Jeannine Guindon

J’ai rencontré cette grande DAME pour la première fois en 1986, si ma mémoire est bonne. Sous la recommandation du Père Euchariste Paulhus, je suis allé participer à un séminaire animé par Marie-Marcelle Desmarais de l’Institut de Formation Humaine Intégrale de Montréal (IFHIM). C’est une des bonnes décisions prises dans ma vie ! La rencontre avec Marie-Marcelle et Jeannine m’a profondément marqué. Dans mon travail quotidien au pensionnat, j’avais besoin de support. L’actualisation des forces vitales humaines (née du concept des forces d’Erikson*) est venue m’offrir un moyen d’intervention puissant et efficace allié à une théorie me permettant de mieux me connaître, m’apprécier et me respecter en tant qu’homme et éducateur…

Apprendre à mieux gérer mon budget d’énergie, comprendre que les émotions se logent dans notre corps et qu’avant d’agir, il importe de déloger si on veut voir clair, choisir l’autre de façon libre et responsable, faire la différence entre les énergies liée, libre et autonome, et enfin, prendre conscience de la construction, étape par étape, des différentes identités (corporelle, d’éxécutant, individuelle, psychosexuelle et psychosociale) de notre parcours d’être humain; ce sont là des enseignements précieux de Jeannine Guindon.

Tout comme moi, ses premières interventions pédagogiques ont eu comme cadre, un gymnase et l’activité physique. Écouter ses récits de la vie à Boscoville, relire des pratiques en sa compagnie, voir l’écoute sur son visage… quelle beauté !

Deux moments mémorables par dessus tout.

Sa conférence du 17 novembre 1994 à Sherbrooke en ouverture du IVe congrès des éducateurs physiques. Applomb, verve, signifiance, brillance ! Debout et droite comme elle seule savait l’être par sa posture et sa parole, ses 74 ans m’avait hautement impressionné ce soir-là dans l’automobile au sortir de son allocution. « Satisfait M. Asselin ? » m’avait-elle demandé… J’étais au septième ciel. Faudrait que je retrouve ce texte et que je le publie sous l’hyperlien au bas de ce billet. C’était sublime. Ça s’intitulait : « L’identité corporelle au centre du développement de l’autonomie personnelle« .

Ses funérailles du 23 mai 2002 à Montréal au sortir de sa vie sur terre. Des proches, des gens venus de partout dans le monde. La basilique Notre-Dame. Une haie d’honneur en fin de cérémonie. Je suis ému. Et ce cri perçant, percutant, en pleine église, d’une africaine voyant son âme monter au ciel : oua oua oua oua… OUF !

J’entends sa voix au profond de moi de temps à autre. Elle nous a laissé son livre « Vers l’autonomie psychique » que j’offrirai en cadeau à une personne à qui je parle d’elle parfois. En attendant de retrouver le texte dont je parlais plus haut, je me permets de reproduire (sous l’hyperlien ci-bas) l’hommage que lui rendait Le Soleil dans son édition du 18 mai 2002, en page A21.

Merci Mme Guindon.

NDMTDG Recherches faites, deux textes de retrouvés. Ce premier est un article (format « .pdf ») rédigé en 1992 dans le contexte d’une présentation sur le type d’intervention privilégié par l’approche des forces vitales humaines. Une anecdote concernant ce texte… Un jour je reçois ce livre par le courrier (Vivre debout). Je me disais que c’était un bien beau cadeau. Quand je me suis mis à consulter la table des matières, je me suis aperçu que ce n’était pas un cadeau. J’étais l’auteur d’un chapitre du livre (celui qui porte sur le secondaire). Ce chapitre, c’est l’article précédemment cité ! Concernant le deuxième texte, le travail de numérisation progresse; à suivre… (ça y est !)
* Merci M. Froissart


Jeannine Guindon, mère de la psychoéducation, s’éteint à 82 ans
Moisan, Mylène
Jeannine Guindon, la mère de la psychoéducation, a rendu l’âme mercredi à l’âge de 82 ans, des suites d’un long cancer. Une maladie qui ne l’aura pas empêchée de s’occuper de son bébé l’Institut de formation humaine intégrale de Montréal jusqu’à la toute fin de sa vie.

Dans l’univers des sciences humaines, Mme Guindon est une référence. En plus d’avoir fondé l’École de psychoéducation de l’Université de Montréal où elle a enseigné pendant 33 ans elle a consacré une grande partie de sa vie à la fois aux surdoués et aux délinquants. Pour comprendre l’humain et pour le rendre meilleur.

Au sujet de ses « sujets d’étude », elle disait, dans une entrevue accordée à La Presse il y a deux ans : « Ma motivation, c’est ma foi en l’homme. En vivant avec eux, au milieu de ces garçons de 6 à 12 ans, profondément perturbés, je me suis dit : on n’a pas créé les conditions voulues pour eux. J’en ai eu 125, 20 à la fois, et ils ont tous bien réussi sauf un. Un seul n’a pas été récupéré. Ils sont maintenant dans les affaires, travailleurs sociaux, chirurgiens connus… »

Sa recette, elle l’a enseignée à maintes reprises par l’entremise de son Institut de formation humaine intégrale, fondé en 1976 sous le nom d’Institut de formation et de rééducation de Montréal. Elle a publié de nombreux ouvrages et a prononcé environ 250 conférences à travers le monde. Malgré le cancer qui grugeait sa santé, elle s’est rendue au Brésil en l’an 2000, où elle a donné huit conférences en 10 jours et ce, aux quatre coins du pays. Elle avait alors franchi le cap des 80 ans.

Boulimique de savoir, Mme Guindon a complété son cours primaire en Ontario en quatre ans, au lieu de huit. Au cours de sa vie, elle a cumulé deux baccalauréats, une maîtrise et un doctorat. En 1989, elle a été nommée chevalier de l’Ordre national du Québec.

Aux dires de ceux qui l’ont connue, Mme Guindon était infatigable. Elle en témoignait elle-même au cours de cette entrevue accordée il y a deux ans. « J’ai souvent été à trois places à la fois. J’étais au centre, la première clinique de psychologie privée à Montréal, j’étais à l’école de psychoéducation, j’étais avec mes surdoués. Je fondais à ma mesure, j’étais toute seule et comme je ne demandais pas de salaire, personne ne pouvait me mettre à la porte ! »

Les funérailles de Mme Guindon auront lieu à la basilique Notre-Dame de Montréal jeudi à 14 h.

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4 Commentaires
  1. Photo du profil de BrigitteRenaud
    BrigitteRenaud 14 années Il y a

    Merci d’avoir cherché ce texte et de l’avoir retrouvé c’est très intéressant!
    En ce qui concerne le premier texte dont vous parlez un peu plus haut, je n’ai pas pu y avoir accès en cliquant sur le lien…

  2. Mario Asselin 14 années Il y a

    C’est un texte en format « .pdf ». Vous devez disposer de Acrobat Reader version 5.0 pour pouvoir le lire. Sur le site ttp://www.adobe.com/products/acrobat/readstep2.html, vous pourrez télécharger ce dont vous avez besoin… Au plaisir !

  3. Photo du profil de FredericFroissart
    FredericFroissart 13 années Il y a

    Bonjour,
    Je voulais dire que le concept des forces utilisé par Jeannine Guindon n’est pas emprunté à Erickson (Milton), mais à Erikson (Erik)… deux personnages très différents!
    Frédéric

  4. Mario Asselin 13 années Il y a

    Excellente remarque M. Froissart; merci de la mise au point…

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