L’obsession des «J’aime»

Note : Ce billet a d’abord été publié au Journal de Québec et au Journal de Montréal dans la section « blogue ».

Le vaste sondage sur le stress et l’anxiété mené par la firme Léger, pour le compte de TVA Nouvelles et du Journal de Québec/Montréal nous révèle des faits que nous ne voulons pas toujours nous avouer. Parmi eux, le fait que les jeunes d’aujourd’hui carburent aux médias sociaux pour le meilleur et pour le pire !

Personne n’a été étonné d’apprendre que la vie quotidienne des jeunes est fortement pimentée par leurs fréquentations Web. Par l’entremise de Facebook et de bien d’autres dispositifs, ils publient des images, des vidéos et des textes sans qu’ils aient besoin de connaître l’informatique ou les langages de programmation.

Je m’étonne qu’au Québec, il n’y ait si peu d’encadrement sur ces fréquentations Web.

Les chambres à coucher des enfants sont pleines de téléphones multifonctions, de tablettes électroniques et d’ordinateurs, alors que de très jeunes enfants traînent sur « l’autoroute de l’information ».

Les réseaux Internet des commissions scolaires sont en majorité remplis de filtres qui prétendent bloquer les médias sociaux, mais dans les faits, ce sont en grande majorité les éducateurs qui sont bloqués. Les jeunes contournent ces filtres. C’est comme si le message des commissions scolaires aux parents et aux élèves était : on ne s’occupe pas des fréquentations Web des enfants et des adolescents sur Facebook, Snap Chat, YouTube; faites ce que bon vous semble !

Pourtant, le modèle d’affaires de la grande majorité des dispositifs « à la Facebook », abondamment utilisés par les jeunes, repose sur une prémisse qui devrait faire réfléchir n’importe quel adulte : « Si c’est gratuit, vous êtes le produit ! »

À l’âge qu’ont les jeunes, la quête d’identité est un des enjeux les plus mobilisateurs qu’il soit. Pas étonnant qu’un dispositif qui leur permet de mesurer en temps réel combien « d’amis » et de « J’aime » ils accumulent soit aussi populaire… et stressant.

Qu’ils deviennent parfois obsédés par la course aux « J’aime » ne devrait pas nous étonner.

Par contre, ce qui me renverse, c’est notre indifférence.

Un enfant qui revient en retard de trente minutes d’une sortie à laquelle une échéance avait été fixée se tape parfois un long questionnaire et souvent, des conséquences.

Paradoxalement, il peut se promener sur Facebook sans être encadré, ni à la maison, ni dans une école de sa commission scolaire. À moins de poser des questions et d’aller vers les adultes, il régule lui-même son comportement, aidé par d’autres jeunes souvent du même âge que lui.

Je généralise, bien-sûr.

Ce point de vue mériterait probablement d’être nuancé, d’autant que je connais plein de familles et d’établissements scolaires où on ne se ferme pas les yeux. Aussi, je sais bien que l’expérience et les enjeux d’utilisation ne sont pas les mêmes entre un enfant de 10 ans et un jeune adulte de 17 ans. Et ne venez pas me dire qu’ils n’ont pas le droit d’utiliser Facebook avant 14 ans…

On me pardonnera d’insister.

Je souhaite simplement attirer l’attention des parents et des éducateurs sur ce fait : où sont les parents et les éducateurs pendant que les enfants courent après ces « J’aime » ?

Je suggère à tous de s’intéresser davantage aux fréquentation Web de leur(s) enfant(s).

Si un certain stress est souvent un gage de motivation, l’univers des médias sociaux en met probablement un peu trop sur le dos de nos jeunes. Cela sans compter tous les pièges dont ils se rendent parfois compte une fois tombé dedans.

Sommes-nous assez préoccupés par tous ces « J’aime » qui obsèdent nos enfants ?

Ajout: Le stress d’Internet, de mon collègue Pierre Trudel.

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1 Commentaire
  1. Photo du profil de amelie
    amelie 5 années Il y a

    Tout d’abord, je tiens à dire que le texte : L’obsession des « j’aime », est très intéressant par le fait qu’il parle du quotidien des jeunes d’aujourd’hui. Ce qui me touche dans le contenu est le fait qu’ils sont stresser et anxieux à un si jeune âge. Ils auront amplement le temps lorsqu’ils seront adultes avec le travail et les enfants de vivre avec une tonne de questionnement. Ce problème pour les jeunes est grandement amené par une multitude de questions et d’attente quant à leur intégration dans la société. Courir après les « j’aime » qu’écrivent les autres sur ce qu’ils publient peu nuire à leur intégration sociale et les amener loin de ce qui se passe réellement dans la vie quotidienne. Cela ne fait pas partie d’une journée standard que de se faire dire « j’aime » à tout ce qu’on accomplit. Est-ce que cela va les amener à devenir de jeunes adultes qui ont toujours besoin de se faire dire félicitations par leur patron ou leur enseignant? Si tel est le cas, plusieurs des étudiants d’aujourd’hui ne pourront être heureux et épanouis dans leur routine quotidienne. J’enseigne dans un programme de formation avec majoritairement des filles et je peux dire que ce qu’elles trouvent sur internet nuit à l’estime d’elle-même, car elle se compare constamment aux autres. La seule chose positive selon moi avec l’utilisation d’internet pour les jeunes est la consultation d’informations en ligne pour les recherches éducatives. Je pense donc qu’en milieu scolaire, les enseignants devraient utiliser les moteurs de recherche avec leurs élèves pour augmenter le contenu et la variété des cours. Finalement, sachant à quel point les jeunes veulent être intégré dans la société et faire parti « de la gang » les réseaux sociaux devraient être contrôlé par les parents pour éviter les attentes face aux « j’aime » et les amener à discuter face à face avec les autres pour créer des liens affectifs réels et se sentir intégrer dans la société.

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