Le bon docteur a fait souffrir l’éducation

Note : Une autre version de ce billet a d’abord été publié sous forme de chronique au Journal de Québec et au Journal de Montréal dans la section « opinion » et dans l’édition papier du lendemain, de chaque quotidien.

Yves Bolduc a démissionné de son poste de ministre et a annoncé qu’il se retirait de la vie politique pour reprendre sa pratique médicale. Il laisse derrière lui plusieurs dossiers controversés. Il faut maintenant se demander si l’éducation reprendra le haut de la liste des priorités du gouvernement.

Les 10 derniers mois ont été pénibles au MELS, une controverse n’attendant pas l’autre. Sous la direction d’un homme qu’on dit «bon», le réseau de l’éducation s’en trouve aujourd’hui plus mal en point qu’au moment de la formation du gouvernement, en avril dernier.

Les reculs s’accumulent
Du dossier des écoles illégales, à l’arnaque du redécoupage des commissions scolaires, en passant par la malheureuse déclaration sur les livres de bibliothèques, le réseau de l’éducation a été mis à mal. On a vu s’étioler les capacités du ministre, incapable d’intervenir pour éviter que des programmes importants au primaire/secondaire ne souffrent des coupes. Le financement global de l’enseignement supérieur a également écopé.

Mal entouré, Yves Bolduc est vite devenu une quantité négligeable face au président du Conseil du trésor.
Sa dernière déclaration au sujet des fouilles à nu dans les écoles aura même réussi à ternir la réputation de notre système d’éducation à l’international…

L’urgent besoin de remettre l’éducation au cœur des priorités
La nomination d’un ministre de l’Éducation qui connaît bien le domaine est une nécessité. Elle pourrait contribuer à définir si l’éducation et l’enseignement supérieur ont la cote dans ce gouvernement.

C’est que les gestes concrets pour diminuer la bureaucratie scolaire et accorder l’autonomie promise aux milieux locaux en éducation tardent.

Le signal d’un changement de politiques?
La négociation avec les enseignants est très mal engagée. Les demandes d’augmentation du nombre d’élèves par classe et la modification des règles existantes concernant les élèves en difficulté représentent un lourd contentieux.

Il faut profiter de «l’ajustement ministériel» pour recadrer la situation.

Réussite scolaire, plan d’action sur l’amélioration du français promis en décembre dernier, réforme du financement des universités et suivi aux recommandations du rapport Demers concernant le collégial, autant de sujets qui commandent une vision claire et la fin des tergiversations. Certains changements de politiques doivent être considérés.

Se prévaloir de toutes les primes permises…
En quittant la politique, Yves Bolduc ajoute au désarroi. Se prévaloir de son indemnité de départ, dans les circonstances, risque d’être très mal interprété. Ne prenant pas exemple sur Christian Dubé et Élaine Zakaïb, le docteur ajoute une controverse à celle qui entoure sa généreuse prime incitative pour prendre en charge des patients qui attendaient un médecin de famille.

Les gestes posés en éducation parlent beaucoup plus fort que les paroles.

Cinq ministres de l’Éducation en cinq ans, c’est trop. Il est à espérer que le cinquième soit le bon et qu’il le soit pour plusieurs années…

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