement désorganisée crève l’écran. Comme Monica Bellucci !

Il faut écouter son entrevue au micro de Paul Arcand pour se rendre compte de l’authenticité de l’actrice italienne. Elle a épousé avec conviction le film de Guy Édoin et si elle transperce autant l’écran, c’est qu’elle s’est vraiment investie dans le rôle de Sophie Bernard, une actrice européenne en tournage qui tente de se réconcilier avec son fils.

Les destins des quatre personnages (la mère – Bellucci, son fils – Aliocha Schneider, une infirmière – Pascale Bussières et un ambulancier – Patrick Hivon) «s’entrechoquent de façon tragique et brutale» (source).

Ça fait déjà plusieurs jours que j’ai eu l’occasion de voir le long métrage, dans le cadre du Festival de cinéma de la Ville de Québec. Je suis encore habité par le destin de cette mère qui a caché à son fils les circonstances dans lequel il est né, et qui sont dévoilées dans le scénario d’un film qu’elle vient tourner à Montréal.

Comme c’est souvent le cas dans ce genre d’histoire, plusieurs scènes de la vie pathétique du jeune adulte en quête d’identité viennent en côtoyer d’autres, complètement surréalistes et tragiques.

L’ambiance du récit nous porte vers des performances d’acteurs. On pouvait s’attendre à cela venant de l’une des «Bond girl», mais il faut dire que tous les deuxièmes rôles sont interprétés avec brio. De mon point de vue, du moins…

Le court topo de Tanya Lapointe le démontre assez bien…

Guy Édoin affirme dans le reportage qu’il «a eu dès le départ l’idée de désacraliser» Monica Bellucci, pour la magnifier. La prouesse du jeune réalisateur est sûrement d’avoir convaincu la grande actrice d’emprunter le rôle de Sophie Bernard pour atteindre le même objectif avec sa carrière d’actrice qu’avec le personnage du film.

Plus belle que jamais sans sa carapace et les artifices.

Je ne connais pas le destin de l’oeuvre cinématographique, mais quand Pascale Bussière affirme (source) « qu’il y aura un avant Ville-Marie et un après Ville-Marie», on a le goût d’y croire…

C’était la première montréalaise ce soir. J’ai bien hâte de lire les critiques.

Moi j’ai beaucoup aimé. Assez pour vouloir le revoir une deuxième fois au moins.

Il y a de ces films dont on ne saisit pas toutes les subtilités au premier visionnement.

Il me faudra attendre jusqu’au 9 octobre, jour où le deuxième film de Guy Édoin (après Marécages) «prendra d’assaut les salles obscures de la Belle Province»…

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