On aimerait se tromper…

« Il y a, dans la justice, une certaine recherche de vérité. Mais dans son processus, il y a une part de politique qui, elle, relève du marketing. Surtout dans le cas d’un drame comme celui-là [celui du Lac-Mégantic] où le droit est impuissant à punir les véritables responsables. L’apparence de justice devient alors plus importante que la justice. »

J’aimerais tellement que ce qui est écrit ci-haut soit faux.

Dans sa chronique d’aujourd’hui au Devoir, David Desjardins revient sur cette étude qui affirme que 18 % des travailleurs détenant un diplôme universitaire lisent mal ou alors ne savent pas compter. On aimerait que ce ne soit pas vrai.

J’aimerais qu’il y ait aussi erreur quand on lit qu’un Québécois sur deux âgé de 16 à 65 ans, éprouverait des difficultés de lecture (source).

Surtout, on aimerait bien que l’étude de Geneviève Carpentier présentée récemment à l’Acfas se trompe. Faux, le désespoir de professeurs au primaire « qui, vu leurs lacunes en français, craignent d’aller au tableau et d’être repris par les élèves plus doués, ou alors frémissent à l’idée que les parents détectent leur incompétence dans la correspondance qu’ils entretiennent avec eux ». En écoutant Lacombe (et ses invités) aujourd’hui à partir de 12 h 12, on réalisera peut-être que ça ne se peut pas… « Faut pas croire tout ce qu’on dit » !

Et que dire de cette histoire des règles de passage du 1er au 2e cycle à la commission scolaire des Affluents qui semblent diminuer la valeur du diplôme d’études secondaire en rabaissant le plancher minimal requis chez les élèves pour graduer ? Je voudrais que ce soit faux, ça également.

L’écart se creuserait entre les garçons et les filles en français ? Il y aurait actuellement un « record d’élèves en difficulté dans nos écoles » ? Faux.

Les directeurs généraux des commissions scolaires qui s’offrent un luxe inadmissible ? Refaux.

Je reviens à Desjardins, je ne m’en suis pas vraiment éloigné, d’ailleurs :

« Alors pourquoi a-t-on fait parader les trois hommes accusés de négligence criminelle comme on l’a fait cette semaine ? Pourquoi a-t-on arrêté Tom Harding comme s’il s’agissait d’un dangereux criminel ? (…) Alors pourquoi ce spectacle ? Parce qu’il en va de Lac-Mégantic comme du reste. Comme de l’éducation, tiens. On a besoin de diplômés ? En v’là. On veut des coupables, en voici. »

Je paraphrase David Desjardins et j’espère vraiment me tromper…

L’apparence d’éducation devient alors plus importante que l’éducation.

N.B. Je viens d’écouter l’heure chez Michel Lacombe. Je suis resté sur ma faim. J’ai préféré relire ce billet de Jean-Michel Le Baut : « La littérature dans les bourrasques des pratiques numériques » issu de ce dossier.

Mise à jour du 20 mai 2014 : La discussion sur le sujet de la maîtrise de la langue se poursuit chez Catherine Perrin – Médium large : Quel est l’état de votre langue? Nos états généraux de la littératie.

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