Une école en colloque

Note : Ce billet a d’abord été publié au Journal de Québec et au Journal de Montréal dans la section « blogue ».

Plus de 250 esprits ouverts à l’innovation en éducation sont actuellement réunis dans une école d’un petit village au Nouveau-Brunswick pour trois jours de réflexion et d’échanges. Sous le thème « Voir l’éducation autrement », le Colloque Clair 2016 a la prétention de penser que c’est en mettant en lumière les pratiques éducatives du Centre d’apprentissage du Haut-Madawaska que l’art d’innover sera le mieux servi !

Au moment où de nombreuses organisations scolaires persistent à louer de grands hôtels luxueux ou des centres de congrès pour réunir son monde, une petite école est le théâtre d’un des rassemblements les plus courus en éducation.

Depuis sept ans, du jeudi soir au samedi après-midi de la dernière semaine de janvier, l’école de Clair ouvre ses portes à tous ceux qui sont intéressés par les apprentissages à l’ère du numérique. Au moment où je débute l’écriture de ce billet, une seule activité est au programme : la visite des classes.

Les participants au colloque se promènent dans l’école qui vit une journée de classe comme il y en a des centaines. Seule différence, les enseignants et les élèves de cinq à quatorze ans composent avec les commentaires et les questions des adultes venus principalement du Québec et du Nouveau-Brunswick. Par le biais du fil Twitter #Clair2016 le C@HM est le centre de la planète pédago-numérique.

Jeudi soir, un conseiller pédagogique réputé pour son utilisation éthique des technologies en contexte scolaire a prononcé une conférence devant un parterre d’élèves qui commentaient en direct les propos entendus.

Ce vendredi, la prestation vient d’un membre des Loco Locass de plus en plus présent dans le paysage littéraire francophone : Biz !

Demain, une chercheure de l’Université Laval sera du rassemblement et un enseignant de mathématiques et de sciences viendront aussi nous enrichir de leurs travaux.

Ici, chaque personne présente est un participant actif; il n’y a aucun spectateur !

Chaque année depuis sept ans, les élèves et les enseignants se préparent pour ces trois jours. Ils sont fiers de ce qu’ils viennent apprendre à chaque jour et aujourd’hui, ils le démontrent et nous l’expliquent ! Les participants au colloque sont très heureux de venir dans une école pour réfléchir sur leurs pratiques, mais encore davantage parce qu’on leur permet de vivre une journée d’école avec de vrais élèves et de vrais profs.

Le Centre d’apprentissage du Haut-Madawaska n’a pas besoin de faire de la publicité pour vanter les mérites de son projet éducatif. On n’a qu’à regarder par les fenêtres de l’école que laisse ouvertes autant qu’elle le peut la direction de l’école.

J’écoutais récemment le message du premier ministre du Nouveau-Brunswick à l’occasion du 42ième discours sur l’état de la province. J’ai été surpris par le contexte de son annonce de la création du Fonds pour l’éducation et la nouvelle économie.

Comme un peu partout au Canada, après les coupures et la rigueur, vient le désir de se montrer tourné vers l’avenir…

Sur le coup, j’ai eu l’impression que Brian Gallant ne savait pas qu’il avait dans sa cour un puissant laboratoire d’innovation sur lequel il peut compter pour mousser son initiative.

En discutant avec Mme la ministre de l’Éducation post-secondaire présente au colloque, elle me disait que la réputation du C@HM était bien connue au gouvernement et qu’elle constituait une source constante d’inspiration.

Un des habitués des colloques de Clair accordait une entrevue au sujet de la twittérature. Jean-Yves Fréchette est un de ces pionniers de la littérature en 140 caractères qui contribuent à composer avec les multiples usages des technologies plutôt que de perdre son temps à les interdire.

Sébastien Fréchette (Biz) est son fils. En toute cohérence avec le message de son père, il a invité tout le monde à jouer avec les mots de notre belle langue française, sa « langue paternelle » comme il se plaît à dire. Son message a porté très fort au pays des Brayons : « On va tous réussir ensemble, nous, frères francophones d’Amérique, ou disparaître chacun de notre côté ».

L’évènement de Clair en est à son septième rendez-vous et on continue de rêver à d’autres équipes-écoles qui prendraient le relais de nous ouvrir leurs portes pour construire l’école de demain.

« On pourrait tous réussir ensemble, nous, écoles francophones d’Amérique, ou réinventer l’eau chaude chacun de notre côté », si je peux me permettre de paraphraser Biz.

Les réseaux sont formés des personnes qui se connectent ensemble. Il fait bon de venir jusqu’à Clair pour comprendre que les élèves et leurs parents en font vraiment partie !

Mise à jour du lendemain: Sur le « Delicious » du directeur du C@HM, on retrouvera différents liens vers des traces d’objectivation du colloque.

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