Une réaction à une réaction…

Pendant mon absence, deux articles dans lesquels je suis cité ont paru dans un journal. Le prof masqué en fait mention dans un billet intitulé «Reportages du JdeM sur les NTIC».
Je viens de publier un commentaire (en trois sections) sur son blogue, mais j’ai éprouvé un peu de difficulté à le faire. À tout hasard, je le reproduis ici:

J’étais hors ligne depuis plusieurs jours… Je suis désolé du délai mis à commenter. Ma pensée» sur ces histoires de blocage est rapportée de façon très – trop – succincte dans ces articles, mais je ne fais pas partie du club des «mal cités». Des enseignants demandent les blocages, certains parce qu’ils ont été «piégés à leur insu». L’auteur des articles a sélectionné parmi les nombreux motifs que j’ai invoqués celui qui cadrait le mieux avec la tonalité de son topo. Voici d’autres raisons qui expliquent les blocages, à mon avis (plusieurs mentionnées à M. Ménard):
– Ce sont les C.S. qui décident des blocages et ce sont les mêmes C.S. qui administrent la GRICS… pourrait-on penser que les C.S. bloquent pour protéger les dispositifs de la GRICS dans les écoles? Je parle de ces dispositifs, peu utilisés, selon ce que j’en sais, qui encapsulent les savoirs et servent bien davantage les usages liés à l’administration des écoles que ceux liés à la pédagogie et l’enseignement. Sans compter qu’ils ne contribuent en rien – ou si peu – à aider les élèves dans la construction de leur identité numérique ou dans l’évitement des nombreux pièges de la validité de l’information sur Internet et du respect des autres dans les médias sociaux. Si cette hypothèse s’avère exacte, on comprendra mieux pourquoi on avance si lentement au Québec en terme d’aménagement d’espaces numériques personnels servant véritablement les apprentissages.
– On bloque aussi parce que des parents ou du personnel des écoles croient que les sites du Web participatif représentent de belles pertes de temps. Ils sont perçus comme étant des lieux de divertissement et [au mieux] de socialisation qui n’ont rien à voir avec l’apprentissage et la recherche d’informations de qualité. Dans un texte sur mon blogue, j’élabore un peu sur ce sujet…
– On bloque aussi parce que des gens préoccupés par des enjeux de sécurité croient que les réseaux sociaux montrent le pire d’Internet, c’est-à-dire, du contenu violent, parfois pornographique et souvent diffamatoire, incompatible avec les valeurs d’un milieu scolaire. Les bloquer fait alors appel à un certain sens des responsabilités.
– Les responsables des TI dans les C.S. participent aux décisions de bloquer parce que la bande passante sollicitée par les réseaux sociaux est forte et ne pas les bloquer équivaut à ralentir les réseaux. C’est un argument que je n’admets pas, mais je l’entends souvent.
– Enfin, on bloque aussi parce que les dispositifs qui favorisent la publication de contenu, exposent à pendre des risques avec quelques échevelés qui diront n’importe quoi sur des sites scolaires pouvant même diffamer sur le dos des profs ou de l’école qui sont déjà suffisamment malmenés. On se demande à ce moment pourquoi risquer de perdre le contrôle et d’être blâmé par les parents alors que c’est si simple d’interdire et de se concentrer sur ce qui «compte vraiment»… la transmission des connaissances! Dans le même billet de mon blogue, je réagis aussi à cela…
Sur la question des profs qui seraient «incompétents» ou sur celle des jeunes qui seraient des virtuoses des NTIC, il y aurait plusieurs nuances à faire, mais je me contenterai de deux:
– Ce sont les profs eux-mêmes souvent qui se dévalorisent dans leurs capacités à maîtriser l’utilisation des TIC en milieu scolaire. Quand ils abordent les élèves en disant «je sais que vous connaissez bien les NTIC, moi je suis un débutant», ils envoient un message qui reste. La réalité est probablement loin de la perception des jeunes. Qu’ils surestiment leur propre connaissance des NTIC est probable.
– Une enquête du Céfrio démontre le chiffre suivant : «46 % des jeunes considèrent que seulement quelques-uns de leurs professeurs disposent des connaissances adéquates pour les accompagner dans leur apprentissage des TI.» (source)

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4 Commentaires
  1. Photo du profil de MichelMonette
    MichelMonette 11 années Il y a

    Vu de l’extérieur, cette controverse sur le blocage des médias sociaux est difficile à comprendre. Aurait-on idée de tolérer un téleviseur ouvert en tout temps dans une classe, ou un poste de radio, sous prétexte que nos enfants pourraient y apprendre quelque chose. Il me semble qu’il y a un temps pour chaque chose. J’ai tort?

  2. Photo du profil de Mario Asselin
    Mario Asselin 11 années Il y a

    Tu n’as pas tort, bien entendu Michel. Au moment où les enseignants ont besoin de toute l’attention des élèves, il est normal de fermer tout ce qui peut distraire.
    On ne parle pas d’un blocage intermittent Michel; c’est comme si les livres «YouTube», «Facebook» ou tout ouvrage conçu à partir d’un cms de blogue n’existaient pas dans la bibliothèque. Tu vois ce que nous voulons dire?
    Les dispositifs du Web participatif permettent d’écrire et de produire du contenu. Ils offrent de réelles possibilités de faire apprendre. Pourquoi les bloquer systématiquement au moment où les enseignants jugent utiles de faire appel à eux?

  3. Photo du profil de CynthiaOuellette
    CynthiaOuellette 11 années Il y a

    Bonjour Mario,
    Pendant ton absence il y a aussi eu la publication de l’enquête TIC menée par la DRD MELS. Si tu ne l’as pas encore vu, voici le lien: http://www.mels.gouv.qc.ca/sections/publications/publications/… (.pdf).
    On y voit, entre autres, que les enseignants disent en majorité posséder les connaissances nécessaires, mais ne pas les utiliser en classe avec leurs élèves.
    Un élève sur deux qui ne voit aucun ordinateur dans son travail d’étudiant. Ce chiffre me dépasse.

  4. Photo du profil de MichelMonette
    MichelMonette 11 années Il y a

    Je vois tout à fait ce que tu veux dire. Le problème se situe au niveau des directions d’école j’imagine. Il doit être en effet possible de «fermer le téléviseur» ou de l’ouvrir selon les besoins des apprentissages en cours.

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