La maison est en ordre, on a endormi tout le monde

Note : Ce billet a d’abord été publié au Journal de Québec et au Journal de Montréal dans la section du blogue des «spin doctors».

Le ministre des Finances du Québec aime beaucoup utiliser l’expression « La maison est en ordre ». Cette métaphore employée pour parler de l’équilibre budgétaire retrouvée cache la manière pas très subtile choisie pour y parvenir : on a endormi tous ceux qui y vivent pour donner l’impression qu’on a le contrôle!

Je souscris à l’équilibre budgétaire, je l’ai souvent écrit.

Mon problème avec ce qui s’est passé dans les dernières années réside dans la manière utilisée pour y parvenir.

On a endormi tout le monde avec une augmentation moyenne du fardeau fiscal de 1 300 $ par famille. On les a gardés en silence à l’aide de l’idée que aucun des budgets de dépenses n’avait vraiment diminué.

Prenons l’exemple de la minuscule croissance des dépenses de 0,2 % en éducation prévue pour l’exercice budgétaire 2015-2016. On retrouve bel et bien les 2,3 milliards $ prévus pour les élèves handicapés ou en difficultés d’apprentissage, les mêmes 2,3 milliards $ qui étaient dans l’enveloppe de l’année d’avant.

J’en parlais en septembre dernier, « sur une base de l’augmentation des coûts de système à 4 %, il aurait fallu que le budget augmente de 92 millions $ pour qu’on puisse dire qu’il n’y avait pas de coupe à faire ».

Il a bien fallu les trouver ces 92 millions $ pour respecter le budget et avec les salaires conventionnés qui augmentent automatiquement, on peut facilement réaliser que les coupures de services ont bel et bien eu lieu.

Quand mon collègue Jonathan parle de « réussite libérale », il regarde froidement les colonnes de chiffres, mais il évite de parler des choix gouvernementaux.

Au lieu de s’attaquer à la bureaucratie, on a privilégié les augmentations de taxes et les coupures de services.

Toute une réussite!

La Mise à jour économique et financière d’aujourd’hui sera sûrement l’occasion de nous rappeler le soporifique discours des budgets en éducation qui n’ont jamais diminué.

Les centaines de millions qui ont manqué en éducation pour absorber les augmentations de salaires de ceux qui rendent les précieux services aux élèves, on va les cacher, tout comme on cache les enfants dans certaines maisons où on présente l’ordre relatif comme le résultat d’un ménage bien fait.

Le gouvernement va nous dire qu’il réinvestit en éducation.

Mis à part le 24 millions $ versé directement aux écoles mesure que je salue, je considère que l’injection sous le prétexte de la persévérance scolaire est du calibre d’un pompier qui viendrait éteindre le feu qu’il a lui-même allumé.

Le ménage en éducation dans la bureaucratie scolaire n’a pas été fait, les taxes scolaires ont augmenté et bien des services ont été coupés.

Si la maison est en ordre, c’est un ordre de façade.

Quand on cessera d’endormir les citoyens avec des discours creux, on réalisera que « l’ordre » des libéraux, c’est un concept bien relatif.

Il est possible dans une maison grouillante d’activités de sentir que le ménage y est bien fait.

La maison libérale qu’on nous présente supposément en ordre en est une où l’économie tourne au ralenti et où on souffre en silence, dans plusieurs écoles et CHSLD, en particulier.

Le réveil pourrait être brutal.

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