Immersion totale dans le domaine des arts et de la culture

Depuis mon passage à la tête d’un Théâtre d’été (le Théâtre Rivier de Coaticook de 1994 à 1998) je ne crois pas avoir déjà passé autant d’heures au quotidien en contact avec le milieu des arts et de la culture. J’ai la chance de travailler dans plusieurs mandats qui touchent directement avec cet important secteur et j’apprends beaucoup. Je rencontre des gens extraordinaires qui souhaitent apprendre à mieux travailler en communauté de pratique en utilisant les possibilités qu’offrent, entre autres, les réseaux sociaux et les outils de publication de contenu sur le Web.
En fin de semaine, je me rends dans les Laurentides et à Montréal pour deux ateliers de formation avec des artistes et des formateurs‐tuteurs en gestion de carrière. Samedi, il sera question des portfolios numériques et dimanche, des communautés de pratique et l’utilisation des médias sociaux en gestion de carrière artistique. En vue de cette formation de dimanche, je me suis intéressé cette semaine à la conférence de presse inusitée de Kevin Parent qui était en direct sur Twitcam pour raconter sa version des faits entourant une agression qui continue de faire la manchette depuis. Je gazouillais au terme de l’événement que j’adresserais sûrement aux participants la question suivante: «Quel est la valeur ajoutée de ce procédé?» À suivre…
Je suis particulièrement impressionné par ce que je découvre dans un autre de mes mandats avec le Conseil de la culture (des régions de Québec et de Chaudière-Appalaches) et la Ville de Québec au sujet de la nature et la qualité des liens entre les secteurs des arts et de l’éducation. Je suis plongé dans la rédaction d’un document faisant une sorte «d’état des lieux» avant d’élaborer avec plusieurs des groupes concernés, des pistes d’actions pour stimuler des rencontres plus fréquentes et plus intense entre les intervenants de ces deux domaines.
Je concentre mon portrait de la situation sur les régions de Québec et de Chaudière-Appalaches, mais parfois, les feedbacks de partout en province peuvent nous mettre sur de belles pistes. Si jamais des enseignants, des cadres du milieu scolaire ou des artistes (oeuvrant auprès du «jeune public» ou autre) passant par ici avaient le goût de me donner leur point de vue sur cette question que je pose souvent ces jours-ci… je serais preneur:

«Vous intervenez dans les secteurs des arts ou de la culture… vous êtes en éducation, mais vous êtes préoccupé par ces deux domaines… Qu’est-ce qui est pratiquement impossible à faire en ce moment, mais qui devenant possible, améliorerait beaucoup les rapports entre tous les intervenants de ces secteurs?»

Tout est sur la table:

  • Suite aux quelques boycottages ces dernières années des activités éducatives et des sorties culturelles en période de négociation de convention collective, les organisations syndicales ont reconnu, depuis, l’importance des activités étudiantes et en favorisent au mieux de leur capacité l’organisation et la tenue de ces événements, mais il y a encore des traces de tension. Où en sommes-nous sur ce sujet?
  • Plusieurs sont portés à croire que parfois, certains leaders doivent se lever et crier haut et fort l’importance des activités culturelles et des arts pour le développement harmonieux des jeunes et la qualité de vie (économique et sociale) d’une collectivité. À Mont-Joli, par exemple, semble-t-il que le maire y est déjà allé de plusieurs sorties visant à encourager la fréquence des sorties culturelles. Nos leaders d’ici en font-ils assez?
  • L’abondance de la paperasse et des procédures au niveau des programmes d’accès aux arts et à la culture en éducation ou ailleurs semble décourager beaucoup d’intervenants. Comment réduire les embûches pour favoriser les rencontres entre arts, culture et éducation?
  • Plus les réformes se succèdent en éducation, plus les combats pour le maintien d’un minimum en terme de minutes consacrées aux apprentissages dans le domaine des arts sont épiques. À quand une certaine «paix sociale» sur ces sujets visant à freiner le saupoudrage?
  • Quelle est la réelle valeur accordée aux arts et à la culture dans l’éducation des jeunes?
  • Malgré tout, plusieurs «histoires à succès» motivent les gens préoccupés par ces questions. En connaissez-vous qui pourraient nous inspirer, à Québec?

Tout ça pour dire que j’ai les yeux alertes et les oreilles ouvertes…

Merci de m’aider à documenter ma réflexion visant à construire un «état des lieux»!

Mise à jour du 3 mai 2010: Des développements dans le mandat avec le Conseil de la culture… Suite au dépôt de la synthèse de la problématique, un rendez-vous «Arts-Éducation» s’organise pour le 9 juin 2010 au Musée national des beaux-arts du Québec. Pour plus de renseignements, on peut consulter ce document .pdf ou encore le site Web de l’événement.

Mise à jour du 15 juin 2010: Le rendez-vous «Arts-Éducation» a eu lieu. Les 115 participants ont participé à des échanges constructifs dont quelques «traces» se retrouveront sur le site Web de l’événement dans quelques jours. En attendant, on peut réécouter la table ronde organisée par Radio-Canada qui portait spécifiquement sur le sujet des sorties culturelles à l’école.

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4 Commentaires
  1. Photo du profil de PatriceLetourneau
    PatriceLetourneau 9 années Il y a

    J’enseigne la philosophie au cégep de Trois-Rivières et, comme tu le sais Mario, j’ai un fort intérêt pour les arts. Le sujet m’intéresse d’autant plus que depuis de nombreux mois, je collabore à l’organisation d’un colloque qui aura lieu les 2, 3, 4 juin 2010, sur diverses questions entourant les multiples relations entre la cité et les arts (si ça intéresse, voir : http://citepourlhomme.cegeptr.qc.ca/ ).
    Tout cela m’intéresse donc au plus haut point.
    Par rapport à tes questions, deux remarques me viennent spontanément à l’esprit :
    1) D’abord, une considération pratique : il faut que les milieux culturels soient accessibles, et ce, avec une certaine flexibilité, du moins face à la réalité des cégeps (qui est le milieu que je connais). Par exemple, récemment nous avons dû renoncer à une sortie au Musée de la civilisation de Québec (que j’aime beaucoup par ailleurs!) avec un petit groupe d’étudiants en «Histoire et civilisation» (arts libéraux), car on s’est malheureusement rendu compte que le Musée de la civilisation de Québec est ouvert à AUCUN soir (il est ouvert de 10h à 17h). Or, il faut être conscient qu’au cégep, si on organise une sortie «d’une journée» ou «d’une demi-journée », nous allons faire manquer aux étudiants leurs autres cours. Chez nous, les cours débutent à 8h et se terminent à 17h45. Il peut être possible d’aménager certaines dispositions s’il s’agit de faire «sauter» le cours de fin de journée, mais si on compte le temps de transport et le fait que ledit Musée n’est pas ouvert après 17h, c’est impossible. Faire «sauter» d’autres cours pour libérer un après-midi ( plage horaire de 12h à 17h45), ce serait envoyer un bien curieux message éducatif ! Faire manquer un cours de 150 minutes lorsque le cours entier totalise 45h, ça représente déjà 18% du cours/session. On pourrait objecter que le Musée est ouvert les fins de semaine, mais puisque la plupart de nos étudiants travaillent justement les fins de semaine, il pourrait devenir douteux, ou disons contre-productif, que de telles sorties se fassent «en tordant des bras». Bien sûr, dans cet exemple, tu me diras que le temps de transport est peut-être ici plus particulier. Oui, c’est vrai, mais la situation serait assez similaire pour le cégep de Lévis. Et même, je me demande si la situation serait bien différente pour les cégeps de Ste-Foy, de Garneau et du CNDF (le cas de Limoilou est, ici, quelque peu différent), puisque si on compte le temps qu’il faut aux étudiants pour se rendre à l’autobus à la sortie de leur cours précédent, le temps pour se rendre au Musée, le temps pour la visite de la ou des expositions, puis le temps pour le retour, il n’est pas toujours certain que ça entre dans le 150 minutes alloué à un cours (en fait, moins 45 minutes, donc 105 minutes, si on est dans la dernière plage horaire, puisque le Musée ferme à 17h). Peut-être une «petite trempette» en zappant ?! Qui plus est, ce genre de sortie culturelle étant habituellement fait «sur le bras» par les profs du collégial, si une certaine accessibilité des milieux culturels n’est pas au rendez-vous, il semblera préférable d’employer ces énergies à d’autres efforts éducatifs semblant plus propices à l’éclosion de fruits (et je le dis tout en ayant un très fort intérêt pour les arts).
    2) L’autre considération qui me vient spontanément à l’esprit a trait au rayonnement culturel hors des murs des institutions culturelles et hors des lieux de création. Je vais le dire en employant une image dure, plate et crue, mais une entreprise privée allemande, Directmedia Publishing, a peut-être contribué davantage à la dissémination de la culture, y compris chez nous, en rendant disponible via Wikimedia 10 000 représentations/reproductions numériques de chefs-d’œuvre de la peinture ( http://carnets.opossum.ca/patriceletourneau/archives/2005/05/10_000_reproduc_1.html ), que ne l’ont fait les institutions publiques de ma propre nation. Bon, je reprends et je nuance. Le contact direct avec les arts est incomparable, cela va de soi. Mais il faut aussi inventer des médiations de divers autres types, pour éduquer des sensibilités. Parmi celles-là, on conviendra aisément qu’une des plus rudimentaires est de pouvoir présenter visuellement… des œuvres des arts visuels. Et là, qui a déjà enseigné connaît tous les dédales des droits d’auteurs auxquels il doit se plier ! Pour ce qui est des cégeps (mais je crois que ça doit être similaire dans les autres milieux éducatifs), nous sommes présentement à une période charnière, où il y aura un renouvellement massif du personnel enseignant. Supposons que vous êtes un nouveau prof en histoire de l’art. Vous héritez de multiples nouvelles préparations de cours en même temps. Vous avez forcément peu de matériel didactique de préparé d’avance et peu d’expérience pédagogique. Mais vous avez une passion pour votre domaine, en même temps que de passer des heures à remplir de multiples formulaires pour des droits d’auteur ne relève pas de votre passion pour les arts. Si vous êtes un tel nouveau professeur, heureusement pour vous, vous n’avez plus à mettre en ordre des diapositives d’œuvres d’art dans un «carrousel », pour les présenter en classe : vous pouvez compter sur le numérique, avec lequel vous êtes déjà si familier. Même si débordé de travail, vous pouvez, à l’aide du Web, aller chercher en quelques clics les représentations des œuvres que vous voulez projeter en classe et les agencer selon les visées de votre présentation et les besoins de vos groupes, pour participer à leur éducation. Or, si vous vous mettez dans la peau d’un tel individu, vous réaliserez que, grâce au Web, vous pourrez très aisément dénicher tout le matériel visuel (numérique) pour présenter l’art international en toute légalité, alors que vous peinerez à dénicher une seule image d’une œuvre d’art québécoise que vous pourriez présenter en classe sans enfreindre la loi. Et de un, les arts au Québec ont trop peu été mis à disposition sur Internet. Et de deux, lorsque c’est le cas, il y a le traditionnel copyright qui nous fait vite passer à des formulaires du type de la «maison des fous» dans Astérix (ou Kafka…) [Vous êtes physiquement dans le cégep, vous n’avez pas l’artiste ou l’institution muséale en face de vous pour vous entendre ! ]. Pourquoi ne pas avoir l’audace de numériser nos richesses pour les faire connaître, et le faire avec des licences de type Creative Common pour qu’elles puissent circuler sans entrave administrative ? Pour l’exemple, j’ai pris le cas d’un nouveau prof en histoire de l’art, mais imaginons un prof de philo ou de littérature ou «d’arts et communications» ou de tant d’autres disciplines qui auraient à faire une référence plus ponctuelle à l’art visuel abstrait. Supposons que vous pouvez, pour les besoins liés à votre cours, tout autant analyser une œuvre de «dripping» de l’États-Unien Jackson Pollock, qu’analyser une œuvre du tout aussi grand québécois Jean-Paul Riopelle. Vous réaliserez rapidement que vous pouvez insérer dans votre cours en toute légalité une œuvre de Pollock, alors que si vous voulez initier vos étudiants au Québécois Jean-Paul Riopelle en «projetant/diffusant» en classe de ses oeuvres, soit vous serez potentiellement passible de poursuites, soit vous devrez vous taper de nombreuses et abrutissantes heures à remplir des demandes de droits pour simplement montrer en classe une image d’une œuvre de Riopelle à analyser. Sur ce point, à l’échelle du Québec, j’ai l’impression que bien des choix ne se font pas tant pour des valeurs artistiques que pour des questions de facilité administrative, lorsqu’à «qualification égale» ou plus ou moins …
    Bon, je suis conscient que j’ai bien trop peu élaboré ma pensée et qu’il y a encore mille-et-une nuances qu’il faudrait apporter. Et ce n’est là que deux points parmi tant d’autres. Tout ça est encore que trop vite dit. Mais au moins, c’est un début.
    Patrice

  2. Photo du profil de LucPapineau
    LucPapineau 9 années Il y a

    Par rapport au théâtre, je pourrais indiquer quelques petits éléments intéressants.
    La proximité du lieu de la représentation. Ce n’est que depuis peu que nous pouvons aller voir des pièces au théâtre Hector Charland à L’Assomption. Autrefois, il fallait aller au théâtre Denyse-Pelletier à Montréal. Il est intéressant de dépenser plus localement, disons.
    Il existe de plus en plus de petites troupes itinérantes que se déplacent à proximité ou dans les écoles. Mais, dans certains cas, les coûts de transport et de montage des décors sont élevés et atteignent presque ceux du transport des élèves.
    Une de ces troupes, je ne me souveins plus laquelle, offrait des ateliers préparatoires à la pièce. Les comédiens se déplaçaient à l’école, rencontraient les élèves. C’est très apprécié.
    Le coût du transport. Parfois, il en coûte plus cher en transport qu’en billets de théâtre. Je sais qu’une partie des coûts de transport est payé, mais la situation est parfois ridicule. Je ne crois pas queles coûts de transport soient payés pour d’autres activités culturelles, ce qui est regrettable.
    Il est aussi intéressant quand la pièce est un classique qui peut être lu en classe. Bousille et les justes, Des souris et des hommes, Zone sont des classiques appréciés des enseignants souvent parce qu’il y a des séries de romans dans les écoles.
    Enfin, un dernier point: les enseignants n’ont pas tant boycotté les activités culturelles que dénoncer le fait qu’ils n’étaient pas compensés correctement pour le temps et les efforts qu’ils consacraient dans les sorties scolaires. Celles-ci s,apparentaient davantage à du bénévolat obligatoire. C’est tant la partie patronale que les syndicats qui se sont entendus pour déterminés des modes de compensations.
    Cependant, avec ce qui s’en vient comme contrat de travail, je crains que plusieurs enseignants renoncent à entreprendre des activités qui généreront du travail supplémentaire. En effet, on sent une volonté gouvernementale d’en demander davantage aux enseignants. Et comme souvent, les plus dynamiques et les plus impliqués sont déjà au bout de leur rouleau… la culture risque de devenir un luxe dans un monde de survie.
    C’est désolant de l’écrire, mais il vaut mieux le mentionner que de faire semblant.
    Et ce n’est pas en obligeant les enseignants à faire des sorties théâtre comme certains esprits du monde culturel l’on suggéré que les choses s’amélioreront. la pression et al fatigue sont déjà grandes chez plusieurs de mes confrères.

  3. Photo du profil de PaulineBeaudin
    PaulineBeaudin 9 années Il y a

    Quelques éléments de réponse et quelques suggestions à l’attention de M. Patrice Létourneau du Cegep de Trois-Rivières.
    Je suis chargée de projets éducatifs et coordonnatrice du Centre muséopédagogique au Musée de la civilisation de Québec; je suis les écrits de Mario et j’ai donc lu avec intérêt votre commentaire, étant bien désolée de voir que vous n’ayez pu venir au Musée avec vos étudiants. Vous savez sans doute que le Musée, depuis bientôt 22 ans, se préoccupe de ce rapport important entre culture et éducation et qu’il reçoit à chaque année de nombreux groupes d’élèves et d’étudiants tantôt en visite autonome, tantôt en visites dirigées avec les guides-animateurs.
    Premier point concernant l’accessibilité au Musée de la civilisation. Le Musée de la civilisation a déjà été ouvert le mercredi soir pendant de nombreuses années; nous avons dû cesser cette pratique parce que la fréquentation était très faible; de plus ces soirs-là ce n’étaient pas les groupes d’étudiants de cegeps ou d’universités qui étaient la principale clientèle. Ainsi, dans un but de plus grande accessibilité et de démocratisation, coûts pour coûts, nous avons plutôt opté pour offrir la gratuité tous les mardis de novembre à mai et toutes les matinées du samedi de janvier et de février.
    Deuxième point: les étudiants des Cegeps viennent-ils au Musée ? J’ai donc consulté notre service des réservations afin de savoir si des Cegeps de l’extérieur de la ville de Québec organisaient des sorties avec leurs groupes au Musée de la civilisation; la réponse est oui. Quelques exemples de Cegeps qui sont venus dans les derniers mois de 2009-2010 : Cegeps de Shawinnigan, Rivière-du-Loup, Vieux Montréal, Edouard-Montpetit (Montréal), Drummondville, Alma, Thetford Mines, etc. sans compter les Cegeps qui viennent en visite autonome, c’est-à-dire qu’ils viennent au Musée sans passer par le service des réservations.
    Troisième point : si cela vous intéresse une suggestion? Je ne peux vous parler de l’organisation de chacun de ces professeurs, je peux cependant vous dire que parfois des professeurs de disciplines différentes se regroupent pour cette sortie, explorant chacun à leur façon l’exposition ou les expositions visitées. De plus, si vous le permettez, j’aimerais ajouter que tout enseignant ou professeur du Québec qui veut venir préparer sa visite au Musée peut le faire gratuitement en nous contactant.
    Quatrième point: et si vous ne pouvez pas venir? Les Musées, sensibilisées de plus en plus à «cette accessibilité», réalisent des expositions virtuelles disponibles sur leur site, et mettent également en ligne de l’information, des images, des vidéos.
    Par exemple sur le site suivant du Musée de la civilisation: http://www.mcq.org/copyrighthumain/fr/
    Vous y trouverez beaucoup d’informations et de vidéos disponibles sur le web et présents dans l’exposition Copyright Humain.
    Tout n’est pas parfait, mais nous sommes en constant questionnement et développement pour répondre au mieux à notre mandat de Musée d’État. J’espère que nous aurons le plaisir de vous accueillir éventuellement et je vous remercie sincèrement de l’intérêt que vous nous portez.

  4. Photo du profil de PatriceLetourneau
    PatriceLetourneau 9 années Il y a

    Je me permets d’ajouter quelques précisions suite aux généreuses remarques de Mme Pauline Beaudin.
    Je dois dire que dans mon commentaire, je me suis concentré que sur un aspect, soit celui émanant de «ce qui est pratiquement impossible à faire en ce moment, mais qui devenant possible, améliorerait beaucoup les rapports entre tous les intervenants de ces secteurs?». Me limitant dans mon commentaire qu’à ce qui émane de cet aspect, parmi toutes les autres pertinentes questions évoquées, mon commentaire aura pu sembler «sombre». Dans «ce qui est pratiquement impossible à faire», je ne veux pas dire que ce soit «la faute» d’un tel ou d’un tel. Les contraintes de part et d’autre sont si nombreuses, il s’agit de nommer ce qui pose difficulté, mais j’espère ne pas avoir donné l’impression d’accuser. Dans la même veine, je dois dire que j’ai beaucoup hésité avant de «nommer» mon exemple concernant le Musée de la civilisation, parce qu’il ne faudrait pas le réduire à «un cas». J’ai décidé d’assumer d’y aller avec plus de transparence parce que je voulais éviter que ça sonne trop «il y en a pour qui il paraît que». Mais c’est un exemple, je tiens à préciser qu’il ne faudrait pas y voir «un cas propre à». D’ailleurs, si mon commentaire avait relevé des «bons coups», puisque j’ai déjà pris cet exemple, je dois dire en contrepartie que les efforts du Musée de la civilisation pour investir le web sont plus qu’appréciés !, et ce tant à la périphérie des expositions que dans la diffusion par exemple des idées lancées à «Participe présent» ( http://www.mcq.org/participe/index.html ). Je vous encourage d’ailleurs à continuer de chercher à innover en ce domaine, c’est très apprécié !
    Cela dit, je me permets un petit écho à vos points deux et trois, parce que ça peut aider à éclairer d’autres aspects de la problématique. Pour les possibilités d’organisations entre plusieurs cours, de manière générale, ça dépend en partie du fait que les étudiants se retrouvent ou non tous dans les mêmes groupes, c’est-à-dire selon qu’ils sont dans un programme «populeux» (c.-à-d. «sciences humaines» ou «sciences natures») ou un programme à plus petite cohorte. Mais quel que soit le programme, les groupes dans les cours de formation générale (littérature, philosophie…) sont forcément composés d’étudiants de divers programmes, tout comme les étudiants d’un même programme ne se retrouvent pas nécessairement dans un même groupe pour les cours de la formation générale (à la fois pour des raisons éducatives et pour une question de «nombre»). Par exemple, je regarde la composition de l’un de mes groupes de philosophie (j’enseigne à la fois en philo ET à l’intérieur d’un cours-programme) et j’ai des étudiants provenant de 8 programmes différents dans le même groupe. Et j’ai envie de dire qu’il est très heureux qu’il en soit ainsi, car d’un point de vue éducatif, je constate que c’est très bénéfique pour les étudiants qu’il y ait la plus grande mixité possible dans ces cours ! Cela dit, lorsque des sorties ont lieux, les cours de la formation générale (littérature, philosophie…) sont ceux qui, bien souvent, écopent le plus. Et un prof de «formation générale» ne peut pas «annuler» un cours parce qu’il manque 5 ou 8 étudiants dans son groupe. Est-ce que des «sorties» se font tout de même ? Oui, vous avez raison, ça se fait. Et d’ailleurs, ça se fait pas seulement que pour des sorties «culturelles», mais aussi pour des sorties en «futur milieu de travail» ! Et presque à chaque fois, c’est la formation générale qui écope. Et je répète que de faire manquer un cours à un étudiant, c’est lui faire manquer 18% du contenu de la session (pour un cours de 45h.). Même si ce n’est pas l’intention recherchée, trop souvent lorsque ça arrive, on envoie le message aux étudiants qu’il y a d’une part les «vrais cours» et «ce qui compte», et d’autre part les cours que l’on peut «faire sauter», c’est-à-dire les cours de la formation générale. Étant donné que l’on enseigne autant par ce que l’on fait que par ce que l’on dit, un certain nombre d’étudiants finissent par intégrer le «message» que la formation générale (littérature, philosophie…), c’est pas si important que ça.
    Patrice

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