Philippe Couillard n’est plus – aujourd’hui – au-dessus de la mêlée

En accusant les partis d’opposition de «susciter la mobilisation de l’extrême droite» au sujet des nombreux demandeurs d’asile, le premier ministre du Québec entreprend le retour politique du mois d’août d’une bien drôle de façon.

Le jour même où il confirme dans des circonstances troublantes la candidature de Éric Tétrault pour l’élection partielle à être déclenchée sous peu dans Louis-Hébert, on ne peut que déplorer le changement de ton de Philippe Couillard qui m’est toujours apparu depuis trois ans comme étant un premier ministre au-dessus de la mêlée quand venait le temps des échanges acrimonieux.

Nous traversons une période très particulière ces jours-ci.

On entend parler que plus de 5 000 migrants se sont présentés au Canada par le rang Roxham depuis le début juillet, de manière irrégulière.

Les chefs François Legault et Jean-François Lisée me semblent avoir posé des questions légitimes dans ce contexte de plus en plus perçu comme si notre frontière avec les États-Unis était devenue une «porte tournante» et je m’attendais à ce que notre premier ministre affiche un ton respectueux, propice au débat constructif.

C’est plutôt le contraire qui arrive…

« Le chef péquiste Jean-François Lisée propose que les migrants se présentent aux postes frontaliers, plutôt que par le chemin Roxham, une suggestion irréaliste selon le premier ministre. «C’est une longue frontière, alors comme[nt] vous allez faire pour vous assurer que personne ne passe entre les postes ? Ça va prendre un mur ! Alors M. Lisée vous aussi vous voulez un mur», a-t-il lancé, lui qui avait déjà fait le même genre d’accusation à l’endroit du chef caquiste François Legault. »

En accusant les oppositions de «colporter des faussetés au sujet des demandeurs d’asile» et de «susciter ainsi la mobilisation de l’extrême droite», Philippe Couillard agit comme s’il était dépassé par les évènements plutôt que comme quelqu’un en maîtrise de la situation.

Il est possible que le contexte de ce matin où de nombreuses questions se posaient sur le candidat qu’il présentait aux journalistes ait pu influencer son approche, mais je l’invite à retrouver le sens de la mesure, en cette rentrée de l’automne 2017.

La situation est sérieuse et nous avons besoin d’un premier ministre qui s’élève au-dessus des débats mal engagés.

Des questions se posent sur la gestion actuelle de ce grand nombre d’arrivées au pays. Elles doivent être posées publiquement – et engendrer des échanges qui peuvent être musclés tout en restant courtois – pour éviter un escalade inutile de la tension dans la population.

Pour aujourd’hui le mal est fait, mais demain est un autre jour. Je demeure confiant que le chef libéral retrouvera son calme habituel et qu’il sera possible d’échanger des points de vue divergents sans accuser les adversaires politiques «d’attiser la haine».

Mise à jour du lendemain : Sur les ondes de ICI Radio-Canada, François Legault précise sa pensée…

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