En attendant que le gouvernement se décide…

Note : Ce billet a d’abord été publié au Journal de Québec et au Journal de Montréal dans la section du blogue des «spin doctors».

Aucune activité particulière n’est prévue dans la semaine qui vient sur le front parlementaire en éducation. Le projet de Loi sur la gouvernance scolaire n’a pas commencé a être étudié «article par article» et certaines rumeurs laissent même entendre que cette phase cruciale pourrait même attendre la reprise de l’automne.

Plus le temps avance depuis l’élection du gouvernement Couillard, moins on sent que la vision est claire. On gère à la petite semaine.

Pourtant les choses bougent dans l’écosystème du préscolaire, primaire et secondaire.

Les directions d’établissement s’affirment de plus en plus, les parents semblent avoir choisi le camp de la décentralisation vers les écoles et même certaines commissions scolaires démontrent plus d’ouverture en ce sens, malgré ce qui se passe à la tête de la fédération de ces mêmes commissions scolaires.

Il y a encore une fenêtre ouverte au sein de la population pour du changement dans la gouvernance scolaire vers plus de pouvoir aux milieux locaux, mais je me demande si les quelques lobbies pour le statu quo n’ont pas réussi à convaincre le gouvernement que le fruit n’était pas mûre. Il faut voir qu’une portion de la base électorale du Parti libéral demeure farouchement opposée à diminuer le pouvoir centralisateur des commissions scolaires.

Il y a des exceptions du côté des anglos en particulier, mais les médias ne leurs donnent pas beaucoup de lumière…

Bref, je ne sais pas trop ce que le gouvernement attend pour bouger, mais il envoie le message qu’il n’est pas pressé d’agir. Il a beau dire que l’éducation est une de ses priorités, ça ne se voit pas dans ses décisions.

Le réinvestissement prévu se limite aux coûts de système, rien n’indique que la lutte au décrochage sera intensifiée et la lourde bureaucratie au ministère et dans les commissions scolaires semble prendre ses droits de cité pour acquis.

Quand on y regarde de près, certains signes montrent qu’il y a du progrès « sur le terrain ».

Les médias n’en ont pas parlé, mais deux évènements récents d’importance en éducation ont eu lieu dans des écoles, pas dans des grands hôtels.

Le congrès de l’Association québécoise du personnel de direction des écoles qui a eu lieu les 18 et 19 avril dernier s’est tenu à l’Université Laval sous le thème « Faire autrement ». Il était jumelé à un Symposium du CTREQ sur le transfert des connaissances en éducation.

Au privé, c’est le collège de Lévis qui a accueilli les 900 participants au colloque des écoles de la région de Québec sous la thématique « Branché sur l’élève ».

C’est le genre d’efforts que s’attend la population pour baisser les coûts tout en s’assurant d’une formation continue de qualité.

Sur le volet plus administratif, je suis surpris qu’il n’y ait pas eu de suivi au fait que la Fédération des commissions scolaires du Québec (FCSQ) ait décidé de suspendre sa directrice générale (Pâquerette Gagnon) au début d’avril.

Une telle décision dans les circonstances ne peut qu’engendrer des questionnements et parions que le mois de mai saura nous apporter quelques précisions ou informations complémentaires. On se souviendra que l’annonce de la suspension avait été faite la journée même de la présentation de la FCSQ en commission parlementaire sur le projet de loi 86. « Un désaccord » sur le contenu de la présentation opposait la directrice générale et la présidente Josée Bouchard, selon la version rapportée par un journaliste. Il me semble que l’intérêt public commande un peu plus de transparence sur ce litige.

J’ajoute qu’à ce jour, la suspension de la directrice générale semble encore valide, malgré le fait qu’à l’interne on me rapporte que des membres du conseil général de la FCSQ aient exprimé beaucoup de déception et d’incompréhension les 22 et 23 avril dernier en réunion officielle.

Je m’attends à quelques rebondissements d’ici l’assemblée générale de la FCSQ des 27 et 28 mai prochain.

Peut-on parler d’une certaine gestion de crise à la tête de la Fédération des commissions scolaires du Québec ?

Est-ce que ce litige a un quelconque lien avec le retard du gouvernement à annoncer ses couleurs dans le cheminement du dossier de la gouvernance scolaire et du projet de Loi 86 ?

En attendant, on sait que la rentrée scolaire de l’automne 2016 se fera avec autant d’incertitudes que celles des trois dernières années sur le plan de la gouvernance.

Peut-être même davantage…

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